{"id":61,"date":"2007-08-28T13:38:08","date_gmt":"2007-08-28T18:38:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/lintrigue\/la-pierre-de-lange\/genesis"},"modified":"2008-09-05T07:19:24","modified_gmt":"2008-09-05T05:19:24","slug":"genesis","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/lintrigue\/la-pierre-de-lange\/genesis","title":{"rendered":"Genesis"},"content":{"rendered":"<em>Carnet de bord d'Anna Delay<\/em>\r\n<h4><em>29 d\u00e9cembre 1997\r\nBack in Strasbourg<\/em><\/h4>\r\nEuh\u2026\r\n\r\nJe crois que j\u2019ai un petit probl\u00e8me.\r\n\r\nC\u2019est-\u00e0-dire que je ne sais pas trop par o\u00f9 commencer.\r\n\r\nC\u2019est en grande partie parce que cela fait maintenant trois semaines que j\u2019ai regagn\u00e9 mes p\u00e9nates strasbourgeoises, et que ma petite escapade \u00e0 Doissetep me para\u00eet \u00e0 la fois tr\u00e8s tangible et tr\u00e8s lointaine. Je suis en train de me demander ce qui a bien pu me prendre de commencer \u00e0 \u00e9crire ainsi mes m\u00e9moires ; mais tant d\u2019\u00e9v\u00e9nements sont d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9s en l\u2019espace de quelques mois \u00e0 peine\u2026 et quelque chose me dit que ce n\u2019est pas pr\u00e8s de se terminer. Quand Hugo disait en rigolant qu\u2019\u00eatre mage, c\u2019est se pr\u00e9parer \u00e0 un tas d\u2019emmerdes, il aurait pu me dire que ce n\u2019\u00e9tait pas une plaisanterie.\r\n\r\nEnfin\u2026 Gardons une chronologie \u00e0 peu pr\u00e8s stable. Ou alors, je vais m\u2019embrouiller avant m\u00eame d\u2019avoir vraiment commenc\u00e9\u2026\r\n<p align=\"center\">***<\/p>\r\n\r\nCet instant devait rester grav\u00e9 dans ma m\u00e9moire pour longtemps encore. Quel instant ? Tout simplement celui o\u00f9 s\u2019est offert \u00e0 mon regard la salle d\u2019interrogatoire d\u00e9vast\u00e9e, qui n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019un r\u00e9sidu de ce qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 avant que la\u2026 <em>chose <\/em>qui avait poss\u00e9d\u00e9 Daniel ne d\u00e9cide de venir dire un petit bonjour \u00e0 Ma\u00eetre Porthos. Tout y \u00e9tait calcin\u00e9, les murs au m\u00eame titre que les restes de meubles \u00e0 fines dorures et incrustations. Une sensation lourde y planait, comme si quelque chose d\u2019extr\u00eamement puissant y avait viol\u00e9 toute une s\u00e9rie d\u2019anciennes lois, des lois solides de l\u2019univers. En fait, l\u2019endroit paraissait presque <em>maudit<\/em>. Mais pour ce qui \u00e9tait de ses occupants, \u00e0 part quelques Fortunae et Quaesitors assez salement amoch\u00e9s, tous \u00e9taient sains et saufs. Tous, sauf Daniel.\r\n\r\nTrois Herm\u00e9tistes emmen\u00e8rent rapidement notre ami dans ce qui devait faire office de service \u00ab Soins Intensifs \u00bb \u00e0 Doissetep ; mais impossible d\u2019en savoir plus \u00e0 son sujet. Z\u00e9phyr \u00e9tait rest\u00e9 tr\u00e8s \u00e9vasif quant \u00e0 son \u00e9tat, se contentant de nous confier que les chances pour que Daniel nous revienne avec une mentalit\u00e9 stable \u00e9taient tr\u00e8s faibles. Tout \u00e7a parce qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 poss\u00e9d\u00e9 par - je cite \u2013 <em>\u00ab quelque chose qui aurait normalement d\u00fb r\u00e9duire son \u00e2me en charpie \u00bb<\/em>. Si je n\u2019avais encore \u00e9t\u00e9 un peu sonn\u00e9e \u00e0 ce moment, rapport \u00e0 l\u2019onde de choc que je m\u2019\u00e9tais prise en pleine figure quelques minutes avant, je crois que je l\u2019aurais \u00e9trip\u00e9 sur place. Ce n\u2019est que quelques heures avant notre d\u00e9part de la Fondation, trois jours plus tard, qu\u2019on nous a fait transmettre que Daniel \u00e9tait sauv\u00e9, mais dans un grave \u00e9tat de confusion mentale. Rien que de tr\u00e8s encourageant, quoi.\r\n\r\nUne nouvelle assez \u00e9tonnante, rendue publique dans les heures ayant suivi \u00ab l\u2019accident \u00bb, a frapp\u00e9 de stupeur tous les anciens de Doissetep : apr\u00e8s plus de quatre-cent soixante-quinze ans de monopole sur le pouvoir au sein de la Fondation, le Tytalus Porthos d\u00e9cidait tout bonnement de se retirer et de quitter les siens, nommant de plus comme successeur Hortemone, son principal adversaire politique - Hortemone qui lui-m\u00eame semblait, \u00e0 ce qu\u2019on m\u2019a dit, ne pas en revenir. Quelques heures plus tard, Porthos quittait Doissetep en compagnie de quelque Tytali proches de lui et d\u2019Umib\u00f4shi, suivis le lendemain par le tr\u00e8s myst\u00e9rieux Caeron. Ce qui fit dire \u00e0 Philippe : <em>\u00ab Pourquoi est-ce qu\u2019un gars aussi bal\u00e8ze que lui s\u2019emmerde \u00e0 jouer les larbins ? \u00bb<\/em> J\u2019ai beau \u00eatre une mage des Traditions, l\u00e0, je n\u2019ai pas trop su quoi lui r\u00e9pondre, parce que je n\u2019y comprenais rien, pas plus qu\u2019Ez\u00e9chiel, qui devait vraiment se demander sur quelle bande de dingues porte-poisse il \u00e9tait tomb\u00e9.\r\n\r\nBien entendu, avec deux des Grands Th\u00e9urges qui se faisaient la malle, le Conseil des Neuf a \u00e9t\u00e9 ajourn\u00e9, et les charmants petites mages strasbourgeois encore sur pied dispens\u00e9s d\u2019interrogatoire. Rapha\u00ebl \u00e9tait un peu vex\u00e9 ; il faut dire que Curtius, apr\u00e8s son agression, l\u2019avait d\u00e9sign\u00e9 comme son rempla\u00e7ant dans le r\u00f4le de Th\u00e9urge, et l\u2019annulation de la Grande R\u00e9union Magyque\u2122, \u00e7\u2019 a \u00e9t\u00e9 pour lui le double effet Kiss-Cool, si vous voyez ce que je veux dire.\r\n\r\nL\u2019autre nouvelle qui m\u2019a le plus stup\u00e9fi\u00e9e, et sacr\u00e9ment mise en rogne, a \u00e9t\u00e9 le d\u00e9part d\u2019Hugo. Je pensais qu\u2019au vu de la fa\u00e7on dont notre conversation t\u00e9l\u00e9phonique avait \u00e9t\u00e9 coup\u00e9e, il se serait d\u00e9brouill\u00e9 pour venir aux nouvelles. En fait, impossible d\u2019avoir vraiment des contacts avec lui durant ces trois jours ; il avait fort \u00e0 faire avec Diamonda, la donzelle ne devant pas \u00eatre d\u2019un caract\u00e8re des plus faciles, et je n\u2019arrivais jamais \u00e0 lui mettre le main dessus. La veille de notre d\u00e9part, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 souffl\u00e9e en me pointant \u00e0 l\u2019ambassade des AV : pas de Vecteur Hugo dans les parages, mais un simple petit mot scotch\u00e9 sur l\u2019ordinateur principal de la salle : <em>\u00ab Pas pu attendre. Ai suivi Diamonda au Crystal Palace. D\u00e9sol\u00e9. V.H. \u00bb<\/em> Et moi, moi, j\u2019\u00e9tais l\u00e0 comme une conne avec ce mis\u00e9rable bout de papier en main. Les Euthanatos de l\u2019ambassade d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 m\u2019ont entendue temp\u00eater et traiter Hugo de cr\u00e9tin dans tout le couloir alors que je regagnais la pi\u00e8ce o\u00f9 j\u2019avais laiss\u00e9 Philippe, Ez\u00e9chiel et Rapha\u00ebl. Mais je m'en foutais royalement. En plus de \u00e7a, pas moyen d\u2019utiliser correctement mon Trinit\u00e9 dans ce foutu paradigme Herm\u00e9tiste, pas de vraies nouvelles de Daniel, encore moins de nouvelles de Carter qui semblait s\u2019\u00eatre \u00e9vapor\u00e9 dans la nature, et bien s\u00fbr pas de contacts avec Audrinn. Tout pour me mettre de bonne humeur.\r\n\r\nC\u2019est peut-\u00eatre notre attitude \u00e0 la fois morose, nerveuse et chiante - parce qu\u2019on \u00e9tait chiants avec ces <em>pauvres <\/em>Herm\u00e9tistes, \u00e0 toujours poser des questions concernant l\u2019\u00e9tat de nos amis, \u00e0 fouiner partout dans leur Fondation pour \u00e9viter de nous tourner les pouces, et \u00e0 raconter des vannes d\u00e9biles pour passer le temps - qui a pouss\u00e9 les hautes autorit\u00e9s de Doissetep \u00e0 nous faire aimablement savoir que la Salle des Mille Mondes \u00e9tait \u00e0 nouveau utilisable, et que nous pouvions d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent l\u2019emprunter pour retourner chez nous. Ni une ni deux, aucun de nous n\u2019a vraiment h\u00e9sit\u00e9 ; et pour leur faire plaisir, nous avons m\u00eame d\u00e9cid\u00e9 de partir tous les quatre ensemble, puisque visiblement personne ne nous en dirait plus sur Daniel et Carter. Bref, apr\u00e8s un rapide passage dans leur fameuse Salle pour une Colocalisation-express, nous nous sommes retrouv\u00e9s dans l\u2019une des ruelles jouxtant la place des Halles, le 29 d\u00e9cembre 1997 \u00e0 20h06 tr\u00e8s pr\u00e9cises, par une soir\u00e9e neigeuse o\u00f9 la bruine ne cessait de le disputer au vent. Retour dans notre r\u00e9alit\u00e9 quotidienne, avec juste un peu plus d\u2019un mois de retard.\r\n\r\nApr\u00e8s un rapide \u00e9change d\u2019adresses et de num\u00e9ros de t\u00e9l\u00e9phone (je n\u2019avais jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent que ceux de Philippe), j\u2019ai quitt\u00e9 mes nouveaux camarades pour retrouver mon cher et tendre appartement - quel bol : quand je pense \u00e0 Ez\u00e9chiel qui n\u2019avait pas de bus direct pour rejoindre son chez-lui, \u00e0 Philippe qui venait de rater le sien, et \u00e0 Rapha\u00ebl qui n\u2019avait d\u2019autre choix que de rentrer \u00e0 pinces parce qu\u2019il n\u2019y a pas de ligne pr\u00e8s du s\u00e9minaire ! J\u2019\u00e9tais assez heureuse que tout cela se soit calm\u00e9, heureuse d\u2019\u00eatre de retour dans un paradigme si proche du mien ; mais en m\u00eame temps, je sentais comme une sorte de malaise qui naissait en moi\u2026 comme si cette ville \u00e9tait une maison qui m\u2019appartenait, mais qui aurait \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e depuis des dizaines d\u2019ann\u00e9es, et dans laquelle je ne me reconnaissais plus. C\u2019est cela : je ne me reconnaissais plus dans ce Strasbourg qui semblait un peu mort et d\u00e9sol\u00e9. Peut-\u00eatre n\u2019\u00e9tait ce pas seulement la ville, mais quelque chose d\u2019autre encore\u2026 Pas moyen de le savoir. Et pas non plus le genre de pens\u00e9es que j\u2019ai en temps normal. Je crois que je me sentais d\u00e9\u00e7ue, un peu abandonn\u00e9e ; je m\u2019attendais \u00e0 tellement plus de la part d\u2019Hugo, aussi.\r\n\r\nUne bonne grosse pile de courrier m\u2019est tomb\u00e9e sur les pieds quand j\u2019ai ouvert ma bo\u00eete aux lettres. Cartes de v\u0153ux, lettres, quatre exemplaires du MASS, quelques prospectus et factures. Heureusement que je ne suis pas abonn\u00e9e \u00e0 <em>L\u2019Alsace<\/em>, le facteur n\u2019aurait plus su o\u00f9 mettre tous les num\u00e9ros du mois qui venait de passer ! Arriv\u00e9e devant ma porte au quatri\u00e8me, une autre sensation, tr\u00e8s perturbante, m\u2019envahit ; une sensation qui m\u2019a fait poser mon courrier contre le mur pour \u00eatre s\u00fbre que je ne r\u00eavais pas. L\u2019impression de voir \u00e0 mes pieds une marche, en lieu et place de mon couloir, une marche et plusieurs paires de chaussures align\u00e9es, suivies d\u2019un corridor clair agr\u00e9ment\u00e9 de quelques tableaux de go\u00fbt, le tout d\u2019inspiration plut\u00f4t orientale.\r\n\r\nMais non. Je n\u2019\u00e9tais pas l\u2019Anna Delay de la Terre-Miroir, la consultante de Guido Sardenia ; j\u2019\u00e9tais moi, et je rentrais chez moi, \u00e0 Strasbourg, retrouver ma vie d\u2019\u00e9tudiante, mes partiels qui suivraient imm\u00e9diatement les vacances, les repas pris en trombe au RU de l\u2019Esplanade et les gentils reproches de mes parents qui voudraient sans doute bien savoir ce que j\u2019\u00e9tais all\u00e9e faire en Hollande durant tout un mois, pourquoi je n\u2019avais m\u00eame pas fait de photos, et surtout pourquoi je n\u2019avais pas appel\u00e9.\r\n\r\nJ\u2019ai allum\u00e9 la lumi\u00e8re, laiss\u00e9 tomber mon sac dans le couloir. Rien n\u2019avait chang\u00e9, rien, sinon la couche de poussi\u00e8re et la perspective du grand m\u00e9nage qui allait avec. Dans mon bureau, les quatre ordinateurs que je remis en route semblaient ne pas s\u2019\u00eatre rendus compte de tout ce temps pass\u00e9 - ce qui n\u2019\u00e9tait pas le cas du frigo : quand je voulus chercher un petit quelque chose \u00e0 grignoter, je fus frapp\u00e9e par le nombre de produits \u00e0 jeter, entre les yaourts p\u00e9rim\u00e9s, la salade \u00e0 demi moisie et le lait qui avait depuis longtemps tourn\u00e9. Un tour au BHV s\u2019imposait ; mais certainement pas ce soir. Sur le r\u00e9pondeur, plusieurs messages \u2013 <em>\u00ab Qu\u2019est-ce que tu fous, t\u2019es pas venue en cours depuis deux semaines ! \u00bb<\/em> Un charmant coup de t\u00e9l\u00e9phone de Laurent, aussi gouailleur qu\u2019\u00e0 son habitude. Et un appel un peu plus tendu de papa, qui datait d\u2019avant que Vecteur Hugo ne r\u00e8gle l\u2019affaire avec eux.\r\n\r\nTout \u00e9tait calme, trop calme, un silence dont je n\u2019avais plus l\u2019habitude. Je glissai dans mon lecteur CD un album d\u2019IQ, le premier qui me tomba sous la main, et commen\u00e7ai \u00e0 faire un peu de tri dans les fichiers de mes PC, pour passer le temps, surtout pour m\u2019occuper l\u2019esprit, en fait. Ca ne dura pas longtemps : il \u00e9tait \u00e0 peine 20h30 lorsque le t\u00e9l\u00e9phone sonna. Un Philippe Nerval un peu las, un peu tristounet, qui venait de se rendre <em>vraiment <\/em>compte combien la vie sans Janus pouvait \u00eatre fade. Et qui me rappela, par le ton de sa voix, que la vie sans Audrinn l\u2019\u00e9tait tout autant. Je lui dis de passer ce soir encore ; et d\u2019utiliser cette fois l\u2019interphone, <em>private joke<\/em> datant de l\u2019\u00e9poque de notre premi\u00e8re rencontre qui lui arracha un rire pas aussi chaleureux qu\u2019\u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e. Je crois que pour lui, vivre sans Janus aurait \u00e9t\u00e9 impossible ; je crois aussi que comme moi, il n\u2019avait pas trop envie de rester seul.\r\n\r\nR\u00e9sultat direct : apr\u00e8s encore quelques minutes de glande devant mes PC, \u00e0 me demander <em>comment <\/em>nous allions nous y prendre, en fait, pour essayer de tirer Janus de la Toile, je d\u00e9cidai de passer un bon coup d\u2019aspirateur, histoire de ne pas accueillir Philippe dans la poussi\u00e8re. Puis je d\u00e9piautai consciencieusement mon courrier. Factures EDF, GDF et T\u00e9l\u00e9com - pas aussi remplies que d\u2019habitude, parce qu\u2019en un mois d\u2019absence, on ne consomme pas des masses. Des prospectus, le genre de pi\u00e8ges \u00e0 cons qui font croire aux gens qu\u2019ils ont gagn\u00e9 un tas de fric, le genre de paperasse que je balance tr\u00e8s vite au vide-ordures. Des cartes de v\u0153ux, celles de la famille, bien s\u00fbr, avec la signature un peu s\u00e8che de Camille et les <em>condol\u00e9ances <\/em>de Laurent (c\u2019est une de ses vannes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es) ; le bonjour d\u2019Aur\u00e9lie partie aux sports d\u2019hiver ; et une carte de Dominique, qui bronzait peinard \u00e0 la Martinique, et qui m\u2019a fait penser avec un petit sourire ironique que <em>moi<\/em>, j\u2019avais fait bien mieux : j\u2019avais pass\u00e9 une semaine sur Mercure ! En tous cas, j\u2019allais avoir du boulot pour r\u00e9pondre \u00e0 tout cela. Et puis je me rendis compte que \u00e7a sonnait \u00e0 la porte, et qu\u2019il fallait peut-\u00eatre que j\u2019ouvre \u00e0 Philippe qui poireautait sous le porche, dans le froid et la neige.\r\n\r\n<!--nextpage-->\r\n\r\nIl avait emmen\u00e9 avec lui une bouteille de porto, <em>\u00ab au cas o\u00f9 on aurait besoin d\u2019un petit remontant \u00bb<\/em> , et d\u00e9clina mon offre de manger un morceau avant de se mettre au boulot, sous pr\u00e9texte qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 achet\u00e9 quelque chose en cours de route. Maintenant qu\u2019il \u00e9tait l\u00e0, je sentais un subtil changement dans l\u2019atmosph\u00e8re ; j\u2019\u00e9tais subitement comme soulag\u00e9e, et au vu de son air, ce devait aussi \u00eatre le cas. Je craignais au fond de moi qu\u2019une fois toute l\u2019histoire termin\u00e9e, je redevienne l\u2019Anna Delay de tous les jours, que les autres mages que j\u2019avais rencontr\u00e9s ce dernier mois ne s\u2019en aillent de ma vie. Mais Philippe \u00e9tait l\u00e0. Ou alors, c\u2019\u00e9tait juste parce qu\u2019il avait besoin de moi pour retrouver Janus. J\u2019en doutais. Je ne voulais pas y croire. Et la sensation d\u2019abandon revint, en m\u00eame temps qu\u2019une bouff\u00e9e de col\u00e8re envers Hugo. Pourquoi ne m\u2019avait-il pas attendue ? <em>Lui<\/em>, il aurait certainement pu me donner quelques conseils, pour qu\u2019on \u00e9vite de ramener Janus en petits morceaux, si tant est qu\u2019on p\u00fbt le ramener. Je ravalai mon coup de gueule de justesse ; inutile d\u2019inqui\u00e9ter Philippe pour rien.\r\n\r\nJe lui dis de s\u2019installer avec moi dans mon bureau, mon petit Sanctuaire personnel, pour ne pas qu\u2019on se fasse trop remarquer d\u2019une part, mais aussi parce que je me doutais bien qu\u2019on allait avoir besoin de quelques Routines plus ou moins magyques pour effectuer notre chasse au Janus. Philippe ne cessait de se tortiller sur sa chaise, impatient, mais je voulais d\u2019abord remettre la main sur Audrinn, pour voir s\u2019il allait bien et si les deux Avatars arpentaient toujours ensemble la Toile Num\u00e9rique. Je pris mon Trinit\u00e9 \u2013 et passai les trois quart d\u2019heures suivants \u00e0 m\u2019acharner sur lui pour effectuer un d\u00e9buggage maison ; depuis que le cyborg d\u2019Ezechiel m\u2019y avait balanc\u00e9 ce foutu virus, mon portable me semblait avoir quand m\u00eame l\u00e9g\u00e8rement souffert, et les routines et programmes se mettaient en place avec une lenteur qui m'exasp\u00e9rait. Pour ce qui allait suivre, la moindre seconde de retard pouvait \u00eatre fatale, et je ne tenais pas \u00e0 me retrouver au finish avec de la pur\u00e9e d\u2019Avatar sur les bras. Bien s\u00fbr, Philippe ne comprenait pas pourquoi nous ne commencions pas tout de suite notre recherche. J\u2019oubliais. Je lui expliquai en quelques mots ce que j\u2019\u00e9tais en train de faire, tout en achevant la v\u00e9rification de mes fichiers. Le virus ne paraissait pas avoir provoqu\u00e9 d\u2019autres probl\u00e8mes, mais j\u2019avais toujours cette impression que mon Trinit\u00e9 ne marchait pas tout \u00e0 fait aussi rapidement qu\u2019avant. C\u2019\u00e9tait clair, il faudrait que je fasse une rev\u00e9rification approfondie par la suite.\r\n\r\nToujours sous le regard curieux de Philippe, qui depuis un bon bout de temps me regardait taper sur mon clavier, j\u2019effectuai une rapide routine pour acc\u00e9der au Net et joindre Audrinn. Comme je m\u2019y attendais, il n\u2019\u00e9tait pas dans mon site, ce qui ne me rassurait pas : il devait encore avoir les Chiens d\u2019Enfer aux fesses, m\u00eame apr\u00e8s trois jours. Je lan\u00e7ai alors le programme qui me permettait d\u2019appeler Audrinn \u00e0 travers le R\u00e9seau \u2013 un appel rapide, passant pour quasi-silencieux au regard des araign\u00e9es du Web. La trace de mon Avatar \u00e9tait assez t\u00e9nue, et j\u2019eus un peu de mal \u00e0 la retrouver et \u00e0 la remonter. D\u2019apr\u00e8s ce que je pus constater, Audrinn se baladait plus ou moins aux alentours des No Man\u2019s Lands ; comme je le fis remarquer \u00e0 l\u2019adresse de Philippe, qui me demandait ce que j\u2019\u00e9tais en train de trafiquer <em>maintenant<\/em>, on avait tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 faire gaffe ; c\u2019aurait \u00e9t\u00e9 vraiment b\u00eate de d\u00e9clencher l\u2019alarme et faire rep\u00e9rer mon Avatar, si effectivement les Chiens le coursaient toujours. Au vu de la faible trace qu\u2019il avait laiss\u00e9e, je me doutais bien qu\u2019il \u00e9tait dans cette situation.\r\n\r\n\u00ab Bon, alors, tu m\u2019as toujours pas dit comment on va sortir Janus de l\u00e0 ! \u00bb dit Philippe en se tournant vers moi. \u00ab J\u2019esp\u00e8re au moins que t\u2019as une id\u00e9e\u2026\r\n\r\n- Plus ou moins \u00bb, r\u00e9pondis-je avec un l\u00e9ger soupir, les yeux riv\u00e9s sur mon \u00e9cran et sur le paysage gris qui s\u2019\u00e9tendait derri\u00e8re lui \u2013 le paysage de la Toile. Philippe me regarda d\u2019un air pas tr\u00e8s rassur\u00e9, et je me h\u00e2tai de reprendre : \u00ab Je te rappelle que c\u2019est la premi\u00e8re fois que j\u2019essaie de sortir un Avatar de la Toile ! Mais t\u2019inqui\u00e8tes pas, \u00e0 nous deux, on y arrivera !\r\n\r\n- T\u2019es s\u00fbre ?\r\n\r\n- Certaine ! \u00bb\r\n\r\nC\u2019\u00e9tait un honteux mensonge, je ne savais pas du tout comment j\u2019allais m\u2019y prendre \u2013 Hugo, esp\u00e8ce de cr\u00e9tin, pourquoi t\u2019\u00e9tais pas l\u00e0 ! Mais inutile de passer pour une incapable aux yeux de Philippe, et de l\u2019angoisser inutilement. Et bizarrement, au cours des secondes qui suivirent, je me rendis compte que je croyais <em>vraiment <\/em>\u00e0 ce que je venais de dire. J\u2019\u00e9tais comme galvanis\u00e9e ; ce travail sur mon Trinit\u00e9, je m\u2019en apercevais mieux maintenant, c\u2019\u00e9tait comme si je reprenais go\u00fbt \u00e0 la vie. Tout cela m\u2019avait tellement manqu\u00e9, \u00e0 Doissetep. Tellement manqu\u00e9.\r\n\r\nTandis que je me rapprochais de l\u2019endroit o\u00f9 devait se trouver Audrinn, je sentis comme une pr\u00e9sence g\u00e9n\u00e9rale, dans la Toile, une pr\u00e9sence qui parut prendre \u00e9galement conscience de ma pr\u00e9sence. Si elle venait \u00e0 remonter jusqu\u2019\u00e0 mon site, ce pourrait \u00eatre dangereux ; mais je n\u2019avais pas peur, au contraire, et c\u2019est bien plut\u00f4t une bouff\u00e9e d\u2019excitation qui monta soudainement en moi. Contre des Archimages Herm\u00e9tistes et des Maraudeurs surpuissants, je ne pouvais pas faire grand\u2019chose ; alors que <em>l\u00e0<\/em>, j\u2019\u00e9tais v\u00e9ritablement dans mon \u00e9l\u00e9ment. Le jeu allait pouvoir commencer.\r\n\r\nJe lan\u00e7ai mes routines, et un programme que j\u2019avais r\u00e9cemment mis au point sous le nom de Doppelganger et qui cr\u00e9erait un clone de moi-m\u00eame, clone que je m\u2019empresserais de balancer ensuite dans la Toile pour semer l\u2019individu qui m\u2019observait. C\u2019\u00e9tait en fait la premi\u00e8re fois que j\u2019avais l\u2019occasion d\u2019essayer ce programme, ce qui ne l\u2019emp\u00eacha pas de fonctionner sans aucun probl\u00e8me. Un fin sourire monta \u00e0 mes l\u00e8vres : apr\u00e8s quelques longues secondes, l\u2019\u00e9trange pr\u00e9sence \u2013 sans doute le Chien de Garde \u2013 se mit \u00e0 la poursuite de la routine. Pris au pi\u00e8ge. Le temps qu\u2019il s\u2019en aper\u00e7oive, je serais d\u00e9j\u00e0 dans l\u2019endroit qu\u2019il semblait surveiller.\r\n\r\n\u00ab C\u2019est un leurre que tu viens de faire ? \u00bb demanda Philippe, qui avait tout de m\u00eame l\u2019air de s\u2019y entendre en mati\u00e8re d\u2019informatique.\r\n\r\n- Exact ! \u00bb annon\u00e7ai-je, le sourire toujours aux l\u00e8vres. \u00ab Et on dirait bien que Monsieur s\u2019est fait avoir\u2026 \u00bb\r\n\r\nJe parvins \u00e0 l\u2019endroit que gardait \u00ab Monsieur \u00bb : un site temporaire, une bulle de donn\u00e9es, tout juste \u00e0  quelques \u00ab m\u00e8tres-donn\u00e9es \u00bb du No Man\u2019s Land. J\u2019avais bien entendu pris soin de passer derri\u00e8re moi ma balayette virtuelle, afin d\u2019effacer les traces d\u2019Audrinn - comme \u00e7a, le chien ne les retrouverait pas en revenant sur ses pas. Restaient les miennes, d\u2019accord ; mais \u00e7a, \u00e0 moins de me d\u00e9connecter, c\u2019\u00e9tait pas \u00e9vident \u00e0 faire, et je n\u2019avais pas trop le temps de fignoler non plus. Mon site entra en contact avec la bulle de donn\u00e9es, et je lan\u00e7ai l\u2019un des petits codes que j\u2019avais mis au point avec Audrinn, une sorte de s\u00e9same ; si c\u2019\u00e9tait bien mon Avatar qui se trouvait l\u00e0-dedans, il le reconna\u00eetrait, et me laisserait entrer.\r\n\r\nBingo. Quelques secondes \u00e0 peine s\u2019\u00e9coul\u00e8rent avant que les chiffres et les lettres m\u00eal\u00e9s composant le mur de donn\u00e9es ne s\u2019effacent en un endroit. C\u2019\u00e9tait bien Audrinn.\r\n\r\nQUI EST LA ? demanda-t-il, et les mots s\u2019affich\u00e8rent sur mon \u00e9cran.\r\n\r\n<em>C\u2019est moi<\/em>, r\u00e9pondis-je simplement, pour ne rien d\u00e9voiler \u00e0 de potentielles oreilles indiscr\u00e8tes. Et je rajoutai ce petit signe: :o)\r\n\r\nAudrinn comprit.\r\n\r\nALORS, COMMENT CA VA CHEZ TOI ? CA FAISAIT LONGTEMPS\u2026\r\n\r\n<em>Je sais. Je commen\u00e7ais \u00e0 m\u2019inqui\u00e9ter. C\u2019est pour \u00e7a que je suis l\u00e0.<\/em>\r\n\r\nCOOL ! TU NE M\u2019AS PAS OUBLIE, C\u2019EST DEJA CA ! fit Audrinn en r\u00e9ponse. Ca n\u2019avait pas d\u00fb \u00eatre marrant pour lui, de se morfondre l\u00e0-dedans pendant trois jours. Mais je le connaissais suffisamment pour savoir que c\u2019\u00e9tait du sarcasme, et pas un reproche.\r\n\r\n<em>Tu sais bien que je ne t\u2019aurais pas laiss\u00e9 tomber. Je tiens \u00e0 toi, au cas o\u00f9 tu ne le saurais pas ! On a quelques minutes de calme devant nous, j\u2019ai balanc\u00e9 mon double. Mais dis-moi un truc, c\u2019est quoi exactement qui te collait au train ?<\/em>\r\n\r\nLE CHIEN DE GARDE ? UN PROGRAMME DE DESTRUCTION, ET TOUT A FAIT PARTICULIER ! T\u2019AURAIS PU ME PREVENIR QUE C\u2019ETAIT UN ENDROIT CHAUD OU TU M\u2019ENVOYAIS !\r\n\r\n<em>T\u2019envoyer, t\u2019es gentil ! C\u2019est toi qui m\u2019as demand\u00e9 si tu pouvais faire quelque chose pour moi !<\/em>\r\n\r\nOUI. BON. ENFIN, C\u2019EST CLAIR, SI JE REVIENS TRAINER DU COTE DES FICHIERS DE LA WARDEN, JE ME FERAI FICHER A COUP SUR. SANS MAUVAIS JEU DE MOTS. MEFIE-TOI, CE NE SONT PAS DES PETITS JOUEURS\u2026\r\n\r\n\u00ab Et Janus ? \u00bb souffla Philippe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi. \u00ab Demande-lui si Janus est encore avec lui\u2026\r\n\r\n- T\u2019inqui\u00e8te, j\u2019y venais. On parie que oui ? \u00bb\r\n\r\n<em>Au fait, Audrinn, j\u2019ai Philippe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi\u2026 Tu devines la suite ?<\/em>\r\n\r\nLA SUITE ? TU PARLES QUE JE LA DEVINE ! CA FAIT TRENTE-SIX HEURES QUE SON JANUS ME TAPE SUR LES NERFS, OUI ! ALORS CE SERAIT SYMPA SI VOUS POUVIEZ LE SORTIR DE LA ! D\u2019AILLEURS\u2026 - OUI, JE SAIS, TU VEUX CAUSER A PHILIPPE, ARRETE DE TREPIGNER COMME CA ! - ECOUTE, ANNA, J\u2019AI LE JANUS EN QUESTION QUI VEUT PARLER A TON COPAIN\u2026\r\n\r\n<em>Ca tombe bien, je crois que lui aussi\u2026<\/em>\r\n\r\nJe passai le Trinit\u00e9 \u00e0 Philippe, qui s\u2019empressa d\u2019entamer avec avidit\u00e9 la conversation avec son Avatar. Audrinn restait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 \u2013 et ses petites remarques aussi, comme je pus m\u2019en rendre compte.\r\n\r\n<em>PHILIPPE ? ? ?<\/em>\r\n\r\nCet unique mot s\u2019afficha sur l\u2019\u00e9cran , de mani\u00e8re un peu h\u00e9sitante. Et Philippe de r\u00e9pondre dans la seconde qui suivait, bien \u00e9videmment. Moi, j\u2019\u00e9tais derri\u00e8re lui, et je ne perdais pas une miette de ce qu\u2019ils se racontaient. On ne se refait pas, comme on dit.\r\n\r\n<em>JE SUIS CONTENT QUE TU SOIS LA !<\/em> reprit Janus. <em>PARCE QUE JE VEUX PAS DIRE, MAIS LE NEUNEU A COTE DE MOI, JE COMPRENDS RIEN A CE QU\u2019IL RACONTE !<\/em>\r\n\r\n(NEUNEU ? intervint Audrinn dans le coin de l\u2019\u00e9cran. QUI C\u2019EST, LE NEUNEU ? ET QUI C\u2019EST QUI A CONSTRUIT CETTE BASE DE DONNEES, BATARD ?)\r\n\r\n<em>Euh, Janus, \u00e0 ta place je parlerais pas trop, parce qu\u2019Audrinn, c\u2019est un peu l\u2019Avatar d\u2019Anna, si tu vois ce que je veux dire\u2026<\/em>\r\n\r\n<em>QUOI ? CE MACHIN-LA, C\u2019EST SON AVATAR ?<\/em>\r\n\r\n(OH, TU POURRAIS ETRE POLI, JANUS ! \u00ab MACHIN \u00bb, ET PUIS QUOI ENCORE ! )\r\n\r\nEt ainsi de suite. Ces deux-l\u00e0, c\u2019\u00e9tait vraiment pas facile\u2026\r\n\r\nDe la conversation \u00e0 quatre que nous e\u00fbmes ensuite pas Trinit\u00e9 interpos\u00e9, il apparut que Janus ne savait pas comment il \u00e9tait entr\u00e9 dans la Toile, apr\u00e8s son passage par le Miroir des Mondes. Audrinn l\u2019avait trouv\u00e9 dans l\u2019Hexagone, alors qu\u2019il se baladait dans la chat-zone de Neuilly, non loin de la colonne de donn\u00e9es de Versailles. Ca, \u00e7a ne m\u2019arrangeait pas : le faire sortir alors qu\u2019on ne savait m\u00eame pas comment il \u00e9tait entr\u00e9, bonjour la cata ! Philippe me demanda si je voyais un moyen de proc\u00e9der ; je r\u00e9fl\u00e9chis deux secondes, et je lui exposai ce qui selon moi pourrait constituer une solution.\r\n\r\n\u00ab Pour l\u2019instant, je vois trois moyens \u00bb, r\u00e9pondis-je. J\u2019\u00e9tais vautr\u00e9e sur ma chaise, \u00e0 faire tourner un crayon sur mes doigts \u2013 ce que je fais toujours quand je r\u00e9fl\u00e9chis \u2013 et nos deux Avatars restaient en attente tandis que Philippe s\u2019agitait de plus en plus. L\u2019atmosph\u00e8re \u00e9tait \u00e0 la nervosit\u00e9. \u00ab Trois moyens \u00bb, repris-je. \u00ab Le premier, le plus facile \u00e0 mon go\u00fbt, c\u2019est de le faire passer par une colonne de donn\u00e9es\u2026\r\n\r\n- Eh ben, c\u2019est une bonne nouvelle, d\u00e9j\u00e0 !\r\n\r\n- Ouais, mais la mauvaise nouvelle, c\u2019est que la colonne la plus proche est \u00e0 <em>Nancy<\/em>, et qu\u2019il faut \u00eatre <em>sur place<\/em>, physiquement, pour y entrer. La deuxi\u00e8me solution, c\u2019est de passer par une chat-zone, mais il faut s\u2019y connecter aussi, et c\u2019est une m\u00e9thode un peu plus compliqu\u00e9e\u2026\r\n\r\n- Et le troisi\u00e8me moyen ?\r\n\r\n- \u2026 Mat\u00e9rialiser directement Janus \u00e0 travers mon trinit\u00e9. C\u2019est encore un peu plus dur, \u00e7a demandera sans aucun doute un peu de magye, mais au moins c\u2019est faisable directement \u00e0 partir de l\u2019endroit de la Toile o\u00f9 il se trouve actuellement. De toutes fa\u00e7ons, avant de choisir une des solutions, il faut d\u2019abord que je sache de <em>quoi <\/em>est fait Janus \u00e0 la base. Si je le sors sous forme de tas de donn\u00e9es, il va se dissiper dans l\u2019air, et c\u2019est pas ce qu\u2019on cherche !\r\n\r\n- <em>De quoi<\/em> est fait Janus ? \u00bb s\u2019\u00e9tonna Philippe en ouvrant de grands yeux. \u00ab Mais j\u2019en sais rien, moi, de quoi il est fait ! Janus, c\u2019est\u2026 c\u2019est comme une extension de moi-m\u00eame, c\u2019est\u2026 c\u2019est Janus, quoi ! \u00bb\r\n\r\nEn bref, on n\u2019\u00e9tait pas sortis de l\u2019auberge. Mais Philippe n\u2019est pas un cr\u00e9tin, et il entreprit imm\u00e9diatement de r\u00e9fl\u00e9chir avec moi au probl\u00e8me, chacun de nous cogitant \u00e0 sa mani\u00e8re et selon ses conceptions d\u2019un point de vue magyque. Je me disais qu\u2019en confrontant nos deux points de vue, on arriverait sans doute \u00e0 quelque chose, et Philippe pensait sans doute comme moi. En d\u00e9finitive, pour Philippe, on pouvait consid\u00e9rer Janus comme une cr\u00e9ation de l\u2019esprit, voire d\u2019\u00e9nergie (c\u00e9r\u00e9brale ?), ax\u00e9e plus ou moins sur la longueur d\u2019ondes mentale de Philippe. Moi, je voyais plut\u00f4t les choses sous cet angle : pour sortir Janus de la Toile depuis un point ext\u00e9rieur \u2013 parce qu\u2019on n\u2019avait pas trop le temps de nous rendre \u00e0 Nancy non plus, le Chien pouvait revenir d\u2019un moment \u00e0 l\u2019autre \u2013 il me fallait son sch\u00e9ma bio\u00e9lectrique\u2026 ou alors, je n\u2019avais plus qu\u2019\u00e0 extrapoler. Si Janus \u00e9tait solide pour Philippe, mais pas pour les autres, c\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre que son sch\u00e9ma \u00e9tait constitu\u00e9 \u00e0 la fois de mati\u00e8re et d\u2019\u00e9nergie \u2013 en r\u00e9sum\u00e9, de diff\u00e9rentes parties s\u2019imbriquant de mani\u00e8re assez compliqu\u00e9e. Mais sa \u00ab solidification \u00bb sur la Terre-miroir posait alors probl\u00e8me.\r\n\r\n<!--nextpage-->\r\n\r\n\u00ab Ecoute \u00bb, dis-je soudain \u00e0 Philippe, \u00ab j\u2019ai une id\u00e9e. Essaie de te souvenir de <em>comment <\/em>est Janus, des sensations que tu as quand il est avec toi, et de transmettre tout \u00e7a \u00e0 mon Trinit\u00e9. A deux, on devrait pouvoir mettre cela sous forme de programme que je pourrai exploiter.\r\n\r\n- T\u2019es s\u00fbre que c\u2019est faisable ?\r\n\r\n- Hugo m\u2019a dit un jour : <em>Avec la magye, tout est possible !<\/em> \u00bb r\u00e9pondis-je en haussant les \u00e9paules. \u00ab Alors je sais bien que Hugo n\u2019est pas l\u00e0 en ce moment, mais on est des mages, tous les deux, non ?\r\n\r\n- D\u2019accord. Dis-moi ce que je dois faire.\r\n\r\n- Tu poses tes doigts sur l\u2019un de ces jacks, l\u00e0 \u2013 non, pas celui-l\u00e0, l\u2019autre \u00bb, lui expliquai-je en d\u00e9signant deux des prises, sur le c\u00f4t\u00e9 de mon Trinit\u00e9. \u00ab Tu te contentes de <em>penser <\/em>\u00e0 Janus, \u00e0 ce que je t\u2019ai dit. Moi, pendant ce temps, j\u2019envoie une routine pour capter ce qui passe dans ta t\u00eate. Ca marche ? \u00bb\r\n\r\nPhilippe acquies\u00e7a bri\u00e8vement, et posa deux doigts sur le jack. J\u2019envoyai \u00e0 mon tour la routine n\u00e9cessaire ; et me dis que c\u2019\u00e9tait vraiment tr\u00e8s lent. Sur l\u2019\u00e9cran commen\u00e7a \u00e0 s\u2019afficher une silhouette \u2013 le sch\u00e9ma bio\u00e9lectrique de Janus \u2013 ainsi que le visage au sourire goguenard de l\u2019Avatar, juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Je me rendis compte \u00e0 ce moment qu\u2019\u00e0 moi aussi, il m\u2019avait manqu\u00e9 ; mais je n\u2019eus pas l\u2019occasion de pousser plus avant ce souvenir, car une petite fen\u00eatre s\u2019ouvrit \u00e0 ce moment, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du sch\u00e9ma. Audrinn.\r\n\r\nLES CHIENS DE GARDE SONT DE RETOUR, ANNA.\r\n\r\n<em>Attends\u2026 <\/em>Les <em>Chiens ?<\/em>\r\n\r\nON DIRAIT QUE TOUTOU A RAMENE DES PETITS COPAINS. FAITES VITE, TOUS LES DEUX. JE TE RAPPELLE QUE TU AS LAISSE UN TROU DANS MA DATABASE, EN ENTRANT. ILS POURRAIENT PASSER PAR LA.\r\n\r\n\u00ab Oh non, pas d\u00e9j\u00e0\u2026 \u00bb murmurai-je pour moi m\u00eame ; Philippe l\u2019entendit, et rouvrit les yeux. Sur l\u2019\u00e9cran , le sch\u00e9ma \u00e9tait achev\u00e9.\r\n\r\n\u00ab Qu\u2019est-ce qui se passe ?\r\n\r\n- Les Chiens. \u2018Faut faire vite, on n\u2019a plus beaucoup de temps devant nous, maintenant. T\u2019es pr\u00eat ?\r\n\r\n- No problemo ! \u00bb\r\nEt puis soudain, avant m\u00eame que nous ayons pu faire quoi que ce soit\u2026 <em>TOC, TOC<\/em>.\r\n\r\nGrand silence. On se regarda, tout les deux, parce que quelqu\u2019un venait de m\u2019envoyer un mail en employant le m\u00eame code que j\u2019avais utilis\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment avec Audrinn.\r\n\r\n\u00ab \u2026Quelqu\u2019un d\u2019autre conna\u00eet ton code ? \u00bb demanda Philippe.\r\n\r\n- \u2026 Hugo. Je vois pas qui \u00e7a pourrait \u00eatre, autrement. Mais\u2026 \u00bb\r\n\r\nANNA ! LES CHIENS SONT LA, JE TE SIGNALE !\r\n\r\n\u00ab Tu crois que ces\u2026 programmes pourraient avoir pirat\u00e9 ton s\u00e9same ? On dirait que c\u2019est ce que pense Audrinn\u2026 \u00bb reprit Philippe, fron\u00e7ant l\u00e9g\u00e8rement les sourcils.\r\n\r\n- Pas improbable. Et merde ! C\u2019est vraiment pas le moment, j\u2019ai pas le temps de prendre un mail maintenant, moi ! \u00bb\r\n\r\n<em>TOC,TOC. BORDEL DE MERDE, QU\u2019EST-CE QUE TU FOUS ?<\/em>\r\n\r\n\u00ab \u2026 Ca, c\u2019est certainement pas les Chiens ! \u00bb murmurai-je en contemplant les mots qui venaient de s\u2019afficher. Cette bord\u00e9e de jurons, \u00e7a ne pouvait \u00eatre qu\u2019une seule personne. \u00ab Bon, tant pis, je prends quand m\u00eame le risque, j\u2019ouvre\u2026 \u00bb\r\n\r\nL\u00e0 encore, je n\u2019eus pas le temps. Parce que \u00e7a frappa pour de bon. A ma porte. Celle de mon appartement. Philippe bondit de sa chaise pour aller ouvrir, ob\u00e9issant \u00e0 un r\u00e9flexe. Sur l\u2019\u00e9cran, nouveau message d\u2019Audrinn. ILS SONT DEJA EN TRAIN DE CHERCHER L\u2019ENTREE. DEPECHE-TOI, PLEASE.\r\n\r\n\u00ab Ah, quand m\u00eame ! C\u2019est pas trop t\u00f4t ! On repassera, pour l\u2019arriv\u00e9e-surprise ! \u00bb\r\n\r\nJe sursautai. Cette voix\u2026 Pas de doute. Il \u00e9tait l\u00e0. Pas seulement par le biais du mail. Dans mon couloir, en long trench-coat noir, et portant un Trinit\u00e9 de la taille d\u2019une valise. Hugo. Encore sous le coup de la surprise, je n\u2019arrivais pas \u00e0 me d\u00e9cider si je devais lui sauter au cou ou l\u2019engueuler copieusement.\r\n\r\n\u00ab Tiens ? Qu\u2019est-ce que vous \u00eates donc  en train de fabriquer, tous les deux ? \u00bb\r\n\r\nC\u2019\u00e9tait la phrase \u00e0 ne pas dire. J\u2019optai imm\u00e9diatement pour la seconde solution.\r\n\r\n\u00ab Ce qu\u2019on fabrique ? <em>Ce qu\u2019on fabrique ?<\/em> On essaie de sortir Janus de la Toile, si tu veux tout savoir ! Parce qu\u2019il fallait bien qu\u2019on se d\u00e9merde tous seuls, non, vu que tu t\u2019es barr\u00e9 sans pr\u00e9venir ! \u00bb j'ai lanc\u00e9 \u00e0 Hugo en me levant d\u2019un bond, alors qu\u2019il venait \u00e0 peine de refermer la porte derri\u00e8re lui. \u00ab Ben oui, me regarde pas comme \u00e7a ! T\u2019aurais au moins pu m\u2019en parler, d\u2019abord, et puis\u2026 \u00bb\r\n\r\nJe laissai tomber en haussant les \u00e9paules. Vu la t\u00eate que faisait Vecteur, il ne devait m\u00eame pas comprendre <em>pourquoi <\/em>j\u2019\u00e9tais \u00e9nerv\u00e9e. Si je n\u2019\u00e9tais habitu\u00e9e \u00e0 ses bord\u00e9es de jurons quand il a un programme qui merde, je finirais par croire que ce type n\u2019a pas de nerfs.\r\n\r\n\u00ab Bon ! Maintenant que t\u2019es l\u00e0 \u00bb, d\u00e9clarai-je en l\u2019attrapant par une manche pour le tra\u00eener jusqu\u2019\u00e0 mon bureau, \u00ab tu vas nous aider !\r\n\r\n- Eh ! Attends, je\u2026\r\n\r\n- Ca t\u2019aidera \u00e0 te faire pardonner. Tu sauras sans doute mieux que nous comment t\u2019y prendre ! \u00bb\r\n\r\nHugo haussa \u00e0 son tour les \u00e9paules, signifiant par l\u00e0 qu\u2019il acceptait, avant de se vautrer lui aussi sur l\u2019un des tabourets. Je lui expliquai en deux mots en quoi consistait la situation ; c\u2019\u00e9tait assez rapide \u00e0 faire, car il avait d\u00e9j\u00e0 pu constater \u00e0 Doissetep ce qui \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 Janus. Et quand j\u2019eus termin\u00e9, il se tourna vers Philippe avec sur les l\u00e8vres quelque chose qui pouvait passer \u00e0 la fois pour un sourire moqueur et pour un rictus d\u00e9go\u00fbt\u00e9.\r\n\r\n\u00ab Tu sais que t\u2019es vraiment un couillon, toi ? \u00bb dit-il en secouant la t\u00eate.\r\n\r\n- Je suis <em>quoi <\/em>? \u00bb s\u2019exclama Philippe, pas content du tout.\r\n\r\n- T\u2019aurais pu venir me voir tout de suite, \u00e0 Doissetep, au lieu de rester sur le pas de la porte ! Un gars qui ose m\u00eame pas rentrer, moi, j\u2019appelle \u00e7a un couillon !\r\n\r\n- Dis-donc\u2026\r\n\r\n- Bon, vous allez pas vous engueuler en prime, maintenant ? \u00bb intervins-je. \u00ab Je vous signale quand m\u00eame que si on ne fait rien <em>maintenant<\/em>, il n\u2019y aura plus d\u2019Avatar du tout dans la Toile ! \u00bb\r\n\r\nA cette remarque, Hugo retrouva tout de suite son s\u00e9rieux. Audrinn tentait effectivement de maintenir sa base de donn\u00e9es close, mais t\u00f4t ou tard, les Chiens parviendraient \u00e0 en trouver l\u2019entr\u00e9e. Apr\u00e8s avoir quelque peu calm\u00e9 Philippe en lui promettant de ne plus le traiter de couillon \u2013 je dis bien  :<em> quelque peu<\/em>:, parce que vu sa t\u00eate, Phil n\u2019a ensuite pas tellement appr\u00e9ci\u00e9 de se voir envoy\u00e9 \u00e0 la cuisine pour ramener de la bi\u00e8re \u2013, il me laissa donc lui raconter le coup que nous \u00e9tions en train de tenter. Et conclut en m\u00eame temps que moi qu\u2019il fallait savoir prendre des risques, dans la vie, et que maintenant qu\u2019on \u00e9tait tous les deux, on allait pouvoir mettre la p\u00e2t\u00e9e aux cl\u00e9bards de la Warden.\r\n\r\n\u00ab T\u2019as envoy\u00e9 ton Dopp, au moins ? \u00bb demanda Hugo en s\u2019installant avec moi devant le Trinit\u00e9.\r\n\r\n- Non, j\u2019ai dans\u00e9 la java pour les faire fuir. Tu poses des questions connes, bien s\u00fbr que je l\u2019ai lanc\u00e9 ! Mais c\u2019\u00e9tait apparemment un programme malin, et il est vite revenu \u00e0 la charge !\r\n\r\n- Bon, alors voil\u00e0 ce qu\u2019on va faire. Je vais me connecter \u00e0 ton Trinit\u00e9 et balancer un mon propre soft am\u00e9lior\u00e9, \u00e7a devrait nous laisser deux-trois minutes\u2026 \u00bb Et tout en disant ces mots, il tapait la m\u00eame chose sur le clavier, histoire de le signaler \u00e0 Audrinn et de lui donner quelques instructions au passage.\r\n\r\nLe programme fut lanc\u00e9, et le leurre dut fonctionner comme il fallait, parce que les quatre chiens se promenant sous forme de lignes de donn\u00e9es sur l\u2019\u00e9cran le suivirent imm\u00e9diatement. On peut dire que j\u2019\u00e9tais soulag\u00e9e.\r\n\r\n\u00ab Audrinn te donne rendez-vous demain \u00e0 seize heures, \u00e0 l\u2019endroit habituel ! \u00bb fit Hugo en me rendant le Trinit\u00e9. \u00ab Maintenant, c\u2019est \u00e0 toi de jouer ! \u00bb\r\n\r\nJe repris le clavier, en me promettant de montrer \u00e0 Hugo ce que moi aussi j\u2019\u00e9tais capable de faire \u2013 m\u00eame si au fond de moi, je n\u2019\u00e9tais pas certaine du tout du r\u00e9sultat. Je commen\u00e7ai \u00e0 programmer le sch\u00e9ma bio\u00e9lectrique de Janus \u00e0 partir de ce que j\u2019avais pu pour ainsi dire t\u00e9l\u00e9charger dans la t\u00eate de Philippe. Mais alors que je commen\u00e7ais \u00e0 me dire, de plus en plus confiante, que ce qu\u2019on avait invent\u00e9 n\u2019\u00e9tait finalement pas si mal du tout, l\u2019image se mit \u00e0 trembler, \u00e0 vaciller\u2026 et soudainement, l\u2019\u00e9cran devint blanc. Blanc, comme \u00e0 Doissetep.\r\n\r\n\u00ab Oh non, <em>pas encore<\/em> ! \u00bb\r\n\r\nJe ne pus m\u2019emp\u00eacher de l\u00e2cher une bord\u00e9e de jurons \u00e0 la suite de cette exclamation, me raccrochant comme je le pouvais au programme qui partait en couilles, \u00e0 peine consciente du fait qu\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, Hugo \u00e9tait maintenant partag\u00e9 entre l\u2019\u00e9tonnement et une vague inqui\u00e9tude. Il \u00e9tait en train de me demander si c\u2019\u00e9tait Audrinn qui s\u2019amusait \u00e0 faire cela, lorsque la lumi\u00e8re blanche s\u2019intensifia dans un flash qui nous \u00e9blouit tous durant deux ou trois secondes, inscrivant quelques mots sur l\u2019\u00e9cran.\r\n<p align=\"center\"><strong>WHO AM I?<\/strong><\/p>\r\n\r\nJe me rendis compte que j\u2019avais maintenant des sueurs froides, et que mes mains tremblaient l\u00e9g\u00e8rement sur le clavier. Je n\u2019eus m\u00eame pas le temps de v\u00e9rifier si le programme \u00e9tait fonctionnel  : une voix \u00e9touff\u00e9e se fit entendre sur le balcon, alors que quelqu\u2019un toquait \u00e0 la fen\u00eatre \u2013 au quatri\u00e8me \u00e9tage ?  L\u00e0, Philippe eut la m\u00eame pens\u00e9e que moi, et se pr\u00e9cipita au salon pour ouvrire la porte-fen\u00eatre.\r\n\r\n\u00ab Ah, quand m\u00eame ! \u00bb s\u2019exclama un Janus tout tremp\u00e9 et grelottant, en nous voyant arriver. \u00ab Ca p\u00e8le, l\u00e0 dehors ! \u00bb\r\n\r\nDans un r\u00e9flexe, trop stup\u00e9faite pour vraiment r\u00e9aliser ce que je faisais, ou peut-\u00eatre encore mue par une habitude prise sur la Terre-Miroir, je tendis la main pour l\u2019aider \u00e0 descendre de la rambarde sur laquelle il \u00e9tait assis en \u00e9quilibre instable ; ce n\u2019est qu\u2019une fois la fen\u00eatre referm\u00e9e, face aux effusions de joie Philippe-Janus enfin r\u00e9unis, que je r\u00e9fl\u00e9chis un instant, et me demandai comment j\u2019avais fait pour toucher et voir un Avatar qui n\u2019aurait d\u00fb exister que pour une seule personne.","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Carnet de bord d&#8217;Anna Delay 29 d\u00e9cembre 1997 Back in Strasbourg Euh\u2026 Je crois que j\u2019ai un petit probl\u00e8me. 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