{"id":13,"date":"2007-08-03T00:35:49","date_gmt":"2007-08-03T05:35:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/lintrigue\/la-pierre-de-lange\/la-complainte-de-faust"},"modified":"2007-12-02T12:46:41","modified_gmt":"2007-12-02T10:46:41","slug":"la-complainte-de-faust","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/lintrigue\/la-pierre-de-lange\/la-complainte-de-faust","title":{"rendered":"La Complainte de Faust"},"content":{"rendered":"<span class=\"darktitre\"> <\/span><span class=\"darktitre\">Chapitre 1 : <em>Kopasek <\/em><\/span>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Les DNA de ce 4 novembre 1997 titraient en page faits divers : \u00ab <em>Disparition inqui\u00e9tante d'un honorable professeur de l'Universit\u00e9<\/em> \u00bb, tout en laissant ouverte la piste d'un crime crapuleux ou d'un scandale de m\u0153urs (il faut bien vivre), et cette nouvelle traumatisait la communaut\u00e9 magyque de Strasbourg : Simon Kopa\u0161ek avait bel et bien disparu, sans laisser le moindre indice. Les Technocrates furent aussit\u00f4t point\u00e9s du doigt par les Traditions et consid\u00e9r\u00e9s comme responsable de sa disparition. Une question restait pos\u00e9e, cependant : quel \u00e9tait le mobile de cet enl\u00e8vement ?<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/?attachment_id=46\" rel=\"attachment wp-att-46\" title=\"Esplanade\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/?attachment_id=46\" rel=\"attachment wp-att-46\" title=\"Esplanade\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/?attachment_id=46\" rel=\"attachment wp-att-46\" title=\"Esplanade\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/?attachment_id=46\" rel=\"attachment wp-att-46\" title=\"Esplanade\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/?attachment_id=46\" rel=\"attachment wp-att-46\" title=\"Esplanade\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/?attachment_id=46\" rel=\"attachment wp-att-46\" title=\"Esplanade\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/?attachment_id=46\" rel=\"attachment wp-att-46\" title=\"Esplanade\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/?attachment_id=46\" rel=\"attachment wp-att-46\" title=\"Esplanade\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/?attachment_id=46\" rel=\"attachment wp-att-46\" title=\"Esplanade\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/?attachment_id=46\" rel=\"attachment wp-att-46\" title=\"Esplanade\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/?attachment_id=46\" rel=\"attachment wp-att-46\" title=\"Esplanade\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/?attachment_id=46\" rel=\"attachment wp-att-46\" title=\"Esplanade\"><\/a>\r\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/?attachment_id=46\" rel=\"attachment wp-att-46\" title=\"Esplanade\"> <\/a><\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"center\">*    *<\/p>\r\n<p align=\"center\">*<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Mr. Carter Maxcellin travaillait en ce moment \u00e0 Londres. L'homme, \u00e2g\u00e9 d'une trentaine d'ann\u00e9es ou un peu moins, pr\u00e9sentait plut\u00f4t bien : les yeux gris acier, \u00e0 la lueur d\u00e9termin\u00e9e et souvent ironique, l'allure sportive, les cheveux blonds. Ce d\u00e9tective priv\u00e9 se doublait d'un assassin occasionnel quand le personnage qu'on le chargeait de surveiller \u00e9tait jug\u00e9 trop dangereux ou indigne de vivre. Ce m\u00e9tier, il l'avait choisi pour l'adr\u00e9naline, qui fonctionnait comme une v\u00e9ritable drogue pour l'Extasi\u00e9 qu'il \u00e9tait. Il avait \u00e9t\u00e9 suffisamment dou\u00e9 jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent pour survivre et trouver cette existence assez plaisante. D'ailleurs, ses cheveux, coup\u00e9s courts d'un c\u00f4t\u00e9 et d\u00e9passant largement dans le dos de l'autre laissaient supposer une personnalit\u00e9 assez originale. Les obligations du m\u00e9tier l'avaient amen\u00e9 \u00e0 se cr\u00e9er plusieurs identit\u00e9s. Mais parmi elles, il avait un faible pour Les Nessmann.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Si l'on devait se fier \u00e0 ses passeports, il \u00e9tait am\u00e9ricain, anglais, australien, italien, allemand, fran\u00e7ais, n'en jetez plus. Pour palier \u00e0 certaines lacunes dans quelques-unes de ses langues natales, il savait qu'un peu de persuasion restait \u00e0 notre \u00e9poque la meilleure des m\u00e9thodes linguistiques. L'Extasi\u00e9 \u00e9tait assez fier de son cosmopolitisme, et assez riche aussi, pour louer de mani\u00e8re permanente des pied-\u00e0-terre dans les villes qu'il jugeait strat\u00e9giques. Un appartement dans les derniers \u00e9tages d'un immeuble de la place des Halles \u00e9tait \u00e0 son nom, m\u00eame s'il ne s'y rendait qu'assez peu ces derni\u00e8res ann\u00e9es et qu'il avait re\u00e7u de son propri\u00e9taire des offres avantageuses de cessation de bail.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Carter avait aussi fond\u00e9 \u00e0 Boston un cabinet qui avait acquis une certaine renomm\u00e9e. Il d\u00e9l\u00e9guait la paperasse \u00e0 une secr\u00e9taire \u00e0 mi-temps, Rhiannon, jeune femme \u00e0 l'allure assez peu conventionnelle, et qui plus est Verbena tr\u00e8s active. La personnalit\u00e9 originale des Extasi\u00e9s en font des \u00eatres tr\u00e8s s\u00e9duisants, et Rhiannon avait ainsi succomb\u00e9 au charme de Carter de mani\u00e8re pr\u00e9visible. Elle avait la touche d'exub\u00e9rance et de caract\u00e8re qu'il fallait pour envo\u00fbter cet homme, avec sa taille svelte, ses longs cheveux ch\u00e2tains et ses v\u00eatements color\u00e9s. Le couple \u00e9tait charmant quoiqu'un peu voyant dans la rue.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Le 4 novembre, dans la matin\u00e9e, Carter re\u00e7ut un message sur son r\u00e9pondeur : Simon Kopa\u0161ek y parlait d'une voix nerveuse et formulait une demande urgente d'aide. Il connaissait Maxcellin depuis 1984, \u00e9poque \u00e0 laquelle le priv\u00e9 l'avait aid\u00e9 \u00e0 acqu\u00e9rir une nouvelle identit\u00e9, apr\u00e8s son d\u00e9part pr\u00e9cipit\u00e9 (d'aucuns diront sa trahison) de la convention technocratique d'It\u00e9ration X, et ceux-ci \u00e9taient finalement devenus amis. Dans son message, l'Adepte du Virtuel demandait un coup de main pour un nouvel exil. Marcellin fit la moue : dangereux, de s'occuper deux fois de la m\u00eame personne, surtout un ami... Son interlocuteur lui donnait un rendez vous \u00e0 la Gare Centrale de Strasbourg pour le 6 novembre \u00e0 20 h. Toutes affaires cessantes, il d\u00e9barqua \u00e0 l'a\u00e9roport Charles de Gaulle le soir m\u00eame, loua une voiture de location, dormit quelques heures dans un h\u00f4tel, et arriva dans la vieille capitale de l'Europe le 5 novembre au matin.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Aussit\u00f4t arriv\u00e9, Carter gara sa voiture sur le parking de la rue Ren\u00e9 Descartes, parmi les tilleuls \u00e0 la triste mine, et les voitures en plus ou moins bon \u00e9tat des \u00e9tudiants. Il d\u00e9cida de se rendre directement au node dont son ami avait la responsabilit\u00e9, en traversant pour cela la moiti\u00e9 de la fac Maths Informatique. L'immeuble de la facult\u00e9 \u00e9tait assez peu engageant, gris de gris, et finalement, il ne rencontra que peu d'\u00eatres vivants sur son chemin tandis qu'il longeait les d\u00e9dales de couloirs peints de mani\u00e8re uniforme, et qu'il effleurait du regard les panneaux surcharg\u00e9s de petites annonces. Il arriva dans le couloir o\u00f9 les bureaux des professeurs \u00e9taient concentr\u00e9s, lisant \u00e9tiquette par \u00e9tiquette les noms et qualit\u00e9s des occupants des lieux, ainsi que leurs heures de permanence. Il lut enfin avec un sourire nostalgique <em>Simon Kopasek, ma\u00eetre de conf\u00e9rences, domaine de recherches : logique matricielle. Re\u00e7oit sur RDV. <\/em>La plaque \u00e9tait des plus sobres mais aussi une des seules qui ne f\u00fbt pas \u00e9corn\u00e9e ou taggu\u00e9e.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">S'\u00e9tant assur\u00e9 qu'il n'y avait personne dans le couloir, le d\u00e9tective crocheta rapidement la serrure du bureau et se glissa dans la pi\u00e8ce. Les volets \u00e9taient ouverts et les rideaux en mousseline blanche volet\u00e8rent au mouvement de la porte. Un visage se tourna vers lui, les sourcils fronc\u00e9s et visiblement m\u00e9content. Un jeune \u00e9tudiant \u00e9tait en train de ranger une pile de dossiers dans le bureau. Celui-ci, tressaillit et interrogea l'intrus d'une voix mena\u00e7ante : \u00ab  Qui \u00eates-vous ? Que faites-vous ici ? Qui vous a donn\u00e9 la cl\u00e9 du bureau ? \u00bb, tout en faisant mine de s'emparer du t\u00e9l\u00e9phone pos\u00e9 sur le bureau d'un noir luisant. Carter, prit un air \u00e9tonn\u00e9 qui d\u00e9contenan\u00e7a son interlocuteur.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">\u00ab - Mais vous n'\u00eates pas Simon ! dit-il de sa voix la plus innocente.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">- Bien s\u00fbr que non, r\u00e9pliqua le jeune homme, je suis son assistant, Christophe Schmidt. Vous devriez savoir que le professeur a disparu depuis trois jours. Vous n'\u00eates pas un \u00e9tudiant et cela se voit. \u00bb Ses yeux per\u00e7ants d\u00e9taillaient Carter derri\u00e8re ses lunettes cercl\u00e9es et il semblait que le jeune homme \u00e9tait entra\u00een\u00e9 \u00e0 se rendre compte tr\u00e8s rapidement \u00e0 qui il avait \u00e0 faire.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">\u00ab -Vous ne me reconnaissez pas ?<\/p>\r\n<p align=\"justify\">- Pourquoi le devrais-je ? \u00bb s'exclama le jeune biblioth\u00e9caire, exasp\u00e9r\u00e9 par l'aplomb de l'inconnu.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Carter prit le temps de s'asseoir sur une des chaises mises \u00e0 la disposition des visiteurs, voyant qu'il ne risquait pas de se faire expulser manu militari de l'endroit. Les Nessman ou Carter Maxcellin ? Le biblioth\u00e9caire s'\u00e9tait assis dans le fauteuil de son ma\u00eetre et tapotait des ongles sur le bureau. Il avait ravag\u00e9 sa belle coiffure au gel de son autre main et attendait, avec impatience, une r\u00e9ponse qui le satisf\u00eet.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">\"Je m'appelle Carter, je suis un ami londonien du professeur Kopasek. \u00bb<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Les sourcils de son interlocuteur se d\u00e9tendirent  :<\/p>\r\n<p align=\"justify\">\u00ab  - Attendez, oui, \u00e7a me dit quelque chose...Je me rappelle que mon mentor a mentionn\u00e9 votre nom une ou deux fois... \u00bb Un large sourire illumina la figure du jeune homme. \u00ab J'ai la <em>Sensation<\/em> que vous nous serez tr\u00e8s utile ! \u00bb<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Carter s'esclaffa. Finalement, le contact s'\u00e9tait mieux pass\u00e9 que pr\u00e9vu et le jeune homme semblait assez sympathique. Christophe ne devait pas atteindre le m\u00e8tre soixante-dix, il \u00e9tait un peu enrob\u00e9, les cheveux brun auburn coup\u00e9s courts. Le priv\u00e9 se pr\u00e9senta rapidement comme membre du Culte de l'Extase et s'empressa de le rassurer en parlant du message sur son r\u00e9pondeur : Kopa\u0161ek \u00e9tait probablement encore en vie et avait besoin d'aide, mais il ne mentionna pas le rendez-vous, par simple pr\u00e9caution. Pendant qu'ils parlaient, l'Adepte du Virtuel re\u00e7ut un appel sur son portable. Il provenait de la Lune Chantante, les \u00ab employeurs \u00bb de Kopa\u0161ek. Carter demanda \u00e0 leur parler \u00e9galement, malgr\u00e9 sa m\u00e9fiance pour cette Tradition. Les Herm\u00e9tistes leur confirm\u00e8rent que la situation n'avait pas chang\u00e9 depuis le 3 novembre, au soir, o\u00f9 le Veilleur n'avait pas envoy\u00e9 son rapport \u00e0 leur Maison comme pr\u00e9vu.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Christophe proposa au nouvel arrivant de le pr\u00e9senter \u00e0 tous les disciples du Veilleur. Mais aucun des autres membres du covenant de l'Esplanade ne se trouvaient pas \u00e0 proximit\u00e9. En sortant sur le parking, ils rencontr\u00e8rent seulement Duncan Idaho, un grand jeune homme brun \u00e0 l'air morose, m\u00eame pour un Euthanatos, et qui rentrait chez lui pour d\u00e9jeuner, les mains dans les poches, le sac en bandouli\u00e8re, apr\u00e8s avoir potass\u00e9 ses manuels d'ethnologie \u00e0 la biblioth\u00e8que de lettres situ\u00e9e en face de la fac Maths-Info. Quelques minutes plus tard, pr\u00e9venu par Schmidt, arrivait Marcus Levine, \u00e9l\u00e8ve Erasmus fra\u00eechement d\u00e9barqu\u00e9 des USA (Adepte du Virtuel lui aussi), d\u00e9boulant de la caf\u00e9t\u00e9ria avec un \u00e9norme sandwich jambon-beurre-cornichon-ketchup-mayonnaise. Un \u00ab nerd \u00bb en goguette, pensa Carter. Marcus leur apprit que l'appartement de Simon avait \u00e9t\u00e9 totalement mis \u00e0 sac : pour preuve, il leur montra un article des DNA du jour, qu'il venait d'emprunter \u00e0 la caf\u00e9t\u00e9ria. L'article accr\u00e9ditait la th\u00e8se d'un r\u00e8glement de compte personnel. Le priv\u00e9 haussa les \u00e9paules. Carter et Schmidt d\u00e9cid\u00e8rent de se rendre \u00e0 l'appartement pour se faire une id\u00e9e des d\u00e9g\u00e2ts, tandis que Marcus rentrait chez lui, accompagn\u00e9 de Duncan.<\/p>\r\n<p align=\"justify\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/wp-content\/gallery\/photos-de-strasbourg\/esplanade.jpg\" alt=\"esplanade.jpg\" style=\"width: 320px; height: 240px\" title=\"esplanade.jpg\" align=\"middle\" height=\"240\" width=\"320\" \/><\/p>\r\n<p align=\"center\">*<\/p>\r\n<p align=\"center\">* *<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">A leur arriv\u00e9e, vers 14 h, rue Prechter, devant l'immeuble o\u00f9 habitait Kopa\u0161ek, ils crois\u00e8rent sans la reconna\u00eetre une jeune femme qui entrait dans sa voiture. Elle venait de sortir de l'immeuble en question. Simple passante, pens\u00e8rent-ils. Au deuxi\u00e8me \u00e9tage, l'appartement de Kopasek s'identifiait facilement \u00e0 la serrure forc\u00e9e puis r\u00e9par\u00e9e et la pose de scell\u00e9s devant celle-ci. Entrant discr\u00e8tement et prenant soin de ne pas \u00e9veiller l'attention des voisins, les disciples de Kopa\u0161ek firent l'\u00e9tat des lieux : surtout du vandalisme, rien de pr\u00e9cieux n'avait \u00e9t\u00e9 vol\u00e9, mais les \u0153uvres d'art contemporain avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9duites en miettes et la belle cuisine \u00e9quip\u00e9e \u00e9tait HS, s\u00e9rieusement attaqu\u00e9e \u00e0 la hache. Carter s'int\u00e9ressa surtout au bureau. La passion immod\u00e9r\u00e9e de Kopasek pour l'utilisation de post-it de toute taille et de tout format l'avait toujours intrigu\u00e9. Il constata que les \u00ab vandales \u00bb les avait consciencieusement d\u00e9chiquet\u00e9s, comme pour porter atteinte \u00e0 sa personnalit\u00e9. Ils d\u00e9couvrirent ensemble que son ordinateur, apparemment intact, avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9initialis\u00e9 : qui avait fait cela ? Kopa\u0161ek lui-m\u00eame ou les \u00e9ventuels \u00abkidnappeurs \u00bb ?<\/p>\r\n<p align=\"justify\">A leur sortie, Marcus Levine leur t\u00e9l\u00e9phona de son portable : il venait de trouver un indice qui pourrait les aider \u00e0 localiser son mentor. Il allait r\u00e9v\u00e9ler sa nouvelle trouvaille quand sa phrase se suspendit. Apr\u00e8s quelques secondes, la communication s'interrompit dans un crissement de pneus et un choc sourd... A coup s\u00fbr, Marcus avait vu arriver la \u00ab chose \u00bb qui venait de le percuter.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">A l'autre bout du fil, Christophe Schmidt et Carter, alarm\u00e9s par ce qu'ils venaient d'entendre lanc\u00e8rent imm\u00e9diatement une routine de collocalisation informatique sur le Trinity de Marcus. Ils se rendirent compte que le portable bougeait alors que Marcus avait toutes les chances d'\u00eatre immobile. Poursuivant f\u00e9brilement la routine par une Triangulation, Carter utilisa un rituel de Clairvoyance : son regard glissa aux coordonn\u00e9es o\u00f9 le portable avait commenc\u00e9 \u00e0 bouger et vit Marcus, les membres d\u00e9sarticul\u00e9s, gisant au sol dans une flaque de sang. Un homme se penchait sur lui, et commen\u00e7ait \u00e0 lui administrer un massage cardiaque ; un attroupement se formait autour d'eux. Il renon\u00e7a \u00e0 poursuivre devant la figure bl\u00eame de Christophe qui serra les dents par devers lui. Il voyait \u00e0 pr\u00e9sent une ambulance arriver en trombe...<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Les deux Mages se pr\u00e9cipit\u00e8rent \u00e0 l'h\u00f4pital de Hautepierre apr\u00e8s avoir r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 Duncan Idaho. Marcus \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en salle d'op\u00e9ration. Carter et Christophe appel\u00e8rent sa famille, et tomb\u00e8rent sur le majordome, qui pr\u00e9vint le secr\u00e9taire qui pr\u00e9vint le p\u00e8re. Apr\u00e8s avoir tu\u00e9 le temps dans les couloirs, \u00e0 feuilleter des revues inint\u00e9ressantes, ils re\u00e7urent l'autorisation de venir au chevet de l'Am\u00e9ricain quelques instants. Celui-ci leur raconta bri\u00e8vement ce dont il se souvenait : il s'\u00e9tait fait renverser intentionnellement par une voiture des agents de la Technocratie qui l'avaient rep\u00e9r\u00e9 pr\u00e8s de la place des Halles. Ils lui avaient vol\u00e9 son Trinity et s'\u00e9taient enfuis. Marcus \u00e9tait \u00e9puis\u00e9. Les compagnons se retir\u00e8rent de sa chambre en lui promettant de revenir le lendemain.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Sale temps pour les Adeptes du Virtuel !<\/p>\r\n<p align=\"justify\"><!--nextpage--><\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Je n'avais pas d'autre choix que de la faire venir apr\u00e8s ce qu'elle m'avait dit au t\u00e9l\u00e9phone. Qu'elle se sente d\u00e9bord\u00e9e, je suis bien d'accord, je lui laissais faire tout le sale boulot, les d\u00e9marches t\u00e9l\u00e9phoniques, les photocopies et m\u00eame le m\u00e9nage dans mon bureau, (ce qui m'\u00e9vitait de payer un \u00e9ventuel espion pour vider mes poubelles.) Parfois, pour qu'elle se sente importante, je l'envoyais faire la causette aux m\u00e9m\u00e9s lors des enqu\u00eates de voisinages, et ma foi, elle ne se d\u00e9brouillait pas trop mal. Et puis c'\u00e9tait quand m\u00eame g\u00eanant de laisser le bureau inoccup\u00e9 pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines. C'\u00e9tait une \u00ab jeune \u00bb, elle d\u00e9butait. Ses parents habitaient \u00e0 l'autre bout des Etats-Unis sur la c\u00f4te ouest, d'o\u00f9 son look tape-\u00e0-l'\u0153il. Nous n'habitions pas ensemble \u00e0 l'\u00e9poque. Certains diront vulgairement que je me tapais ma secr\u00e9taire, ce qui est vrai dans les faits, mais c'\u00e9tait aussi une  romance, et une vie sans ce genre de complications ne vaut pas la peine d'\u00eatre v\u00e9cue. Ce qui explique pourquoi j'avais c\u00e9d\u00e9 \u00e0 ses larmes et que je lui avais propos\u00e9 de me rejoindre \u00e0 Strasbourg.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Je me retrouvais donc ici \u00e0 expliquer aux disciples de Kopasek, que je devais les planter l\u00e0 pour aller chercher ma petite amie \u00e0 l'a\u00e9roport. Ils insist\u00e8rent pour m'accompagner, essentiellement afin de se changer les id\u00e9es apr\u00e8s l'accident du nerd, et j'ai accept\u00e9 de bonne gr\u00e2ce. Apr\u00e8s quelques courses, nous emprunt\u00e2mes une autoroute, puis la rocade menant \u00e0 un parking tr\u00e8s \u00e9tir\u00e9.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">L'a\u00e9roport \u00e9tait minuscule. Les murs du rez-de-chauss\u00e9e \u00e9taient recouverts de plaques de cuivre et Christophe, qui n'y \u00e9tait jamais venu m'avait dit que \u00e7a lui faisait penser \u00e0 un d\u00e9cor kitch d'Eurovision (c'est quoi \u00ab Eurovision ? \u00bb). Il \u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s 18 h. Quelques voyageurs entraient pour enregistrer leurs bagages, d'autres attendaient tranquillement l'arriv\u00e9e de leur vol. Nous avions \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9s imm\u00e9diatement par l'omnipr\u00e9sence des Technocrates : l'endroit en grouillait litt\u00e9ralement ! Il y avait des hommes isol\u00e9s post\u00e9s au bar, sur une terrasse surplombant le hall d'enregistrement, au niveau des douanes et dans les halls d'arriv\u00e9e. Au d\u00e9but, j'ai pens\u00e9 que cela pouvait \u00eatre en rapport avec l'arriv\u00e9e de Rhiannon. Le m\u00e9tier de d\u00e9tective vous apprend avant toute chose \u00e0 \u00eatre humble et \u00e0 admettre qu'il est facile de se faire rep\u00e9rer.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Je renvoyai donc Christophe, muni des cl\u00e9s de la voiture vers le parking et je restai avec Duncan dans le hall d'arriv\u00e9e, pour plus de discr\u00e9tion. Duncan identifia rapidement quatre Technocrates tr\u00e8s baraqu\u00e9s qui ne d\u00e9gageaient aucune aura : c'\u00e9taient des Mark 6 ! La premi\u00e8re chose que je me suis dit \u00e0 ce moment-l\u00e0, c'est que le m\u00e9tier de d\u00e9tective poussait souvent \u00e0 \u00eatre parano, car ce n'\u00e9tait certainement pas pour ma jolie secr\u00e9taire qu'un tel d\u00e9ploiement de forces avait \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9. Les Mark 6 devaient certainement avoir pour mission d'emp\u00eacher Kopa\u0161ek de quitter Strasbourg par voie a\u00e9rienne. Ce qui signifiait aussi \u00e0 ce moment que les Technocrates n'avaient pas encore le Veilleur entre leurs mains. Nous aurions pu donc encore \u00e0 ce moment-l\u00e0 le retrouver et le sauver.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Apr\u00e8s un retour pr\u00e9cipit\u00e9 \u00e0 la voiture, que Christophe avait \u00e9loign\u00e9e de l'entr\u00e9e de l'a\u00e9roport, nous nous concert\u00e2mes pour trouver un plan afin de tirer Rhiannon de la sourici\u00e8re dans laquelle elle allait tomber. Nous d\u00e9cid\u00e2mes de cr\u00e9er une panique lors de l'arriv\u00e9e des passagers de son vol en esp\u00e9rant qu'elle pourrait de son c\u00f4t\u00e9 s'enfuir. Duncan ma\u00eetrisait l'anglais, si j'\u00e9tais emp\u00each\u00e9 par les Technocrates, il pouvait se lancer \u00e0 la rencontre de Rhiannon.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Ce dernier retourna \u00e0 l'entr\u00e9e pour surveiller la zone arriv\u00e9e, tout en maintenant une routine de contact t\u00e9l\u00e9pathique avec moi. Christophe, quant \u00e0 lui, rentra par l'interm\u00e9diaire du Trinity sur le serveur de l'a\u00e9roport pour savoir quand l'avion serait en approche et lancer \u00e0 ce moment une routine destin\u00e9e \u00e0 court-circuiter tous les \u00e9l\u00e9ments \u00e9lectroniques de la zone except\u00e9 ceux de la tour de contr\u00f4le et cela pendant 30 secondes.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Je rejoignis Duncan peu apr\u00e8s, et dissipai la ligne t\u00e9l\u00e9pathique... Un quart d'heure apr\u00e8s, l'avion atterrit, et les voyageurs commenc\u00e8rent \u00e0 affluer : mon c\u0153ur battait \u00e0 tout rompre, et je la reconnus, marchant au milieu du groupe, jeune femme \u00e0 la d\u00e9marche fluide, aux cheveux longs et aux v\u00eatements orang\u00e9s. Comme je le craignais, elle se fit rapidement aborder par des membres du Nouvel Ordre Mondial sous couvert de contr\u00f4le douanier. Je reconnus sa voix bredouillant des d\u00e9n\u00e9gations polies en fran\u00e7ais. F\u00e9brilement, j'ordonnai le d\u00e9clenchement du plan.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Un bruit sec. Des cris de surprise. Affolement et agitation g\u00e9n\u00e9rale dans la p\u00e9nombre. Je tentai de m'orienter tant bien que mal pour rejoindre Rhiannon. Toujours coinc\u00e9e par un Mark, elle n'eut pas d'autre solution que d'utiliser sa sph\u00e8re de forces : elle \u00e9lectrocuta le Mark en plein hall et le paradoxe ainsi cr\u00e9\u00e9 provoqua une d\u00e9charge statique. Celle-ci se transmit aussit\u00f4t aux luminaires par la rampe. Des gerbes d'\u00e9tincelles fus\u00e8rent dans le hall, et augment\u00e8rent l'hyst\u00e9rie des voyageurs affol\u00e9s. Le feu d'artifice ralentit le Mark et me permit juste de voir la silhouette de ma bien-aim\u00e9e s'\u00e9chapper dans la coursive.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Tandis que Duncan, en avance sur moi, la rejoignait, je me retournai et je constatai que seuls quelques MIB pouvaient encore inqui\u00e9ter Rhiannon, les Mark \u00e9taient compl\u00e8tement invisibles, noy\u00e9s dans la masse des dormeurs paniqu\u00e9s. Je les ai arr\u00eat\u00e9s par un coup de bluff. J'ai tout simplement projet\u00e9 une fausse carte Interpol sur mon passeport. J'ai accompli un de mes fantasmes, en criant : \u00ab Ceci est une op\u00e9ration de police ! Ne bougez plus ! \u00bb Et \u00e7a a march\u00e9 !! Le MIB, stup\u00e9fait, s'est ex\u00e9cut\u00e9 et m'a tendu ses papiers que je lui avais aussit\u00f4t demand\u00e9s. \u00ab Aah, ai-je poursuivi sur un ton tr\u00e8s professionnel, je suis d\u00e9sol\u00e9, il y a eu erreur sur la personne ! \u00bb Tout en me confondant en excuses et en lui tapant sur l'\u00e9paule avec onctuosit\u00e9, je lui ai rendu ses papiers, mais j'ai bien pris le soin de subtiliser un badge. Apr\u00e8s coup, nous avons constat\u00e9 qu'il s'agissait d'un badge d'acc\u00e8s s\u00e9curis\u00e9 pour une corporation appel\u00e9e SEBEC, au nom de Randall Flint.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Je suis sorti d'un pas assur\u00e9, comme si j'avais accompli ma mission et sauv\u00e9 le monde (ou tout du moins ma petite amie). Les voyageurs, quant \u00e0 eux, se remettaient peu \u00e0 peu de leur frayeur. Miraculeusement, les Technocrates ne m'ont pas poursuivi.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Sur le parking, Christophe m'attendait. \u00ab Alors ? \u00bb. Me d\u00e9faisant de mon air assur\u00e9 de super-policier, je lui r\u00e9pondis que pour l'instant, tout reposait sur les \u00e9paules de Duncan. Christophe remit en route la voiture et d\u00e9marra lentement vers la sortie. Je scrutais les mouvements sur le parking. Quel soulagement d'apercevoir enfin la silhouette famili\u00e8re de ma sorci\u00e8re \u00e9merger, suivie de celle de Duncan ! Sautant de la voiture, je lui tendis les bras et elle s'y serra, m'inondant de son parfum. Christophe et Duncan eurent des sourires en coin mais aussi la d\u00e9licatesse de nous laisser la banquette arri\u00e8re. Christophe qui trouvait la voiture tr\u00e8s agr\u00e9able \u00e0 conduire d\u00e9posa en douceur tout le monde place des Halles, o\u00f9 l'on se s\u00e9para pour la nuit. Nous nous donn\u00e2mes rendez-vous le lendemain \u00e0 9 h 30 au node avec le projet de visiter Marcus Levine en fin de matin\u00e9e.<\/p>\r\n<p align=\"center\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"center\">*<\/p>\r\n<p align=\"center\">* *<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Malgr\u00e9 ses avertissements, j'\u00e9tais venue, en sachant que je devrais c\u00f4toyer des Adeptes du Virtuel, des presque Technocrates, quoi ! La discussion avait roul\u00e9 une bonne partie de la nuit sur les \u00e9v\u00e9nements qui s'\u00e9taient produits \u00e0 Strasbourg et je d\u00e9couvrais une ville qui me semblait beaucoup plus en proie au nouvel Ordre Mondial et aux Prog\u00e9niteurs que je ne le pensais. Dire qu'aux USA, une ville de cette taille est assez propice au d\u00e9veloppement d'une soci\u00e9t\u00e9 Wicca ! J'ai eu beau feuilleter l'annuaire, aucune trace de Verbena dans la ville sous quelque couverture que ce soit, except\u00e9 une herboristerie rue des Juifs... Heureusement, la veille au soir, juste apr\u00e8s le d\u00e9part des deux \u00e9tudiants fran\u00e7ais, Carter avait sorti du coffre de sa voiture un immense bouquet de fleurs champ\u00eatres et me l'avait tendu. Quel ange ! Il voulait vraiment me mettre \u00e0 l'aise. Apr\u00e8s \u00eatre arriv\u00e9s \u00e0 l'appartement, nous avions juste pris le soin d'enlever les housses de deux fauteuils, ainsi que celle de la table, et de remettre en marche le courant et l'eau.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Le lendemain, je me r\u00e9veillai p\u00e9niblement. Carter dormait encore \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi. Quelques heures plus tard, apr\u00e8s avoir achet\u00e9 un plan de la ville dans une librairie toute proche, je d\u00e9couvrais le fameux node dont Carter m'avait parl\u00e9 la veille. Le c\u00f4ne lumineux suintait de quintessence dans une atmosph\u00e8re sereine. Je me sentais mieux, apr\u00e8s l'atmosph\u00e8re assez oppressante de la fac d'informatique. Quel endroit \u00e9c\u0153urant ! Autour de croissants et de caf\u00e9, les hommes f\u00eemes le point. Christophe et Duncan propos\u00e8rent de demander conseil \u00e0 la Confr\u00e9rie de la Lune Chantante un peu plus tard dans la journ\u00e9e. Carter invita Christophe \u00e0 fouiller les archives en ligne des DNA sur son Trinity, notamment au sujet de la fameuse SEBEC. Je n'avais jamais vu de Trinity avant et j'\u00e9carquillais les yeux. Incompr\u00e9hensible ! Au bout de quelques minutes de recherche, des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse s'affich\u00e8rent : il s'agissait d'une entreprise internationale originaire des USA, leader montant dans le secteur de la cybern\u00e9tique, en particulier dans le rayon des micro-processeurs et des p\u00e9riph\u00e9riques. Ces imb\u00e9ciles de Fran\u00e7ais s'\u00e9taient aussi laiss\u00e9s corrompre par la Technocratie, \u00e0 ce que je voyais ! L'entreprise avait implant\u00e9 il y a trois mois un laboratoire de recherche pas tr\u00e8s loin du Palais des Congr\u00e8s, rachetant pour cela un immeuble appartenant \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 en faillite. Celui-ci avait \u00e9t\u00e9 agrandi d'une dizaine d'\u00e9tages et les sous-sols avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9am\u00e9nag\u00e9s.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">L'article le plus int\u00e9ressant montrait le responsable r\u00e9gional de l'entreprise, un certain Guido Sardenia, qui serrait la main au maire local lors de l'inauguration de l'immeuble, sur fond de foule enthousiaste et de petits fours. On apprenait de plus que la SEBEC \u00e9tait cot\u00e9e en bourse et qu'elle d\u00e9veloppait un processeur adapt\u00e9 aux ordinateurs quantiques. De ces informations, nous pouvions d\u00e9duire facilement que cette soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait la fa\u00e7ade d'It\u00e9ration X dans la r\u00e9gion. Carter hocha de la t\u00eate. Il savait - et me l'avait dit - que Kopa\u0161ek \u00e9tait un transfuge de cette convention technocratique. Le lien avec sa disparition \u00e9tait \u00e9vident. It\u00e9ration X \u00e9tait donc \u00e0 sa poursuite et l'emp\u00eachait de s'\u00e9vader en surveillant les points importants de communication, comme l'a\u00e9roport !<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Apr\u00e8s ces d\u00e9couvertes, nous nous rend\u00eemes \u00e0 l'h\u00f4pital par le centre-ville. A l'accueil, une secr\u00e9taire nous informa que le p\u00e8re de Marcus avait pris l'initiative d'engager des gardes du corps qui se tenaient en permanence devant sa porte. Ce qui \u00e9tait bien, puisque cet homme, riche industriel, a <em>businesses collector<\/em>, avait grassement pay\u00e9 l'administration pour cette entorse au r\u00e8glement de l'\u00e9tablissement, mais ce qui n'\u00e9tait pas top pour les malades, que cette pr\u00e9sence inhabituelle perturbait. Nous arriv\u00e2mes, et nous nous pr\u00eat\u00e2mes de bonne gr\u00e2ce aux v\u00e9rifications de papiers que les gardes du corps nous inflig\u00e8rent. Apr\u00e8s quelques instants de g\u00eane, Marcus se laissa aller aux effusions... Le pauvre avait deux fractures et il \u00e9tait couvert de pansements. Tout le monde s'installa qui sur des chaises, qui sur le coin du lit. Il se rendit compte que la population am\u00e9ricaine avait grandi depuis la veille et nous discut\u00e2mes quelques instants.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Notre accident\u00e9 expliqua qu'il s'\u00e9tait mis la veille \u00e0 la recherche de Kopa\u0161ek et qu'il s'\u00e9tait rendu \u00e0 son appartement avant Carter et Christophe. Or, il \u00e9tait arriv\u00e9 au moment o\u00f9 des \u00ab casseurs \u00bb s'y trouvaient, vers 10h du matin. Il avait voulu les pister en utilisant une routine de tra\u00e7age apr\u00e8s leur d\u00e9part et les avait suivis en bus. Mais Marcus avait visiblement \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9 : alors qu'il \u00e9tait dans le quartier de Hautepierre, sortant d'un arr\u00eat de bus, il avait \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9 par une voiture noire. Un des passagers en \u00e9tait descendu et lui avait ass\u00e9n\u00e9 un coup de pied en pleine t\u00eate. Il se rappela aussi avoir senti qu'on lui arrachait son Trinity des mains. Je lui demandais s'il se souvenait de la t\u00eate de son agresseur. \u00ab  Tu parles, bien s\u00fbr que oui ! Le type qui m'a fauch\u00e9 mon Trinity ! \u00bb Je sortis de ma besace un carnet et un crit\u00e9rium. Marcus semblait r\u00e9joui de pouvoir jouer au t\u00e9moin. Le travail fut grandement facilit\u00e9 par la fait que nous nous exprimions en anglais. Nous obt\u00eenmes ainsi un portrait-robot de ce type : 1.85 m, blond, les cheveux coup\u00e9s en brosse, nez aquilin, traits grossiers, peau mate, une cicatrice sous l'\u0153il gauche allant jusque sur la pommette. Carter se dit qu'apr\u00e8s tout, il devrait peut-\u00eatre m'augmenter \u00e0 notre retour... Je suis assez fi\u00e8re de lui avoir montr\u00e9 mes ressources !<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Nous quitt\u00e2mes l'h\u00f4pital vers midi. Duncan ne put s'emp\u00eacher de se moquer du modeste plateau repas contrastant avec les monstrueux sandwichs qu'il avait l'habitude de se taper, selon ses dires. Quelle chance pour lui de d\u00e9couvrir la cuisine di\u00e9t\u00e9tique ! Dans la voiture, Christophe Schmidt compulsa une nouvelle fois la base de donn\u00e9es qu'il s'\u00e9tait cr\u00e9\u00e9e sur la SEBEC. En regardant attentivement la fameuse photo de l'inauguration de ses locaux, il poussa soudain un cri : mon dessin concordait avec la photo : l'agresseur de Marcus se trouvait en arri\u00e8re plan, faisant visiblement office d'agent de s\u00e9curit\u00e9 de la SEBEC  ...<\/p>\r\n<p align=\"justify\">L'atmosph\u00e8re se tendit : comme je l'avais pr\u00e9dit, les Technocrates \u00e9taient en position de force ici ! It\u00e9ration X pourrait bien avoir des projets beaucoup plus inqui\u00e9tants que pr\u00e9vus pour les Traditions. Carter se dit qu'apr\u00e8s tout, on ne risquait pas grand chose \u00e0 aller inspecter les abords du rep\u00e8re de l'ennemi. Nous pr\u00eemes l'A 350 pour nous rendre rapidement vers la place de Bordeaux.<\/p>\r\n<p align=\"justify\"><!--nextpage--><\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Carter avait ins\u00e9r\u00e9 une cassette de son groupe favori Suicidal Tendencies dans l'autoradio et roulait d'un bon train sur la voie du milieu. Les conversations \u00e9taient \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9teintes \u00e0 l'arri\u00e8re et Rhiannon contemplait le panorama de la ville qu'elle d\u00e9couvrait pour la premi\u00e8re fois. L'Extasi\u00e9 jeta un coup d'\u0153il dans le r\u00e9troviseur avant de doubler un camion et retourna sur la voie de droite o\u00f9 il ralentit un peu l'allure. Il jeta un nouveau coup d'\u0153il derri\u00e8re lui. Il coupa le chanteur en plein refrain en \u00e9teignant l'autoradio. Rhiannon tourna sa t\u00eate vers lui d'un air interrogateur vers lui. Il soupira : \u00ab Nous sommes suivis par un motard. \u00bb<\/p>\r\n<p align=\"center\">La r\u00e9action fut instantan\u00e9e : tout le monde se retourna pour le regarder. Le motard fit un signe de la main. Duncan, partit d'un rire nerveux.  \u00ab Autant savoir s'il est de la SEBEC ou pas \u00bb. Il sortit une petite barre en bois \u00e0 la tranche incrust\u00e9e de nacre qu'il d\u00e9plia pour former une planche. Il y jeta ensuite des osselets qu'il gardait dans sa bourse de cuir.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">\u00ab - Apparemment, c'est un alli\u00e9, ce serait m\u00eame un Herm\u00e9tiste selon les osselets.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">- Alors, on le laisse nous suivre ? demanda Rhiannon.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">- De toute fa\u00e7on, maintenant, nous n'avons plus trop le choix... \u00bb ajouta Carter en actionnant son clignotant vers la sortie d'autoroute, imit\u00e9 peu apr\u00e8s par le motard.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Ils se gar\u00e8rent sur la place du palais des Congr\u00e8s, et d\u00e9cid\u00e8rent de descendre de la voiture. Le motard se gara pos\u00e9ment et retira son casque. L'homme qui s'approchait maintenant d'eux \u00e9tait visiblement sans arme, v\u00eatu d'un costume de cuir noir, orn\u00e9 de flammes aux coudes et aux chevilles. il avait une coupe en brosse. Malgr\u00e9 ses lunettes fum\u00e9es, ils distingu\u00e8rent tout d'abord des traits asiatiques. Le motard esquissa un sourire forc\u00e9 et s'inclina l\u00e9g\u00e8rement.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">\u00ab Hisao Yamasaka, Akashite, chasseur de d\u00e9mons. \u00bb se pr\u00e9senta-t-il bri\u00e8vement. Christophe se retourna et lan\u00e7a un regard \u00e0 Duncan. \u00ab La Lune Chantante estime que vous avez besoin de mon aide. \u00bb Duncan lui rendit son regard. \u00ab Je vois que vous \u00eates pr\u00eats \u00e0 vous attirer de s\u00e9rieux ennuis en vous approchant aussi pr\u00e8s de l'immeuble qui nous pr\u00e9occupe tous. Il semble pourtant que l'arriv\u00e9e de mademoiselle Rhiannon hier soir vous ait d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 un aper\u00e7u de la force de notre ennemi.\u00bb Le m\u00e9contentement se peignit sur tous les visages : \u00eatre espionn\u00e9s comme de vulgaires gamins alors que la Lune Chantante n'avait pas lev\u00e9 pas le petit doigt pour son Veilleur ! Hisao leur proposa de d\u00e9jeuner ensemble. Ils s'ex\u00e9cut\u00e8rent et pr\u00e9par\u00e8rent leur repli dans un restaurant en bordure de l'Orangerie, faisant le point sur leurs informations respectives. Une escouade de Mark 5 ne tarda pas \u00e0 appara\u00eetre autour de l'immeuble de la SEBEC, comme pour confirmer les craintes de l'Akashite.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Au Francesca de l'Orangerie, entre une escalope milanaise et des lasagnes au saumon, un d\u00e9bat fit rage entre Hisao et un Carter, bien remont\u00e9 par le Lambrusco : que faire ? Retourner \u00e0 la SEBEC et infiltrer les lieux avec la carte vol\u00e9e \u00e0 l'a\u00e9roport ou bien retourner \u00e0 la Lune Chantante ? Ayant vid\u00e9 d'un trait son verre d'eau, Hisao d\u00e9cida de clore le d\u00e9bat : \u00ab De toute fa\u00e7on, si nous entrions dans la SEBEC maintenant, il nous serait impossible d'\u00eatre ce soir au rendez-vous avec Kopa\u0161ek... \u00bb. Un silence glacial se fit \u00e0 table et les regards des disciples du Veilleur se tourn\u00e8rent vers un Carter g\u00ean\u00e9 et terminant avec h\u00e2te son assiette. Hisao, les bras crois\u00e9s, l'air m\u00e9prisant, le sourire en coin, lorgnait du c\u00f4t\u00e9 du serveur et lui demanda l'addition. Carter, ayant repos\u00e9 calmement ses couverts r\u00e9torqua qu'il y avait tr\u00e8s peu de chances pour que l'Adepte du Virtuel soit au rendez-vous, mais qu'il esp\u00e9rait trouver l\u00e0-bas des indices.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"center\">*<\/p>\r\n<p align=\"center\">* *<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Christophe Schmidt b\u00e2illa. \u00ab Encore un quart d'heure d'attente \u00bb, pensa-t-il. Il s'appuya doucement sur la rambarde m\u00e9tallique dont il sentit le froid pin\u00e7ant \u00e0 travers ses gants en laine. Les nuages gris se fondaient lentement dans le cr\u00e9puscule. Les enseignes des immeubles h\u00f4teliers bordant la place en demi-cercle s'\u00e9clairaient une \u00e0 une, la douceur r\u00e9confortante du vert, du jaune et du rouge se perdait dans le chuintement de la circulation ; le flot des voyageurs formait un arri\u00e8re-plan \u00e0 ses pens\u00e9es, d\u00e9filant en une succession d'images fugitives au sens n\u00e9buleux. Apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, Carter et Hisao avaient pass\u00e9 l'apr\u00e8s-midi \u00e0 se toiser en fulminant int\u00e9rieurement, mais que pouvaient-ils r\u00e9ellement l'un et l'autre pour sauver Kopa\u0161ek ? Que lui \u00e9tait-il arriv\u00e9 : enlev\u00e9 ou en fuite ? Qui prendrait sa succession au cas o\u00f9 il ne devait pas revenir ?<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Seules les lumi\u00e8res du sous-sol de la gare refl\u00e9taient leurs p\u00e2les lueurs sur son visage. Il s'\u00e9tira, pour ne pas c\u00e9der \u00e0 un endormissement \u00e0 peu pr\u00e8s certain ainsi qu' \u00e0 la morosit\u00e9 qui le gagnait. Il fit quelques pas, la nuit \u00e9tait tout \u00e0 fait tomb\u00e9e \u00e0 pr\u00e9sent. Il leva les yeux au ciel : malgr\u00e9 le peu de nuages, les \u00e9toiles n'\u00e9taient pas visibles, sans doute \u00e0 cause de la pollution lumineuse. L'Adepte du Virtuel jeta un coup d'\u0153il circulaire sur la place, o\u00f9 ses camarades s'\u00e9taient tous post\u00e9s \u00e0 des endroits strat\u00e9giques pour guetter une possible arriv\u00e9e de Simon. Carter et Duncan avaient chacun lanc\u00e9 des routines, le premier pour visualiser l'int\u00e9rieur de la gare, et le second pour estimer l'heure et l'endroit les plus probables de l'apparition du Veilleur. Carter fumait une cigarette, Duncan finissait un d\u00f6ner, r\u00e9fugi\u00e9 dans un abri-bus.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Christophe d\u00e9cida de rejoindre l'Euthanatos. Il d\u00e9clina son offre de partager son repas, que Duncan termina tranquillement, en prenant avec ses doigts les filaments de viande. Ils discut\u00e8rent. Les doigts de Schmidt s'agitaient sur le banc en plastique o\u00f9 il s'\u00e9tait assis. Il se leva au bout de quelques minutes pour ne pas devenir insupportable. Le bus de la petite ceinture s'arr\u00eata et une dizaine de personnes mont\u00e8rent \u00e0 bord. Le v\u00e9hicule, immobilis\u00e9 par la circulation, red\u00e9marra. Le jeune homme le regarda distraitement passer. Puis il poussa un cri de stupeur : le feu qui avait stopp\u00e9 le bus avait ses couleurs sens dessus-dessous : vert - rouge - orange. Duncan, qui venait de jeter le papier alu de son d\u00f6ner, revint en courant : sa routine venait de percevoir une distorsion soudaine de la Trame. Christophe poussa un profond soupir de tension enfin rel\u00e2ch\u00e9e : il avait une chance de retrouver son mentor vivant.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Comme convenu, Rhiannon et Hisao firent signe \u00e0 leurs compagnons afin de manifester leur position \u00e0 l'ext\u00e9rieur de la gare. Les trois autres s'engouffr\u00e8rent dans le hall. Des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9tranges se poursuivirent, plongeant Carter dans la plus grande perplexit\u00e9. Un distributeur de boisson se vida soudainement de toute sa monnaie et provoqua un attroupement de curieux. Les messages par haut-parleur annonc\u00e8rent un train avec dix minutes d'avance. Carter sentit sa t\u00eate tourner et h\u00e9sita \u00e0 poursuivre, redoutant le Paradoxe, au milieu de la cohue, des cris et de l'affolement des contr\u00f4leurs.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Duncan, suivi de Christophe fon\u00e7a dans l'all\u00e9e des casiers, d'o\u00f9 semblait provenir la perturbation. Ils s'arr\u00eat\u00e8rent devant l'une des innombrables petites portes jaunes et la d\u00e9verrouill\u00e8rent. Pendant ce temps, Carter arrivait p\u00e9niblement et fit un geste de victoire en voyant leurs mines r\u00e9jouies. Ils ressortirent de la mani\u00e8re la plus innocente possible de la gare et les cinq mages rejoignirent s\u00e9par\u00e9ment la voiture d'un Carter encore tremblotant mais toujours en \u00e9tat de reprendre le volant.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Serr\u00e9 entre Duncan et Hisao sur la banquette arri\u00e8re, Christophe Schmidt, les joues roses apr\u00e8s son sprint dans la gare, sortit de son manteau une petite mallette en aluminium patin\u00e9, constell\u00e9e de post-it jaunes, qu'il avait reconnue comme \u00e9tant le Trinity de son mentor. Il expliqua aux mages assis autour de lui ce que repr\u00e9sentait un Trinity pour un Adepte du Virtuel : il s'agissait du focus principal du mage, un talisman, ainsi qu'un syst\u00e8me informatique r\u00e9volutionnaire car non pas binaire mais trinaire. Finalement, on pouvait penser que Kopasek \u00e9tait vivant, encore libre de ses mouvements, mais en fuite, ce qui \u00e9tait une nouvelle plut\u00f4t rassurante. Christophe ne r\u00e9sista pas \u00e0 l'envie de commencer son exploration de la machine dans la voiture et ouvrit la mallette. Le jeune mage connaissait bien Simon, mais celui-ci ne lui avait jamais donn\u00e9 le mot de passe pour acc\u00e9der \u00e0 son propre ordinateur. Il lan\u00e7a donc une routine pour le d\u00e9terminer.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Pendant ce temps-l\u00e0, Carter et Duncan s'inqui\u00e9taient de l'intensit\u00e9 de la perturbation magyque,qui r\u00e9gnait toujours dans les environs et qui avait fait perdre ses moyens \u00e0 l'Extasi\u00e9. Pour eux, ce n'\u00e9tait pas la simple collocalisation du Trinity de Kopasek dans un casier qui avait pu causer de telles distorsions de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Ils furent interrompus par les hurlements de Schmidt : \u00ab NON ! NON ! NOOOOON ! \u00bb Celui-ci ferma brusquement la mallette et tambourina l'aluminium de ses deux poings. Christophe cachait son visage dans ses mains, effondr\u00e9. Lui prenant d\u00e9licatement l'objet, Hisao l'ouvrit : il \u00e9tait inscrit en grosses lettres rouges <em>GAME OVER <\/em>sur l'\u00e9cran<em>. <\/em>\u00ab Mais, ne me dites pas qu'il jouait ? \u00bb s'\u00e9tonna-t-il d'un air m\u00e9content. \u00ab Bien s\u00fbr que non ! Mais toutes les informations qu'il contenait sont perdues ! Le Trinity a senti la routine de Christophe....et il s'est reformat\u00e9 automatiquement. \u00bb articula d'une voix constern\u00e9e Duncan. Christophe s'excusa sobrement et reprit la mallette dans ses mains. Un silence g\u00ean\u00e9 se fit dans la voiture. Rhiannon r\u00e9suma bien la situation : \u00ab Mais que faire maintenant ? \u00bb Le trinity n'\u00e9tait m\u00eame pas dans leurs mains depuis une dizaine de minutes et d\u00e9j\u00e0 leurs espoirs de revoir Kopasek s'amincissaient consid\u00e9rablement.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"center\">*<\/p>\r\n<p align=\"center\">* *<\/p>\r\n<p align=\"center\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Ils s'\u00e9taient \u00e9gar\u00e9s, avec toutes ces histoires, du c\u00f4t\u00e9 du boulevard Poincar\u00e9. Carter fit remarquer qu'il avait besoin d'un peu d'aide pour retrouver son chemin, quand soudain, Rhiannon lui cria \u00ab Attention ! \u00bb Carter pila, pour \u00e9viter la gamine qui venait de surgir au milieu de la route.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Une petite fille d'une dizaine d'ann\u00e9es, en robe de nuit blanche, les cheveux blond paille, les yeux hagards, se tenait au milieu de la route. Les occupants de la voiture la fixaient intens\u00e9ment, et pourtant sa silhouette semblait tellement \u00e9vanescente, instable, presque une illusion... De ses grands yeux, elle leur renvoyait leur stupeur et contemplait leurs visages sans rien dire. Le silence lui-m\u00eame semblait fig\u00e9, tandis qu'elle levait lentement son doigt vers le ciel, en soutenant toujours leur regards. Au m\u00eame instant, une forme gigantesque et luminescente passait en trombe pr\u00e8s de la voiture, se dirigeant droit sur la gamine, tout le monde hurla dans la voiture...Une fois l'\u00e9moi dissip\u00e9, ils prirent conscience que pas un seul de ses cheveux n'avait boug\u00e9. Mais l'image de la fillette commen\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 se dissiper, et elle disparut, sans laisser plus de traces de son existence.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Les rares passants des alentours s'\u00e9taient arr\u00eat\u00e9s, alert\u00e9s par ce coup de frein retentissant. Carter remit la premi\u00e8re et reprit prudemment de la vitesse. Reprenant leurs esprits, ils se rendirent compte qu'il s'\u00e9tait \u00e9coul\u00e9 presque une demi-heure, alors qu'ils n'estimaient la dur\u00e9e de la \u00ab sc\u00e8ne \u00bb \u00e0 moins de deux minutes. Aucun dormeur ne semblait en \u00e9tat de choc malgr\u00e9 l'apparition de la jeune fille et du \u00ab truc \u00bb qui avait surgi ensuite. Ce n'\u00e9tait pas une hallucination ; le petit groupe \u00e9carta tout de suite cette hypoth\u00e8se, et ce n'\u00e9tait certainement pas un contre-coup de paradoxe. En tout cas, il y avait des chances pour que ce soit li\u00e9 avec la disparition du Veilleur. Alors ??<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Ils se s\u00e9par\u00e8rent vers 22 h 30, apr\u00e8s une journ\u00e9e tr\u00e8s agit\u00e9e, quelques regrets et beaucoup d'interrogations.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"center\">*<\/p>\r\n<p align=\"center\">* *<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Carter ne se souvenait pas avoir branch\u00e9 de r\u00e9veil... \u00e0 moins que ce ne soit le t\u00e9l\u00e9phone ? Il se leva en se plaignant de devoir r\u00e9pondre alors qu'il n'\u00e9tait pas dix heures. Au bout du fil, le ton de la voix de Christophe Schmidt le r\u00e9veilla d\u00e9finitivement : on avait retrouv\u00e9 le cadavre de Kopasek dans un canal de l'Ill, au niveau des entrep\u00f4ts Seegmuller, dans le quartier de l'Esplanade. Le covenant de la Lune Chantante \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 au courant. Ils se donn\u00e8rent rendez-vous sur le parvis de la Fac de Droit vers 13 h.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Les cinq compagnons se retrouv\u00e8rent \u00e0 l'heure dite. Certains avaient pris la d\u00e9cision de masquer leur peine derri\u00e8re des lunettes noires. Tous avaient un air grave et le sentiment d'avoir perdu la premi\u00e8re manche contre cette force qui provoquait des d\u00e9sastres dans leurs rangs depuis deux jours.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Ils se rendirent sur les lieux de la d\u00e9couverte, l\u00e0 o\u00f9 la police avait laiss\u00e9 les vestiges de ses rep\u00e9rages. Ils cherch\u00e8rent en vain des traces de balles sur les arbres des alentours et interrog\u00e8rent le voisinage sous couvert d'investigation journalistique. Carter, Christophe et Duncan s'assirent ensemble au bord de l'ancien chemin de halage. En alliant leurs comp\u00e9tences en correspondance, temps et entropie, ils essay\u00e8rent de remonter le temps jusqu'\u00e0 la minute o\u00f9 le Veilleur avait atteint cet endroit. L'air profond\u00e9ment concentr\u00e9s, les yeux ferm\u00e9s ou la main serrant leur focus, les trois compagnons se lanc\u00e8rent dans leur rituel. Peu \u00e0 peu, ils laiss\u00e8rent leurs sens \u00e9chapper au froid z\u00e9nith du soleil de novembre et replong\u00e8rent dans la nuit pr\u00e9c\u00e9dente. Les lampadaires qui s'\u00e9teignaient se rallum\u00e8rent, le soleil se recoucha, les gens rentr\u00e8rent chez eux \u00e0 reculons, qui avec son v\u00e9lo, qui son enfant \u00e0 la main. Le quartier replongea dans l'assoupissement. Le temps cessa peu \u00e0 peu de remonter son propre cours. Et reprit calmement sa route, accompagnant le voyage fun\u00e8bre de Simon.<\/p>\r\n<p align=\"justify\"><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/lintrigue\/la-pierre-de-lange\/la-complainte-de-faust\/entrepots-seegmuller\/\" rel=\"attachment wp-att-49\" title=\"Entrep\u00f4ts Seegm\u00fcller\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/wp-content\/uploads\/2007\/08\/entrepots1.JPG\" alt=\"Entrep\u00f4ts Seegm\u00fcller\" height=\"258\" width=\"400\" \/><\/a><\/p>\r\n<p align=\"justify\"><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/?attachment_id=45\" rel=\"attachment wp-att-45\" title=\"Lieux de la d\u00e9couverte du corps de Kopacek\"><\/a><\/p>\r\n<p align=\"justify\">Une Mercedes glissa silencieusement le long de la ceinture p\u00e9riph\u00e9rique et stoppa le long du trottoir. On per\u00e7ut un bruit \u00e9touff\u00e9 de porti\u00e8re. Un homme grand, athl\u00e9tique, aux cheveux blond platine portant un costume sombre en sortit. Il se dirigea vers le coffre et sans aucun regard pour les possibles t\u00e9moins aux fen\u00eatres des immeubles, il en sortit un long colis visiblement assez lourd. Il le tra\u00eena jusqu'\u00e0 l'eau et remonta tr\u00e8s vite dans la voiture, qui red\u00e9marra aussit\u00f4t. Pendant tout le temps que cet homme avait pris pour se d\u00e9barrasser de la d\u00e9pouille de leur ami, les Mages n'avaient cess\u00e9 de fixer le logo de la SEBEC visible sur l'aile avant gauche. Carter, hors de lui, avait reconnu l'homme, qui \u00e9tait aussi l'agresseur de Marcus et bien s\u00fbr l'agent de s\u00e9curit\u00e9 lors de l'inauguration de l'immeuble de la SEBEC. Il serait bien parti tout de suite \u00e0 la chasse, par d\u00e9sir d'assouvir une bien compr\u00e9hensible vengeance, si Rhiannon ne s'\u00e9tait pas jet\u00e9 sur lui en lui demandant s'il \u00e9tait si press\u00e9 de mourir que cela. Hisao l'approuva : il n'aimait pas les charges h\u00e9ro\u00efques et suicidaires, Duncan apporta sa touche technique en affirmant que selon sa connaissance des lois du Destin, les chances de survie de l'\u00e9quipe seraient nulles.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">L'Euthanatos remarqua \u00e9galement que ses osselets \u00e9taient devenus br\u00fblants mais renon\u00e7a \u00e0 en parler \u00e0 ses compagnons pour le moment.<\/p>\r\n<p align=\"justify\"><!--nextpage--><\/p>\r\n<p class=\"darktitre\">Chapitre 2 : <em>l'activation du syst\u00e8me DEVA<\/em><\/p>\r\nCe que je vais vous raconter va vous sembler dingue, je sais, moi aussi, j'ai v\u00e9cu tr\u00e8s peu de choses aussi ... bizarres. Enfin, l'important, c'est d'\u00eatre sorti vivant de cette dimension, et j'en garde un tr\u00e8s mauvais souvenir, celui de la premi\u00e8re fois o\u00f9 la Grande Faucheuse m'a plant\u00e9 son couteau dans le dos.\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Je continuais donc \u00e0 toucher mes osselets, que j'avais remis dans leur bourse. Nous \u00e9tions remont\u00e9s sur le trottoir et nous rejoignions notre place de stationnement quand nous avons vu un attroupement en contre-bas, autour d'un p\u00eacheur : cinq-six personnes, la main en visi\u00e8re, le nez en l'air. On s'est approch\u00e9 et on a fait comme eux. Effectivement, ils avaient rep\u00e9r\u00e9 quelque chose de pas tr\u00e8s normal : une esp\u00e8ce de fum\u00e9e rouge tournait autour du soleil, comme s'il \u00e9tait en train de cramer \u00e0 la mani\u00e8re d'un bout de papier. J'ai resserr\u00e9 ma main autour des osselets, toujours aussi chauds, et pas \u00e0 cause du contact de ma paume. J'ai fait signe aux autres de me suivre. En leur montrant mon focus, je leur ai dit que si ces osselets \u00e9taient aussi chauds, c'\u00e9tait parce qu'une tr\u00e8s puissance magye \u00e9tait en train de s'imposer au Paradigme ambiant.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">A peine avais-je dit cela, que nous avons entendu des cris de panique venant du groupe du p\u00eacheur ! Nous avons alors tourn\u00e9 le regard vers le ciel : il \u00e9tait rouge vif, alors que nous \u00e9tions \u00e0 peine en d\u00e9but d'apr\u00e8s-midi. Le disque solaire se couvrait de taches noires... Je me suis retourn\u00e9 et j'ai d\u00e9couvert que tout le monde dans la rue s'\u00e9tait arr\u00eat\u00e9, les gens sortaient de leurs voitures et regardaient ce qui se passait. Des sc\u00e8nes d'hyst\u00e9rie commen\u00e7aient \u00e0 se produire, du genre des femmes qui hurlent parce que la ma\u00eetresse de l'\u00e9cole maternelle ne veut pas rendre les enfants, des chauffards qui chauffardisent, des vieilles qui tombent \u00e0 genoux et se mettent \u00e0 prier, imit\u00e9es par les clochards du coin...<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Dix minutes plus tard, le soleil obscurci TOMBA comme une masse, droit vers l'horizon. Dommage, j'avais pas emport\u00e9 de lampe de poche. J'aurais aussi d\u00fb emmener un thermom\u00e8tre, car la temp\u00e9rature de l'air \u00e9tait tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e pour la saison, malgr\u00e9 la \u00ab chute \u00bb du soleil. Il faisait un temps de juin... \u00e0 peu pr\u00e8s 25\u00b0C. Bref, un temps maudit comme Dieu ne nous l'avait pas fait depuis la mort de son Fils en croix.<\/p>\r\n<p align=\"justify\"><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/lintrigue\/la-pierre-de-lange\/la-complainte-de-faust\/lumiere\/\" rel=\"attachment wp-att-47\" title=\"Lumi\u00e8re\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/wp-content\/uploads\/2007\/08\/strasbourg-ss-lumiere1.JPG\" alt=\"Lumi\u00e8re\" height=\"227\" width=\"350\" \/><\/a><\/p>\r\n<p align=\"justify\">Nous \u00e9tions encore sur les berges, et il nous fallait bien trouver un moyen d'en sortir pour se prot\u00e9ger autant des \u00e9v\u00e9nements \u00e0 venir que de l'hyst\u00e9rie g\u00e9n\u00e9rale. On essayait donc de crapahuter \u00e0 la queue leu leu dans la p\u00e9nombre pour rejoindre le parking de la fac. Rhiannon fermait la marche, en essayant de faire bonne figure. Nous l'avons soudain entendue hurler : elle avait senti quelque chose lui fr\u00f4ler la cheville, puis tout \u00e0 coup, une tentacule de chair grise et molle s'\u00e9leva au dessus de sa t\u00eate avec un geste mena\u00e7ant. Elle criait encore tandis que la chose avait r\u00e9ussi \u00e0 envelopper ses hanches avec rapidit\u00e9. Dans un sursaut de d\u00e9go\u00fbt, elle invoqua un sort qui d\u00e9racina le lampadaire du trottoir et le jeta sur la tentacule, l'obligeant \u00e0 rel\u00e2cher sa prise. Personne ne lui en voulut sur le moment d'avoir fait de la magye vulgaire, mais \u00e7a commen\u00e7ait \u00e0 devenir une habitude chez elle ! Malgr\u00e9 ses efforts, elle aussi disparut sous l'eau. Mais jamais je n'avais vu une nana en sortir aussi vite ! Tout le monde aida \u00e0 la remettre debout, m\u00eame si on n'y voyait pas grand chose. Carter, d'autorit\u00e9, ne lui l\u00e2cha plus la main. Lui et moi, on s'attendait \u00e0 un contre-coup de paradoxe : rien !<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Nos aventures \u00e9taient loin d'\u00eatre finies. Les lampadaires s'\u00e9taient allum\u00e9s, rendant le p\u00e9riph\u00e9rique praticable. Une fourgonnette de gendarmerie est pass\u00e9e \u00e0 vive allure sur la chauss\u00e9e avant d'aller se planter litt\u00e9ralement dans un arbre \u00e0 20 m\u00e8tres de nous. Nous avons tous entendu le bruit de la t\u00f4le pli\u00e9e et ensuite celui du verre r\u00e9duit en miettes. La porte du panier \u00e0 salade s'est ouverte dans le choc et j'ai \u00e9cart\u00e9 prudemment le battant droit en lan\u00e7ant \u00ab Hou hou, \u00e7a va ? Vous avez besoin d'aide ? \u00bb Une main s'est accroch\u00e9e \u00e0 la porti\u00e8re puis un homme est sorti de l'habitacle d\u00e9fonc\u00e9. Un deuxi\u00e8me, les yeux inject\u00e9s de sang...A ce moment-l\u00e0, j'ai vraiment cru \u00e0 une invasion de zombies... Ils ont commenc\u00e9 \u00e0 chercher leurs flingues, toujours au ralenti. La p\u00e9nombre s'\u00e9paississait et on a pas attendu qu'ils nous demandent nos papiers pour se casser vite fait. On allait s'esquiver, quand, tenez-vous bien, s'est point\u00e9e une famille de corbeaux g\u00e9ants aux serres \u00e9normes et aux yeux qui lan\u00e7aient des \u00e9clairs. Le vol a tourn\u00e9 autour de ces abrutis de flics, les becquetant f\u00e9rocement pour en attraper un dans leurs serres, mais les Cond\u00e9s ont compris rapidement qu'il \u00e9tait plus prudent de se mettre \u00e0 l'abri dans leur panier \u00e0 salade.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 plusieurs minutes \u00e0 d\u00e9battre, s'il valait mieux aller en centre-ville ou savoir ce qu \u2018il passait avant de s'y rendre, on a finalement choisi de bouger jusqu'\u00e0 la Pierre Noire, parce qu'elle est cens\u00e9e \u00eatre une protection. Arriv\u00e9s sur la place, nous avons pu constater que le campus \u00e9tait vachement calme \u00e9tant donn\u00e9es les circonstances. Calme et surtout vide. Rhiannon s'est alors arr\u00eat\u00e9e de marcher, toute p\u00e2le, r\u00e9p\u00e9tant une vingtaine de fois \u00ab je ne sens rien, je ne sens rien ! \u00bb en chialant. Christophe a commenc\u00e9 \u00e0 rigoler tout seul. Tout commen\u00e7ait \u00e0 se d\u00e9traquer dans nos esprits... On a compris plus tard ce qui s'\u00e9tait pass\u00e9 : alors qu'on arrivait en vue de la Pierre, Marie gr\u00e2ce \u00e0 son Omniscience, nous a dissoci\u00e9s du canevas local afin de nous prot\u00e9ger. Ce qui expliquait le \u00ab calme \u00bb autour de nous, comme si nous avions atterri dans une ville fant\u00f4me. Et du coup, Rhiannon ne sentait plus rien de vivant autour d'elle... d'o\u00f9 son \u00e9moi.<\/p>\r\n<p align=\"justify\"><!--nextpage--><\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Parmi les haies du square Hoeffner, rendues grises et ternes par la lumi\u00e8re des lampadaires, j'ai aper\u00e7u un papillon aux ailes dor\u00e9es. On s'est pr\u00e9cipit\u00e9s vers lui, et forc\u00e9ment, il s'est envol\u00e9, mais on a eu le temps de voir les lettres grecques Alpha et Omega entrelac\u00e9es sur ses ailes. C'\u00e9tait la premi\u00e8re fois que nous voyions Phil\u00e9mon sous cette forme, mais ce fut loin d'\u00eatre la derni\u00e8re. Il tentait de nous mener vers Marie, dont les forces faiblissaient.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Rhiannon gambadait derri\u00e8re le papillon, sans se soucier de corbeaux, du soleil toujours aux abonn\u00e9s absents, de zombies, de l'obscurit\u00e9 et Dieu seul sait quoi encore. On a eu beau lui dire que c'\u00e9tait pas raisonnable, qu'il fallait mieux rester dans l'aire d'effet de la Pierre Noire, elle continuait \u00e0 s'\u00e9loigner. \u00ab Elle a compl\u00e8tement disjonct\u00e9, celle-l\u00e0 ! H\u00e9 le priv\u00e9, comment t'as fait pour d\u00e9goter un cas pareil ?! \u00bb \u00ab  - L'intuition masculine ... \u00bb me r\u00e9torqua le priv\u00e9 en question, qui lui embo\u00eeta le pas, en haussant les \u00e9paules, sans \u00eatre tr\u00e8s convaincu non plus de l'int\u00e9r\u00eat de quitter les lieux...<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Bon gr\u00e9 mal gr\u00e9, nous avons embo\u00eet\u00e9 le pas \u00e0 la Verbena, pour atterrir le long des quais de la petite ceinture. Ayant \u00e9puis\u00e9 toutes ses r\u00e9serves magyques, le papillon avait p\u00e2li et disparaissait tout en continuant de battre des ailes ...Pendant que Rhiannon sortait de son extase, Christophe a fait remarquer qu'il voyait des mouvements bizarres au niveau des tours de la cath\u00e9drale. \u00ab Ah non ! pas encore ces oiseaux de malheur ! \u00bb ai-je lanc\u00e9. Carter a aussit\u00f4t lanc\u00e9 un rituel de clairvoyance et a identifi\u00e9 ...des gargouilles. Mais il avait vu aussi deux \u00eatres humains entrer \u00e0 l'int\u00e9rieur de la cath\u00e9drale.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"center\">*<\/p>\r\n<p align=\"center\">* *<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Il semblait \u00e0 ce moment-l\u00e0 que le plus opportun \u00e9tait de se rendre \u00e0 la cath\u00e9drale, et cette d\u00e9cision eut du moins l'avantage d'\u00eatre unanimement coll\u00e9giale. Nous nous exposions \u00e0 une marche en milieu hostile : puisque nous nous trouvions au d\u00e9bouch\u00e9 de la rue des Orphelins sur le quai des P\u00eacheurs, il nous fallait traverser un pont et longer trois ruelles avant d'arriver sur la place. Nous pr\u00eemes donc les plus strictes pr\u00e9cautions sans rencontrer n\u00e9anmoins \u00e2me qui v\u00e9c\u00fbt ou tr\u00e9pass\u00e2t.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Sur la place de la cath\u00e9drale, un ballet d\u00e9moniaque s'agitait en tous sens. D'immondes ballerines aux figures de gargouilles gris pierre \u00e9voluaient, s'agenouillaient, r\u00e2laient, prenaient leurs t\u00eates dans leurs mains griffues, puis les relevaient, une \u00e9cume m\u00e9tallique aux l\u00e8vres, d\u00e9ployaient leurs ailes et tournoyaient, tourment\u00e9es et prisonni\u00e8res de cette d\u00e9mence de dentelle ros\u00e9e qui constituait leur cachot \u00e0 ciel ouvert. Dans cette atmosph\u00e8re de Walpurgis urbaine, que Goethe devait sentir lui r\u00e9chauffer ses mollets de bronze depuis la place Brant, le sabbat menait son plein et nous esp\u00e9rions passer sans M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s pour nous guider \u00e0 travers cette horde p\u00e9cheresse. Le silence retomba d'un coup et les regards de pierre lourds de braise gliss\u00e8rent sur l'Euthanatos, qui malgr\u00e9 ses incantations et ses pri\u00e8res \u00e0 leur adresse ne put rien : ils l'emport\u00e8rent. La sorci\u00e8re leva les mains et agita sa chevelure, rituel plus apte \u00e0 leur plaire. Les gargouilles s'approch\u00e8rent pour flairer leur nouvelle amie, et fondirent du feu de l'enfer, comme si leur malfaisance partait en purge de sang noir\u00e2tre. Cependant, une autre gargouille happa l'Euthanatos, qui hurla et s'agita, sous son poids, les serres se rel\u00e2ch\u00e8rent \u00e0 nouveau, il tomba sur le sol et s'\u00e9croula, inconscient.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Epuis\u00e9s, \u00e0 bout de force, vivant dans l'ombre depuis des heures, il nous sembla voir arriver un ange depuis le porche de la cath\u00e9drale. Une grande silhouette claire apparut et produisit une aura lumineuse autour d'elle. Sa main gauche brillait d'un large anneau. Le visage masculin se leva vers le ciel et une voix profonde se mit \u00e0 s'\u00e9lever dans les airs, lan\u00e7ant de s\u00e9v\u00e8res impr\u00e9cations dans une langue slave. Peu \u00e0 peu, les gargouilles cess\u00e8rent leur agitation, s'inclin\u00e8rent, puis s'envol\u00e8rent vers la plate-forme de la cath\u00e9drale et s'immobilis\u00e8rent pour retrouver leur pose de statues inertes.<\/p>\r\n<p align=\"justify\"><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/lintrigue\/la-pierre-de-lange\/la-complainte-de-faust\/vent-menacant\/\" rel=\"attachment wp-att-57\" title=\"Vent mena\u00e7ant\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/wp-content\/uploads\/2007\/08\/pas-bo.JPG\" alt=\"Vent mena\u00e7ant\" height=\"300\" width=\"400\" \/><\/a><\/p>\r\n<p align=\"justify\"><a href=\"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/lintrigue\/la-pierre-de-lange\/la-complainte-de-faust\/lumiere\/\" rel=\"attachment wp-att-47\" title=\"Lumi\u00e8re\"><\/a><\/p>\r\n<p align=\"justify\">Sans un mot, l'homme s'approcha, se pencha sur le corps de Duncan et le souleva, le portant sur ses deux \u00e9paules ; nous le suiv\u00eemes, muets, dans la cath\u00e9drale. Les cierges et les bougies br\u00fblaient doucement en produisant une lumi\u00e8re r\u00e9confortante. Le silence paisible calma nos esprits. La cath\u00e9drale se tenait l\u00e0, comme une forteresse de sagesse et de civilisation, et nous nous y trouvions. Apr\u00e8s nous avoir laiss\u00e9 le temps de souffler un peu, l'homme nous donna son pr\u00e9nom, Ivan, nous confia Duncan et nous demanda de le suivre. Il se dirigea vers le fond du transept nord, marchant le long de la nef pour parvenir \u00e0 la chapelle St-Laurent puis la chapelle Ste-Marie de la Visitation, avec ses cand\u00e9labres perp\u00e9tuellement allum\u00e9s pour les visiteurs en pri\u00e8re. Les prie-dieu \u00e9taient d\u00e9sert\u00e9s, et le plafond vo\u00fbt\u00e9 de la chapelle ne semblait qu'un d\u00e9cor de carton-p\u00e2te.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Ivan la traversa rapidement pour se glisser derri\u00e8re l'autel. Il souleva une tapisserie de velours vert sombre qui servait de fond \u00e0 un grand crucifix en bois. L'encadrement d'une porte apparut dans un profond renfoncement. Ivan sortit de sa poche une cl\u00e9 de fer \u00e9paisse et longue, qu'il glissa dans la serrure. La cl\u00e9 tourna et le m\u00e9canisme cliqueta, il poussa avec effort la porte qui s'ouvrit sans un bruit. Duncan retrouvait ses esprits, toujours soutenu par Christophe Schmitt et le priv\u00e9 am\u00e9ricain. Ils se retrouv\u00e8rent les trois en premier dans un couloir sombre : Ivan, qui voulait passer en dernier pour s \u2018assurer que nous ne laissions pas de trace nous lan\u00e7a : \u00ab Nous entrons dans les b\u00e2timents du Grand S\u00e9minaire. Ce couloir servait aux chanoines qui souhaitaient se rendre rapidement \u00e0 la sacristie de la cath\u00e9drale. \u00bb Rhiannon fit observer en effet que la pierre changeait de couleur, ce n'\u00e9tait plus du gr\u00e8s rose mais du calcaire blanc et patin\u00e9.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"center\">*<\/p>\r\n<p align=\"center\">* *<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Sans vraiment beaucoup d'explications suppl\u00e9mentaires, nous pass\u00e2mes dans des couloirs o\u00f9 des tableaux de pi\u00e9t\u00e9 voisinaient avec des affiches annon\u00e7ant la tourn\u00e9e de Jean-Baptiste Gianada ou de Ya\u00eblle \u00ab dans votre paroisse prochainement \u00bb. Nous mont\u00e2mes des escaliers tr\u00e8s larges en colima\u00e7on avec des rampes en fer forg\u00e9. Apr\u00e8s la forteresse, le labyrinthe. Des portes, encore des portes, donnant sur d'autres portes...Enfin, Ivan s'arr\u00eata devant l'une d'elle : une chambre de s\u00e9minariste, assez \u00e9troite, plong\u00e9e dans la p\u00e9nombre. L'odeur du vieux papier et de l'encens saturait l'air. La fen\u00eatre avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e par une biblioth\u00e8que. Je m'approchais discr\u00e8tement pour constater qu'elle contenait de vieux ouvrages hagiographiques d\u00e9pareill\u00e9s, p\u00e9rim\u00e9s m\u00eame avant Vatican II. Depuis la fen\u00eatre, on entendait le vent qui continuait de battre l'air et de soulever les branches des tilleuls dans la cour. Une lampe-temp\u00eate \u00e9clairait faiblement la pi\u00e8ce. Nous nous install\u00e2mes tous les six dans la pi\u00e8ce : qui dans un fauteuil, qui sur le coin de la table, qui adoss\u00e9 \u00e0 la biblioth\u00e8que...Nous sentions la tension remonter. Ivan avait le visage crisp\u00e9, contrastant avec sa grande ma\u00eetrise de la situation jusque-l\u00e0. Sur le vieux tapis trou\u00e9, une trousse de secours avait \u00e9t\u00e9 ouverte au pied du lit, une t\u00eate d\u00e9passait des couvertures.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Il me semblait n\u00e9cessaire de refaire un point sur la situation qui m'avait men\u00e9 l\u00e0, pr\u00e9cis\u00e9ment, dans cet antre de choristes, avec cette \u00e9quipe de fous :<\/p>\r\n\r\n<ul>\r\n\t<li>\r\n<p align=\"justify\">enqu\u00eate sur la disparition du Veilleur command\u00e9e par la Lune Chantante. Mise en cause claire de la branche d'It\u00e9ration X. R\u00e9cup\u00e9ration du Trinity du Veilleur mais perte des donn\u00e9es. D\u00e9couverte du cadavre dudit Veilleur. Jusque-l\u00e0, rationnel.<\/p>\r\n<\/li>\r\n\t<li>\r\n<p align=\"justify\">puis, n'importe quoi : une fille-fant\u00f4me qui appara\u00eet la veille aux fous, changement de paradigme, attaques diverses de cr\u00e9atures fantasmagoriques, indices laiss\u00e9s par <em>un papillon<\/em>...et un Bolch\u00e9vik qui r\u00e8gne sur le s\u00e9minaire... Moi, ce type, je ne le sentais vraiment pas net, le seul type vaguement \u00ab normal \u00bb qui nous emm\u00e8ne au fin fond d'un labyrinthe sans rien nous dire ...<\/p>\r\n<\/li>\r\n<\/ul>\r\n<p align=\"justify\">\u00ab  Alors, vous \u00eates content ? vous nous avez amen\u00e9 o\u00f9 vous vouliez ! \u00bb m'exclamais-je d'une voix rageuse.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Ivan semblait de plus en plus mal \u00e0 l'aise et tortillait sa bague autour de son doigt. Avec son accent russe, il nous redonna son identit\u00e9 et tenta de nous donner des \u00e9l\u00e9ments de sa biographie, que je n'\u00e9coutais m\u00eame pas... Et il nous pointait du menton le bandage et la chevelure qui d\u00e9passait du lit, une femme, qui avait \u00e9t\u00e9 aussi bless\u00e9e par des gargouilles dans les m\u00eames circonstances. \u00ab Elle s'appelle Christine Ernard \u00bb, dit-il comme s'il esp\u00e9rait que cela suscite en nous un souvenir. Je me retourne furieux, en haussant les \u00e9paules. Schmitt et Carter, \u00e0 mon grand \u00e9tonnement, semblaient en confiance : Kopasek connaissait Ivan et n'avait rien dit de n\u00e9gatif sur lui.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Mais soudain la femme se r\u00e9veilla en criant, interrompant notre \u00e9change et gesticulait de panique dans son lit. Peu \u00e0 peu, elle reprit conscience de son environnement et tendit son visage cern\u00e9 et bl\u00eame vers celui d'Ivan qui avait instantan\u00e9ment repris son rayonnement apaisant. Christine laissa les larmes couler sur son visage, Ivan lui tendit un verre d'eau troubl\u00e9e d'un d\u00e9contractant, qu'elle but avec reconnaissance. Nous nous sentions un peu intrus, mais nous nous regroup\u00e2mes autour de son lit, pour se pr\u00e9senter un \u00e0 un, esp\u00e9rant r\u00e9veiller chez elle un souvenir qui restait enfoui chez nous. Cette femme semblait en manque de contact humain, et elle parla volontiers avec nous, et malgr\u00e9 son appartenance \u00e0 la Technocratie, nous nous rend\u00eemes compte que nous appr\u00e9ci\u00e2mes ce moment.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Je ne pensais pas devoir passer ma vie restante \u00e0 discuter avec mes compagnons d'infortune dans cette chambre au parfum renferm\u00e9. Mon objectif \u00e9tait clairement d'obtenir de cette femme un indice qui puisse nous mettre sur la voie de sortie de ce monde \u00e0 la c**. J'ai donc entrepris de raconter, avec l'aide de Carter et de Schmitt tout ce qui nous \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 tous depuis la disparition de Kopatchek. On sentait la femme h\u00e9sitante, mais je pensais que c'\u00e9tait la masse d'information qui la d\u00e9stabilisait.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">A la mention de la petite fille en chemise de nuit, Christine cligna des yeux une fois de trop et sembla vouloir se rendormir. Carter joua cartes sur tables et mena l'interrogatoire. Apr\u00e8s avoir regard\u00e9 l'\u00e9troite bande de lumi\u00e8re laiss\u00e9e libre par la biblioth\u00e8que, elle se mit \u00e0 parler d'une voix tr\u00e8s calme et r\u00e9sign\u00e9e.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Cette enfant \u00e9tait sa propre fille, Marie, premi\u00e8re victime de la folie des grandeurs de son patron. Duncan r\u00e9torqua  \u00ab un certain Guido Sardenia ? \u00bb Christine hocha la t\u00eate. Elle \u00e9tait pr\u00eate \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler les secrets de la fabrication du syst\u00e8me DEVA. Elle \u00e9voqua le premier prototype, construit en 1984 avec l'aide de Simon Kopasek. A ce nom, Christophe sursauta, Duncan frotta sa planchette repli\u00e9e sur son nez, puis se regard\u00e8rent entre eux. Seul Carter hocha la t\u00eate en signe de confirmation et soupira de nostalgie. Lors de la premi\u00e8re version, les prog\u00e9niteurs avaient but\u00e9 sur le probl\u00e8me de la source d'\u00e9nergie. La machine avait implos\u00e9. Kopasek avait trahi la cause, en emportant une partie des plans concernant la stabilit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique du syst\u00e8me. Christine leur expliqua qu'apr\u00e8s des ann\u00e9es de recherche, Sardenia avait retrouv\u00e9 la trace de Kopasek et qu'il souhaitait reconstruire le syst\u00e8me ; Guido pensait \u00e9tudier la Pierre Noire et utiliser son potentiel.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Depuis qu'il avait retrouv\u00e9 la trace de son ancien coll\u00e8gue, Sardenia avait beaucoup chang\u00e9 ; il avait voulu capturer Kopasek d'une mani\u00e8re violente. Une lueur bizarre habitait son regard... Il partait souvent en grandes envol\u00e9es lyriques autour de l'id\u00e9e de la grandeur de son projet... Cela ne semblait troubler personne dans son entourage imm\u00e9diat. Il parlait aussi de l'arriv\u00e9e imminente d'un nouveau m\u00e9c\u00e8ne qui r\u00e8gleraient la question des plans perdus. Une fois Simon entre ses mains, il avait voulu le tuer. Simon. Christine se rappellait avoir \u00e9t\u00e9 la seule \u00e0 s'opposer \u00e0 cette initiative. Carter et Christophe lui apprirent qu'ils avaient effectivement retrouv\u00e9 le corps de Simon dans les canaux et lui d\u00e9crivirent l'assassin : Christine n'eut aucun mal \u00e0 leur donner son nom, Vittorio Gabbace.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">La veille, \u00e0 son domicile, Christine s'\u00e9tait r\u00e9veill\u00e9e comme d'habitude, mais elle avait trouv\u00e9 le lit de sa fille vide. Des gardes \u00e9taient post\u00e9s autour de sa maison et en emp\u00eachaient toute sortie. Les tentatives de discussion avec eux s'\u00e9taient sold\u00e9es par un \u00e9chec. Seule dans sa maison, elle avait fait le point et s'\u00e9tait rendue compte qu'elle avait \u00e9t\u00e9 doublement utilis\u00e9e par Sardenia : comme ancienne collaboratrice de Kopatek, et comme m\u00e8re d'un petit g\u00e9nie qu'il convoitait.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Depuis longtemps, sa fille avait \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9e par Sardenia qui pensait que de grandes choses pouvaient se produire en sa pr\u00e9sence. Les m\u00e9decins technocrates qui l'avaient examin\u00e9e avaient d\u00e9couvert que son inconscient avait acc\u00e8s \u00e0 un potentiel magyque tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9. Marie avait donc une conscience de dormeuse, mais son inconscient usait de la magye \u00e0 un niveau tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. Le leader du projet DEVA avait donc voulu se servir de la fillette comme d'une nouvelle ressource \u00e9nerg\u00e9tique pour sa machine \u00e0 magye. Le syst\u00e8me DEVA avait \u00e9veill\u00e9 sa conscience de force, et tous ses fantasmes et ses peurs se r\u00e9alisent maintenant dans la r\u00e9alit\u00e9. Strasbourg, qui est totalement prise dans le rayon d'effet du syst\u00e8me DEVA resterait dans l'Umbra M\u00e9diane o\u00f9 se situait l'inconscient de Marie.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Christine serrait ses mains avec angoisse. Cette femme restait digne malgr\u00e9 ses pleurs et sa faiblesse physique. Ce que pouvait subir sa fille unique \u00e0 l'heure actuelle, elle en \u00e9tait responsable, mais elle pensait \u00e9galement aux cons\u00e9quences de ce changement de paradigme pour l'ensemble des habitants de la ville. Elle \u00e9tait \u00e9puis\u00e9e par ce long \u00e9change avec nous, cela se voyait \u00e0 la rougeur qui inondait \u00e0 nouveau ses joues. Ivan remonta ses oreillers et lui demanda de se recoucher. Christine se laissa faire docilement. Ivan borda son lit et nous demanda discr\u00e8tement de sortir de la chambre. Il \u00e9teignit peu apr\u00e8s et ferma la porte.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"center\">*<\/p>\r\n<p align=\"center\">* *<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Ivan se tourna vers l'\u00e9quipe. Son visage \u00e9tait \u00e0 nouveau tendu. \u00ab Vous comprenez maintenant o\u00f9 je veux en venir. Je cherche \u00e0 prot\u00e9ger la derni\u00e8re chance qui nous reste de retrouver notre terre originelle. Pour obtenir ce r\u00e9sultat, malheureusement, je ne pense pas qu'il y ait d'autre choix que d'affronter la SEBEC et de leur arracher Marie.\u00bb<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Une lueur de vengeance passa \u00e0 nouveau dans le regard de Carter.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">\u00ab - Que proposez-vous concr\u00e8tement ? lan\u00e7a Hisao.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">- Je vous propose de vous collocaliser aux abords de la SEBEC en me servant des souvenirs g\u00e9ographiques de Christine. J'ai suffisamment d'exp\u00e9rience dans cette sph\u00e8re pour vous transporter tous d'un coup, mais je ne pourrai pas vous accompagner. Acceptez-vous ?<\/p>\r\n<p align=\"justify\">- Il n'y a aucune raison d'h\u00e9siter ! \u00bb s'exclama Christophe.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Les jeunes mages ouvrirent \u00e0 nouveau la porte de la chambre de Christine pour p\u00e9n\u00e9trer cette fois-ci dans le premier sous-sol de la SEBEC. N'entendant aucun bruit, ils sortirent prudemment de leur placard \u00e0 balais et se rendirent compte que tous les couloirs de l'\u00e9tage, d'apparence banale, \u00e9taient vides. Les collaborateurs de Sardenia, devant sa folie grandissante, \u00e9taient all\u00e9s chercher refuge au Nouvel Ordre Mondial et s'appr\u00eataient \u00e0 lancer l'assaut, comme ils l'apprirent plus tard.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Sardenia n'avait pu emp\u00eacher ses hommes de partir, mais il avait gard\u00e9 le contr\u00f4le sur les moyens \u00e9lectroniques du b\u00e2timent : en particulier, des lasers mouvants sillonnaient les couloirs. Duncan et Christophe lanc\u00e8rent une routine qui permet de faire en sorte que l'\u00e9lectronique soit d\u00e9sactiv\u00e9 dans les sous-sol de l\u2018immeuble pendant une minute trente. Carter tenta d'utiliser l'ascenseur avec la carte de Randall Flint, toujours en fonction, malgr\u00e9 le d\u00e9lai \u00e9coul\u00e9 depuis le vol. L'ascenseur les conduisit jusqu'au sommet de la tour.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Deux pistes d'actions se pr\u00e9sentaient : trouver le syst\u00e8me DEVA ou trouver Sardenia. Unanimement, ils se dirig\u00e8rent vers le bureau de Sardenia, dans un couloir secondaire. Alors que Carter n'avait pas encore pos\u00e9 tous ses doigts sur la poign\u00e9e de la porte, Duncan lui murmura de s'en \u00e9loigner rapidement. Quelques secondes apr\u00e8s, deux Mark-6 et un homme appel\u00e9 Gabbace - l'homme sur les photos du journal -  r\u00e9duisaient en miette le panneau de bois \u00e9pais. Une voix ordonnait aux trois serviteurs d'ex\u00e9cuter les mages.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Un affrontement choatique d\u00e9buta. Gabbace avait derri\u00e8re la t\u00eate l'id\u00e9e d'en finir en premier avec les plus faibles, et s'attaqua donc \u00e0 Rhiannon, mais ses id\u00e9es furent d\u00e9finitivement stopp\u00e9es par Duncan qui lui pla\u00e7a une balle de revolver entre les deux yeux. Carter collocalisa d'un m\u00e8tre en arri\u00e8re un Mark-6 qui se tenait \u00e0 proximit\u00e9 de la fen\u00eatre, celui-ci se retrouva happ\u00e9 par le vide et s'\u00e9crasa vingt m\u00e8tres en dessous. Le second Mark, paniqu\u00e9 par ce qu'il venait de voir, fit feu sans discernement et blessa plusieurs membres de l'\u00e9quipe. Duncan lui lanca une bord\u00e9e de balles, puis un extincteur, que le Mark fit exploser en ripostant, ce qui le priva d'un bras. Rhiannon s'approcha alors de l'ennemi dans l'objectif de l'\u00e9lectrocuter. Mais le soldat l'attrapa \u00e0 la gorge, elle n'eut plus d'autre choix que d'\u00e9lectrocuter le soldat en m\u00eame temps qu'elle, en le saisissant par le moignon qui lui servait de bras gauche. Rhiannon et le Mark s'\u00e9croul\u00e8rent en m\u00eame temps sur le sol souill\u00e9 du bureau de la secr\u00e9taire de direction.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Les membres encore valides de l'\u00e9quipe se ru\u00e8rent dans le bureau du patron, vide. Mais ils constat\u00e8rent qu'un petit ascenseur se logeait derri\u00e8re une des biblioth\u00e8ques et l'emprunt\u00e8rent. Ils se retrouv\u00e8rent au 8\u00e8 sous-sol des locaux de la SEBEC. Il n'y avait d'une immense salle, aux murs de roche brute, mais encombr\u00e9e de terminaux \u00e9lectroniques et d'appareils de mesure de toutes sortes. En son milieu se tenait un gigantesque pilier, dans lequel \u00e9tait encastr\u00e9 une cuve oblongue en verre, o\u00f9 l'on voyait distinctement flotter une silhouette. Et Sardenia, juste devant.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Sardenia, dans toute sa folie, plein de morgue et de revanche contre ces hommes qui ne l'ont pas reconnu \u00e0 sa juste valeur, incapables de distinguer et de reconna\u00eetre les grands esprits... DUncan essaya de rentrer dans son jeu, tandis que Carter passait hors de son champ de vision. Mais au milieu de leur manoeuvre se produisit un \u00e9v\u00e9nement incroyable ; un Homme v\u00eatu de noir sortit d'un ... trou dans le sol, ouvert sur le n\u00e9ant et d'o\u00f9 des flammes bleu\u00e2tres giclaient. Il attrapa sans m\u00e9nagement le G\u00e9nie et le jeta litt\u00e9ralement dans ce trou, sans que les co\u00e9quipiers aient pu faire quoi que ce soit. Puis, il appuya sur quelques poussoirs du tableau de bord incrust\u00e9 dans le pilier et sauta dans son trou.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">Le syst\u00e8me DEVA vrombit, pouss\u00e9 \u00e0 plein r\u00e9gime. Des sifflements stridents et de plus en plus insupportables sortaient des appareils et les couleurs sombr\u00e8rent lentement dans un nuage de blanc \u00e9clatant qui innonda toute la pi\u00e8ce et toute la ville.<\/p>\r\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\r\n<p align=\"justify\">F I N   D U   S C E N A R I O   C O M P L A I N T E   D E   F A U S T<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 1 : Kopasek &nbsp; Les DNA de ce 4 novembre 1997 titraient en page faits divers : \u00ab Disparition inqui\u00e9tante d&#8217;un honorable professeur de l&#8217;Universit\u00e9 \u00bb, tout en laissant ouverte la piste d&#8217;un crime crapuleux ou d&#8217;un scandale de m\u0153urs (il faut bien vivre), et cette nouvelle traumatisait la communaut\u00e9 magyque de Strasbourg : [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"parent":10,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-13","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/13","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/13\/revisions"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/10"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}