{"id":9,"date":"2007-07-30T12:48:05","date_gmt":"2007-07-30T17:48:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/lintrigue\/redux\/redux-ii"},"modified":"2010-10-06T20:03:16","modified_gmt":"2010-10-06T18:03:16","slug":"la-source-du-dragon","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.yzabel.net\/mage\/lintrigue\/redux\/la-source-du-dragon","title":{"rendered":"La Source du Dragon"},"content":{"rendered":"<strong>Introduction<\/strong>\r\n\r\nNous retrouvons ici notre groupe de Mages apr\u00e8s leur rencontre explosive avec Lars. Tandis qu'Irena et Jan reprennent leurs esprits, Helga s'emploie \u00e0 soigner Hector Malleaux de son mieux,\u00a0et non\u00a0sans mal, car c'est avec de l'antimoine que le carreau d'arbal\u00e8te\u00a0a \u00e9t\u00e9\u00a0impr\u00e9gn\u00e9. Jan, quant \u00e0 lui, se charge de mettre l'Amulette \u00e0 l'abri dans un mouchoir, et remarque au passage une large f\u00ealure dans le m\u00e9tal laissant appara\u00eetre derri\u00e8re celui-ci une structure cristalline de couleur aigue-marine. Il ram\u00e8ne ensuite une Irena encore sous le choc jusqu'\u00e0 la cal\u00e8che afin qu'elle s'y repose, et commence \u00e0 se d\u00e9barrasser comme il le peut des cadavres en les jetant dans le Danube, sans autre forme de proc\u00e8s.\r\n\r\n<strong>Le Roi en Orange?\r\n<\/strong>\r\n\r\nWilhelm se charge d'aller chercher une corde afin de ligoter le dernier bandit, qu'il laisse sous la surveillance de Jan. Face \u00e0 l'Akashite, l'homme ouvre des yeux inject\u00e9s de sanf, et d\u00e9clare : \"Il t'a vu, Il est l\u00e0, le Roi, le Roi arrive...\", avant de perdre connaissance. A ce moment pr\u00e9cis, dans la cal\u00e8che, Irena se voit tirer de sa somnolence par l'apparition, entre les arbres \u00e0 la lisi\u00e8re de la for\u00eat, d'une haute silhouette en robe orange vif, d'un ton transcendant toutes les couleurs connues du spectre. Tout autour de cette chose, le paysage perd de sa structure, la R\u00e9alit\u00e9 elle-m\u00eame semble s'effriter; \u00e0 la place de son visage se trouve un masque orange aux attributs insecto\u00efdes rappelant fort ceux d'une mouche. Lorsqu'il cligne de ses yeux \u00e9tranges, Irena sent un instant sa volont\u00e9 \u00eatre aspir\u00e9e, avant de se r\u00e9veiller une deuxi\u00e8me fois, \u00e0 l'arriv\u00e9e de Wilhelm dans la cal\u00e8che.\r\n\r\n<strong>La mort plane...\r\n<\/strong>\r\n\r\nEntre temps, Helga a pr\u00e9par\u00e9 une infusion \u00e0 faire boire \u00e0 Hector, mais malgr\u00e9 son rem\u00e8de et l'usage de la Magye, celle-ci se rend bien compte qu'il mourra dans les heures qui suivent si elle ne proc\u00e8de pas \u00e0 un rituel plus \u00e9labor\u00e9, dont elle n'a malheureusement pas les ingr\u00e9dients sous la main. Wilhelm et Jan s'aper\u00e7oivent quant \u00e0 eux avec effarement que le dernier bandit est finalement mort lui aussi... Cependant la cause de son d\u00e9c\u00e8s reste inconnue, car ses quelques blessures superficielles n'auraient jamais pu causer un tel r\u00e9sultat en temps normal. Jan d\u00e9cide alors de l'envoyer rejoindre ses petits camarades au fond du fleuve. Tous reviennent ensuite \u00e0 la cal\u00e8che, portant un Hector toujours inconscient. Irena fait bri\u00e8vement mention \u00e0 Helga de la vision qu'elle a eue, ce qui ne manque pas d'inqui\u00e9ter la Verbena. Puis, tirant rapidement les rideaux du v\u00e9hicule, le petit groupe se met en route pour le Palais Melvany.\r\n\r\n<strong>Au Palais<\/strong>\r\n\r\nUne fois arriv\u00e9s en ville, Jan prend cong\u00e9 de ses compagnons afin de se rendre au Stefansdom. Les deux femmes, \u00e0 pr\u00e9sent de retour au Palais, s'empressent de rendre visite \u00e0 leurs salles de bains respectives avant de s'atteler au cas plus qu'inqui\u00e9tant d'Hector. Au cours du bref passage qu'elle effectue dans sa chambre, Irena s'entretient avec Andr\u00e9, qui lui dit que les statues se sont mises \u00e0 bouger r\u00e9cemment dans le jardin du palais, de son c\u00f4t\u00e9 du miroir. Lorsque l'Herm\u00e9tiste r\u00e9v\u00e8le ensuite ceci \u00e0 Helga, la Verbena en vient \u00e0 se souvenir que du temps o\u00f9 Jakob \u00e9tait encore en vie, son Avatar aimait apparemment \"habiter\" les statues du jardin. Ce fait plonge les deux femmes dans la perplexit\u00e9, car il est bien connu qu'aucun Avatar ne peut demeurer sur Terre tr\u00e8s longtemps apr\u00e8s la mort de son Mage...\r\n\r\nQuant \u00e0 Hector, son \u00e9tat reste stationnaire pendant quelques heures, et celui-ci reprend conscience suffisament longtemps pour certifier que tant qu'il restera en vie, \"vous serez en s\u00e9curit\u00e9\". Helga confirme qu'il sera fort probablement tir\u00e9 d'affaire\u00a0s'il arrive \u00e0 passer la nuit. Afin de s'assurer de cela arrive, la Verbena entreprend toutefois de concocter une nouvelle potion revitalisante; \u00a0c'est en allant chercher de l'eau qu'elle apprend \u00e0 Irena que Lh\u00f6p-Lh\u00f6p, l'\u00e9trange \"homme-oiseau\" difforme qui servait d'Avatar \u00e0 Jakob, lui montrait parfois des visions et des choses d'importance.\r\n\r\nUne fois la boisson et le rituel achev\u00e9s, Helga d\u00e9cide de tisser un lien empathique avec Hector, lui permettant de savoir imm\u00e9diatement si l'\u00e9tat de ce dernier venait \u00e0 empirer. Ne pouvant rien faire de plus pour le moment, elle retourne au petit salon en compagnie d'Irena. Jan revient sur ces entrefaites, d\u00e9clarant qu'il devra retourner voir les Choristes par la suite, mais que les maux de t\u00eate et bourdonnements d'oreille qu'il avait d\u00e9velopp\u00e9 au cours du combat contre Lars se sont quelque peu calm\u00e9s.\r\n\r\n<strong>Le blason<\/strong>\r\n\r\nL'apr\u00e8s-midi semble \u00e0 pr\u00e9sent bien avanc\u00e9. Apr\u00e8s un moment pass\u00e9 \u00e0 peser leurs diff\u00e9rentes hypoth\u00e8ses en ce qui concerne la situation, les trois Mages finissent par s'interroger quant \u00e0 la nature du blason de la cal\u00e8che qui les avait d\u00e9pass\u00e9s dans la matin\u00e9e, juste avant qu'ils ne s'embarquent pour l'Ile des Veuves. Le blason\u00a0semblait \u00eatre\u00a0fran\u00e7ais, et Wilhelm avoue l'avoir parfois d\u00e9j\u00e0 vu dans les rues de Vienne, sans pouvoir en dire davantage. Apr\u00e8s une recherche plus pouss\u00e9e dans la biblioth\u00e8que des Melvany et au travers de la correspondance de Jakob, d\u00e9couverte est faite d'une famille Tuskow, anciennement Tuscaut, \u00e9migr\u00e9e \u00e0 Vienne apr\u00e8s la R\u00e9volution Fran\u00e7aise, et dont le petit-fils, Alexandre, se serait illustr\u00e9 au cours des guerres napol\u00e9oniennes ; toutefois, leur blason (un chardon derri\u00e8re lequel se croisent deux chapeaux empenn\u00e9s et surmontant deux s\u00e9ries de fleurs de lys) ne correspond pas \u00e0 celui vu sur la cal\u00e8che.\r\n\r\n<strong>Les cl\u00e9s <\/strong>\r\n\r\nLeurs\u00a0recherches se soldant par un \u00e9chec, les trois Mages s'en vont prendre leur d\u00eener, tout en poursuivant leurs hypoth\u00e8ses. Wilhelm annonce\u00a0alors qu'il n'a toujours pas re\u00e7u de nouvelles de la police en ce qui concerne l'enl\u00e8vement de Francesca, et tous commencent \u00e0 suspecter un certain niveau de corruption parmi les policiers viennois, qui n'ont peut-\u00eatre pas rapport\u00e9 l'\u00e9v\u00e9nement \u00e0 leurs sup\u00e9rieurs. Helga, qui s'en \u00e9tait all\u00e9e v\u00e9rifier sa bo\u00eete aux lettres par acquis de conscience, r\u00e9alise que sa martre a d\u00e9couvert, \u00e0 demi dissimul\u00e9es\u00a0parmi la neige couvrant la propri\u00e9t\u00e9, deux petites cl\u00e9s n'appartenant pas au trousseau de Wilhelm, et cela non loin de la porte de l'\u00e9curie o\u00f9 les chevaux apparaissent \u00e0 pr\u00e9sent bien agit\u00e9s. Les cl\u00e9s en elles-m\u00eames ne r\u00e9v\u00e8lent rien de particulier -- pas de blason ni de symbole -- , mais il se peut qu'elles soient tomb\u00e9es de la poche de ceux qui ont enlev\u00e9 Francesca... \u00e0 moins qu'on ne les ait laiss\u00e9es l\u00e0 expr\u00e8s? D'apr\u00e8s Jan, il s'agit en tout cas de cl\u00e9s de porte, toutes deux diff\u00e9rentes, et faites pour des serrures simples.\r\n\r\nLes cl\u00e9s sont\u00a0pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 Hector, qui fronce bri\u00e8vement les sourcils avant de perdre connaissance \u00e0 nouveau ; toutefois, dans son \u00e9tat, il n'est pas certain que ce soit bien par rapport \u00e0 elles qu'il ait r\u00e9agi. Jan et ses amis s'appr\u00eatent \u00e0 se rendre au jardin afin de tracer la r\u00e9sonance mentale li\u00e9e \u00e0 ces deux objets, lorsqu'on frappe soudain \u00e0 la grande porte d'entr\u00e9e.\r\n\r\n<!--nextpage--><strong> Un visiteur \u00e0 vous glacer le sang<\/strong>\r\n\r\nL'homme qui se tient sur le perron lorsque Wilhelm ouvre la porte -- contre son gr\u00e9, visiblement -- est grand, mince, rac\u00e9, avec un visage longiligne, des yeux en amande et des cheveux d'un blond si clair qu'ils en paraissent presque blancs. Son sourire narquois et arrogant n'augure rien de bon, et ses mains tr\u00e8s fines sont crois\u00e9es sur une mena\u00e7ante canne d'\u00e9b\u00e8ne\u00a0dont le\u00a0pommeau, fait\u00a0de cristal translucide, semble\u00a0enchass\u00e9 dans une lourde griffe en m\u00e9tal argent\u00e9. Il est v\u00eatu d'habits \u00e9l\u00e9gants ainsi que d'une lourde cape de velours bleu nuit, et arbore une broche \u00e9tincelante au revers de son col. Ce n'est que lorsque Helga l'invite \u00e0 entrer que l'attraction surnaturelle qu'il exer\u00e7ait sur Wilhelm s'attenue quelque peu. N\u00e9anmoins, l'impression de malaise entourant cet enigmatique personnage, elle, ne s'\u00e9vanouit pas pour autant.\r\n\r\nL'inconnu exige alors de savoir o\u00f9 se trouve son \"homme-lige\" -- de toute \u00e9vidence, il s'agit d'Hector. N\u00e9anmoins, avant de lui r\u00e9pondre, Helga pr\u00e9f\u00e8re lui montrer la lettre trouv\u00e9e sur le perron juste apr\u00e8s l'enl\u00e8vement de Francesca, et lui expliquer dans quelles circonstances elle a crois\u00e9 la route d'Hector et assist\u00e9 \u00e0 la trahison de Lars. Finalement, elle lui indique o\u00f9 se trouve la chambre dans laquelle se repose la Goule ; l''homme\" prend alors soin de l'assurer que si elle et ses amis sont encore en vie et n'ont rien \u00e0 craindre pour le moment, c'est bien parce qu'ils ont pris soin de son \"plus fid\u00e8le serviteur\".\r\n\r\n<strong>Un Marquis et un complot\r\n<\/strong>\r\n\r\nHelga, encore tremblante, d\u00e9cide de\u00a0 faire sortir Wilhelm. Les trois Mages restent alors seuls pr\u00e8s de l'entr\u00e9e, ne sachant si cet homme est l\u00e0 pour aider Hector ou pour le tuer ; n\u00e9anmoins, en desespoir de cause, Helga finit tout de m\u00eame par briser le lien qui la liait encore \u00e0 Malleaux. Quelques minutes plus tard, l'\u00e9trange visiteur revient, un sourire satisfait aux l\u00e8vres, presque\u00a0en signe de remerciement. Il se pr\u00e9sente enfin : Damien, marquis de Laplace -- un nom qui fait fr\u00e9mir Irena. Il affirme que Hector s'en sortira, et redemande \u00e0 voir la lettre d'Helga afin de l'\u00e9tudier de plus pr\u00e8s. Le Magist\u00e8re, car c'en est bien un,\u00a0d\u00e9clare alors que cette missive n'a pas \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e sur son ordre, car il l'aurait su depuis longtemps ; serait-ce donc l\u00e0 l'oeuvre d'\u00e9ventuels rivaux?\r\n\r\nDamien de Laplace semble cependant \u00eatre au courant du meurtre ayant eu lieu la veille sous le pont de Brandeburg ; par ailleurs, la cal\u00e8che au blason fran\u00e7ais crois\u00e9e le matin-m\u00eame \u00e9tait en fait la sienne. Lorsque Helga mentionne comment l'homme qui \u00e9tait cens\u00e9 les attendre\u00a0a \u00e9t\u00e9 litt\u00e9ralement d\u00e9vor\u00e9 par son ombre, l'int\u00e9r\u00eat du Marquis semble s'accro\u00eetre petit \u00e0 petit. Irena lui remet m\u00eame la statuette, qu'il examine attentivement, avant de r\u00e9v\u00e9ler qu'eux aussi ont trouv\u00e9 un objet\u00a0similaire sous le pont. Il demande \u00e0 garder celle-ci afin de l'examiner ult\u00e9rieurement, bien que pour le moment, le sang s'y trouvant ayant \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9, il ne peut dire qui est derri\u00e8re tout cela, ni o\u00f9 il se trouve. La Marquis ne conna\u00eet pas d'homme ou de Magist\u00e8re\u00a0nomm\u00e9 \"Grygor\", mais appra\u00eet \u00e0 pr\u00e9sent convaincu qu'il s'agit l\u00e0 d'un vil complot. Malheureusement, il ne peut rien faire en ce qui concerne l'enl\u00e8vement de Francesca, \u00e0 part en dire un peu plus sur Lars Kriczek, un ancien bandit tch\u00e8que contre qui Hector l'avait d\u00e9j\u00e0 mis en garde par le pass\u00e9. Damien est n\u00e9anmoins \u00e9tonn\u00e9 de constater que Lars ait pu avoir assez de courage,\u00a0assez de volont\u00e9,\u00a0pour le trahir.\r\n\r\nSelon Irena, il est \u00e9vident que ce qui s'est pass\u00e9 au cours de la journ\u00e9e t\u00e9moigne du fait que Lars a pass\u00e9 un march\u00e9 avec le fameux Grygor, ou avec quelqu'un lui \u00e9tant li\u00e9 de pr\u00e8s ; \u00e0 ces mots, l'int\u00e9r\u00eat d\u00e9j\u00e0 marqu\u00e9 de Damien pour l'Herm\u00e9tiste devient beaucoup plus prononc\u00e9, et la jeune femme se voit alors proposer ni plus ni moins qu'une invitation \u00e0 d\u00eener, ce qui ne l'enchante gu\u00e8re. Jan\u00a0d\u00e9voile\u00a0ensuite au Marquis les cl\u00e9s d\u00e9couvertes un peu plus t\u00f4t dans le jardin, et celui-ci avoue ne pas savoir non plus d'o\u00f9 elles pourraient bien provenir, sinon qu'elles sont sans doute le seul indice pouvant leur permettre de retrouver la gouvernante d'Helga. Le Vampire confie la garde d'Hector \u00e0 la Verbena jusqu'au lendemain matin, et\u00a0c'est apr\u00e8s avoir re\u00e7u l'assurance que Grygor agit seul, et non pas avec le concours des Herm\u00e9tistes ou d'autres Mages de la ville, que Damien de Laplace quitte enfin le Palais Melvany.\r\n\r\n<strong>Les r\u00e9v\u00e9lations d'Hector<\/strong>\r\n\r\nLes trois Mages retournent ensuite voir Hector, qui, bien qu'affaibli, semble aller de mieux en mieux ;\u00a0Helga apparemment stup\u00e9faite, admet qu'il n'aurait jamais d\u00fb se remettre aussi vite. Le serviteur de Damien remercie en tous cas la Verbena de l'avoir ainsi soign\u00e9. D'apprendre que Lars ait \u00a0pu s'enfuir le laisse catastroph\u00e9, et il affirme sombrement que tous, son Ma\u00eetre y compris, vont au-devant de graves ennuis : Lars est en effet un chien fou, un \u00eatre capricieux et tr\u00e8s rancunier. Lui aussi est fort surpris de sa trahison, car il pensait que le Marquis l'avait bel et bien plac\u00e9 sous son contr\u00f4le ; ceci ne fait que renforcer l'hypoth\u00e8se d'Irena, car Lars, de par son statut d'homme de main, n'\u00e9tait habituellement pas le genre de personne \u00e0 faire preuve d'initiative. Par ailleurs, Hector reconna\u00eet enfin les deux cl\u00e9s : il les avait d\u00e9j\u00e0 vues sur le trousseau de Lars, et lui aussi reste peu convaincu par la possibilit\u00e9 qu'elles\u00a0aient \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es\u00a0<em>par hasard <\/em>si pr\u00e8s du Palais Melvany.\r\n\r\n<strong>Lh\u00f6p-Lh\u00f6p<\/strong>\r\n\r\nApr\u00e8s\u00a0avoir attendu qu'Hector se soit\u00a0rendormi, le petit groupe d\u00e9cide de se rendre \u00e0 la biblioth\u00e8que, o\u00f9 Helga interroge Fr\u00e8re Piotr sur la raison l'ayant pouss\u00e9 \u00e0 chercher les cl\u00e9s dans le jardin. La martre file alors vers la chambre de sa ma\u00eetresse, et indique le tiroir de la table de chevet, tiroir dans lequel se trouvent\u00a0quelques lettres\u00a0ainsi qu'un bas-relief assez particulier. Celui-ci repr\u00e9sente une \u00e9trange cr\u00e9ature toute droit sortie de l'imagination enfi\u00e8vr\u00e9e de Jakob, portant une \"corolle\" de feuilles autour de ses jambes, et arborant une large trompe lui tombant jusqu'au nombril. Autour de sa t\u00eate on peut voir grouiller de nombreux p\u00e9doncules ; de plus, ses yeux d'un vert laiteux semblent ne pas avoir de pupilles. Cette chose \u00e0 l'allure cauchemardesque\u00a0exude n\u00e9anmoins une impression de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, avec sa main gauche lev\u00e9e et ses doigts \u00e9cart\u00e9s en un signe de paix presque infantile. Jan et Irena se regardent, interloqu\u00e9s : <em>\u00e7a<\/em>, l'Avatar de Jakob?\r\n\r\nIrena emprunte\u00a0ensuite le bas-relief \u00e0 Helga afin de le montrer \u00e0 Andr\u00e9. Celui-ci ne tarde pas \u00e0 affirmer que cette \"Chose\", qui faisait alors plus de trois m\u00e8tres de haut, est bien celle qui l'avait poursuivi dans le jardin la veille au soir, et cela\u00a0uniquement parce qu'il avait \"donn\u00e9 un coup de pied\" dans le socle d'une des statues. (*) Une fois de plus se pose la question de la possibilit\u00e9 d'un Avatar restant sur terre apr\u00e8s la mort de son Mage. Fr\u00e8re Piotr, quant \u00e0 lui,\u00a0 d\u00e9clare avoir vu Lh\u00f6p-Lh\u00f6p en songe pour la premi\u00e8re fois il y a peu de temps, et l'\u00e9trange cr\u00e9ature lui aurait alors indiqu\u00e9 o\u00f9 se trouvaient les cl\u00e9s. Malgr\u00e9 sa troublante apparence, Lh\u00f6p-Lh\u00f6p semble bel et bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 prot\u00e8ger l'oeuvre de Jakob...\r\n\r\n<strong>Les cl\u00e9s<\/strong>\r\n\r\nJan, apr\u00e8s toutes ces r\u00e9v\u00e9lations, se rendre enfin dans le jardin afin d'analyser plus tranquillement les\u00a0cl\u00e9s sus-mentionn\u00e9es. Lorsqu'il revient au bout d'une demi-heure, transi de froid, il dit avoir vu une image r\u00e9currente s'imposer \u00e0 son esprit : celle d'une grande roue de foire, dont la silhouette s'av\u00e8re identique \u00e0 celle du Riesenrad, un grand parc populaire situ\u00e9 au nord-ouest de Vienne, dans le district de Leopoldstadt. N\u00e9anmoins, il est clair que ni l'Akashite, ni ses compagnes ne sont en mesure de faire un pas dehors apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements de la journ\u00e9e, et c'est sur cette\u00a0conclusion que tous d\u00e9cident de prendre une bonne nuit de repos.\r\n\r\n<span style=\"font-size: 8pt\">(*)NDI: Mais quel boulet, cet Avatar, quand m\u00eame...<\/span>\r\n\r\n<!--nextpage-->\r\n\r\n<strong>St\u00e8les de glace<\/strong>\r\n\r\nAu petit matin, apr\u00e8s une nuit somme toute assez tranquille, Helga, a la d\u00e9sagr\u00e9able surprise d'apercevoir une silhouette dans le jardin depuis la fen\u00eatre de sa chambre. Il s'agit de Jan Peter, qui semble occup\u00e9 \u00e0 \u00e9riger des monticules de neige de la taille d'un homme, l'air totalement absent, et cela presque sous le balcon de la Verbena. Alors qu'elle l'interpelle afin de savoir ce qu'il fait l\u00e0, le mercenaire ne lui accorde qu'un regard vide et d\u00e9nu\u00e9 de toute expression, avant de poursuivre son oeuvre d'un geste m\u00e9canique. Passablement troubl\u00e9e par cette d\u00e9couverte, Helga s'habille rapidement pour se pr\u00e9cipiter dehors, croisant Irena au passage, et les deux femmes finissent par se rendre dans le jardin, o\u00f9 Jan est maintenant en train d'achever son cinqui\u00e8me monticule. Cette fois encore, il ne pr\u00eate aucune attention \u00e0 ce qui se passe autour de lui, trop absorb\u00e9 par ce qui ressemble fort \u00e0 un inqui\u00e8tant rituel, et son visage aux traits tir\u00e9s indique qu'il a certainement d\u00fb passer une partie de la nuit dehors, attel\u00e9 \u00e0 cette t\u00e2che \u00e9trange.\r\n\r\nBien d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 mettre fin \u00e0 sa torpeur forc\u00e9e, Helga frappe d'un geste vif le monticule le plus proche, ce qui a pour effet de sortir l'Akashite de sa transe. Lui qui se croyait \u00eatre en train de dormir, peut-\u00eatre m\u00eame de r\u00eaver, reprend alors conscience, tombant \u00e0 demi sur le pic de glace qu'il \u00e9tait en train de sculpter. Les deux femmes se h\u00e2tent alors de le ramener au petit salon afin qu'il puisse s'y r\u00e9chauffer, car il a bien d\u00fb passer plusieurs heures dans le jardin, et cela sans m\u00eame un manteau.\r\n\r\n<strong>Etat second<\/strong>\r\n\r\nUne fois les trois Mages \u00e0 nouveau r\u00e9unis, Jan finit par demander avec h\u00e9sitation ce qu'il faisait l\u00e0, ce \u00e0 quoi ses amies sont bien en mal de lui r\u00e9pondre. Il reste persuad\u00e9 de s'\u00eatre simplement endormi la veille, ne se r\u00e9veillant que pour constater qu'il se trouvait dehors. Irena tente de le calmer ; Helga, quant \u00e0 elle, s'en va lui pr\u00e9parer une tisane, et demande discr\u00e8tement \u00e0 Wilhelm de faire pr\u00e9venir le Doyen Knecht de leur arriv\u00e9e prochaine. Une visite chez les Choristes s'impose, en effet, comme Irena ne tarde pas \u00e0 le constater : le pauvre Jan ne tarde pas \u00e0 entendre des voix et des gloussements malfaisants que ne per\u00e7oivent personne d'autre, et \u00e0 voir des visages tourment\u00e9s appara\u00eetre dans les flammes de la chemin\u00e9e. A vrai dire, c'est depuis l'incident impliquant Lars et ses\u00a0hommes qu'il semble se comporter \u00e9trangement \u2014 peut-\u00eatre un malencontreux effet secondaire\u00a0li\u00e9\u00a0\u00e0 l'utilisation accidentelle de l'amulette...\r\n\r\nApr\u00e8s \u00eatre parvenue \u00e0 convaincre l'Akashite que la tisane qu'elle lui rapporte n'est pas empoisonn\u00e9e, Helga lui fait boire de quoi le calmer quelque peu. Dans les minutes qui suivent, son attitude m\u00e9fiante est bien vite remplac\u00e9e par un sourire niais ainsi qu'un d\u00e9luge de paroles sans queue ni t\u00eate; la tisane opiac\u00e9e a bel et bien rempli son office. Wilhelm, qui vient de t\u00e9l\u00e9phoner au Stefansdom, annonce que fort heureusement, le Frater Abjurationis, exorciste de son \u00e9tat, est revenu au cours de la nuit pr\u00e9c\u00e9dente apr\u00e8s deux semaines de voyage dans les villages avoisinants. Il ne leur reste plus qu'\u00e0 prendre une l\u00e9g\u00e8re collation avant de se mettre en route ;\u00a0mais\u00a0Irena, qui soup\u00e7onne toujours l'ex\u00e9cution d'un rituel d'invocation n'ayant rien de naturel, ni de b\u00e9n\u00e9fique pour le Paradigme de l'allemand, d\u00e9cide finalement de se saisir d'un tisonnier et retourne dans le jardin afin de briser les autres monticules. Quelle n'est pas sa surprise d'apercevoir alors au centre du cercle danser un papillon dor\u00e9,\u00a0identique \u00e0 celui\u00a0qu'elle avait vu lors du rituel effectu\u00e9 dans le bureau de Jakob, deux jours auparavant ; dans le manoir, Jan semble lui aussi\u00a0frapp\u00e9 par cette m\u00eame vision, qui se dissipe lorsque tous deux tendent la main pour la toucher...\r\n\r\n<strong>Le Signe Jaune<\/strong>\r\n\r\nIrena remarque alors, \u00e0 la base du monticule \u00e0 demi bris\u00e9, un <a href=\"http:\/\/www.oeildusphinx.com\/roi1.gif\" target=\"_blank\">signe<\/a> taill\u00e9 par Jan dans la glace. Etrangement,\u00a0celle-ci semble\u00a0certaine d'avoir d\u00e9j\u00e0 vu ce symbole quelque part, mais il lui est impossible de se rappeler o\u00f9. L'Herm\u00e9tiste ach\u00e8ve alors de d\u00e9truire d\u00e9finitivement le cercle d'invocation, et retourne \u00e0 l'int\u00e9rieur, o\u00f9 Helga, quant \u00e0 elle, n'a pu que constater\u00a0le d\u00e9part\u00a0d'Hector, parti \u00e0 la faveur de la nuit apr\u00e8s avoir laiss\u00e9 un mot de remerciement. Jan, lui, s'est endormi sur la table...\r\n\r\nSachant que la d\u00e9couverte qu'elle vient de faire est sans doute d'importance aussi bien qu'annonciatrice de mauvaises nouvelles, Irena retrace rapidement le signe sur un bout de papier et le pose sur la table du salon apr\u00e8s l'avoir prot\u00e9g\u00e9e magyquement.\u00a0Cette copie, m\u00eame\u00a0d\u00e9lib\u00e8rement tra\u00e7\u00e9e de mani\u00e8re\u00a0imparfaite, donne \u00e9galement aux deux Mages l'impression que ses trois bras spiral\u00e9s bougent imperceptiblement. Helga ne sait que dire \u00e0 ce sujet, et finit par demander conseil \u00e0\u00a0Fr\u00e8re Piotr, qui reconna\u00eet lui aussi ce symbole, mais n'a qu'une chose \u00e0 en dire : \"Mauvais\". La martre ignore les raisons qui ont pouss\u00e9 Jan \u00e0 construire un tel cercle ; toutefois, il d\u00e9cide d'\u00e9crire un autre mot avant de quitter la pi\u00e8ce : \"Mr. R.\" De plus en plus inqui\u00e8te, Helga rappelle alors le Stefansdom afin de transmettre au P\u00e8re Knecht ces nouvelles informations.\r\n\r\nPendant ce temps, Irena, convaincue par une intuition fugace que ce signe repr\u00e9sente une menace pour quiconque le verrait,\u00a0 d\u00e9cide de se d\u00e9barrasse rdu papier en le jetant dans les flammes. Jan se r\u00e9veille en sursaut au moment m\u00eame celui-ci prend feu, et il est heureux qu'Helga l'ait drogu\u00e9, car dans le cas contraire, le mercenaire allemand aurait fort bien pu devenir violent. Cela semble confirmer en tout cas l'hypoth\u00e8se de la possession... Au t\u00e9l\u00e9phone, Helga s'entretient de la situation avec Fr\u00e8re Quantaestellae, et lui raconte en d\u00e9tails ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 l'Akashite ; le Choriste semble lui aussi tr\u00e8s inquiet, et demande que Jan soit amen\u00e9 au plus vite aupr\u00e8s du Frater Abjurationis.\r\n\r\n<strong>Et l'amulette dans tout \u00e7a?<\/strong>\r\n\r\nPeu d\u00e9sireuse de laisser la myst\u00e9rieuse amulette d'Anubis sans surveillance, et qui plus est dans une demeure sans doute plus tr\u00e8s s\u00fbre, Helga d\u00e9cide d'emmener le bijou avec elle et de le\u00a0placer sous la protection du sortil\u00e8ge de protection qui semble envelopper le mausol\u00e9e de Jakob. La Verbena n'ose pas l'emmener dans la cath\u00e9drale m\u00eame, o\u00f9\u00a0il pourrait r\u00e9agir \u00e0 la pr\u00e9sence du Node des Choristes, d'autant plus que le linge dans lequel l'objet avait \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 en attendant s'est charg\u00e9 spontan\u00e9ment d'humidit\u00e9, une manifestation des plus troublantes.\r\n\r\nSur ces entrefaites, Wilhelm\u00a0am\u00e8ne\u00a0Jan jusqu'\u00e0 la cal\u00e8che, l'aide \u00e0 s'\u00e9tendre sur la banquette, et le v\u00e9hicule finit par se mettre en route pour le Stefansdom quelques minutes plus tard, le tout sous un ciel de plomb. Aux abords du cimeti\u00e8re, Helga ordonne \u00e0 son cocher de s'arr\u00eater ; elle descend\u00a0alors rapidement vers le mausol\u00e9e de son mari afin de dissimuler l'amulette dans l'un des lourds vases entourant la st\u00e8le fun\u00e8raire (dont l'eau qu'elle contient g\u00e8le d'ailleurs presque imm\u00e9diatement...) ; une d\u00e9cision qui s'av\u00e9rera lourde de cons\u00e9quences par la suite...\r\n\r\n<strong>Au Stefansdom\r\n<\/strong>\r\n\r\nQuelques instants plus tard, un homme \u00e0 l'air s\u00e9v\u00e8re, petit et muscl\u00e9, v\u00eatu d'une simple robe de bure, s'approche de la cal\u00e8che. Il s'agit du Fr\u00e8re Fahlen, qui accepte de s'occuper de Jan pendant qu'Helga et Irena iront voir le p\u00e8re Knecht.\u00a0Le mercenaire, \u00e0 pr\u00e9sent sorti de sa torpeur chimique,\u00a0commence n\u00e9anmoins \u00e0 paniquer, ne voulant apparemment pas rester seul avec l'exorciste \u2014 car c'est bien de\u00a0lui dont il s'agit. Finalement rassur\u00e9 et convaincu par ses deux amies, Jan finit\u00a0cependant par accepter de suivre Fahlen. Par la suite, nul autre qu'eux deux ne saura ce qui s'est pass\u00e9 pendant cette c\u00e9r\u00e9monie purificatrice.\r\n\r\nTout en attendant que le P\u00e8re Knecht puisse les recevoir, Helga et Irena p\u00e9n\u00e8trent dans la nef du Stefansdom afin de jeter un coup d'oeil aux fresques que Jakob avait sculpt\u00e9es il y a quelques ann\u00e9es pour ses confr\u00e8res Choristes. Sur l'un des bas-reliefs en question, intitul\u00e9 'Ascension du Golgotha', elles finissent par distinguer, cach\u00e9es derri\u00e8re ce qui semble bien \u00eatre une repr\u00e9sentation de l'artiste, quatre figures encapuchonn\u00e9es, envelopp\u00e9es dans de longues capes et situ\u00e9es fort en retrait par rapport \u00e0 la foule. De plus, celles-ci regardent le Christ avec attention, tout comme 'Jakob', d'ailleurs. La premi\u00e8re id\u00e9e qui leur vient \u00e0 l'esprit est bien entendu de voir dans ces \u00e9tranges silhouettes une\u00a0repr\u00e9sentation des quatre Cavaliers de l'Apocalypse, et\u00a0les deux\u00a0femmes\u00a0ne peuvent s'emp\u00eacher de se demander s'il existe un lien entre\u00a0cette oeuvre d'art\u00a0et la sinistre proph\u00e9tie prononc\u00e9e quelques jours plus t\u00f4t par l'ange du mausol\u00e9e.\r\n\r\n<!--nextpage-->\r\n\r\n<strong>Les r\u00e9v\u00e9lations du P\u00e8re Knecht\r\n<\/strong>\r\n\r\nLe fr\u00e8re Quantaestellae vient alors \u00e0 leur rencontre afin de les mener jusqu'\u00e0 l'\u00e9tude du P\u00e8re Knecht, une pi\u00e8ce \u00e0 l'aspect assez anachronique, toute en longueur, emplie de livres et de cartes astronomiques complexes, et au fond de laquelle un escalier en colima\u00e7on fait de m\u00e9tal monte vers ce qui doit \u00eatre la biblioth\u00e8que personnelle du Diacre. Monseigneur Knecht est assis \u00e0 son bureau, et examine une lettre avec attention avant d'accueillir ses invit\u00e9es d'un ton prudent. Une fois Quantaestellae sorti de la pi\u00e8ce, Helga ne tarde pas \u00e0 mentionner leur visite au mausol\u00e9e\u00a0ainsi que\u00a0le fait que la statue leur a parl\u00e9, puis annonce de but en blanc qu'elle a trouv\u00e9 l'Opale d'Anubis, lui d\u00e9crivant le pendentif avec force d\u00e9tails. Knecht se raidit alors durant quelques secondes; puis annonce d'une voix blanche qu'il avait craint que ce jour arrive.\r\n\r\nLe P\u00e8re Knecht r\u00e9v\u00e8le alors qu'il rencontrait souvent Jakob en tant que confesseur, et que peu de temps avant sa mort, celui-ci lui avait demand\u00e9 de\u00a0prot\u00e8ger Helga de l'influence n\u00e9faste de cette amulette, mais sans toutefois r\u00e9v\u00e9ler comment il avait mis la main sur ce bijou, ni l'endroit exact o\u00f9 celle-ci avait \u00e9t\u00e9 dissimul\u00e9e. Le vieux Choriste est \u00e0 pr\u00e9sent convaincu que la mort de Jakob n'\u00e9tait pas un simple accident : en effet, quelques semaines avant ce triste \u00e9v\u00e9nement, ce dernier avait \u00e9t\u00e9 vu par l'un des Chanoines Viennois en pleine conversation avec un agent des Magist\u00e8res. Il pense \u00e9galement que Jakob, par le biais de ses visions, avait\u00a0d\u00e9couvert quelque chose qu'il n'aurait pas d\u00fb voir, et que c'\u00e9tait pour mettre fin aux souffrances induites par ces m\u00eames visions qu'il avait si d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment recherch\u00e9 l'Opale. Cet objet maudit aurait eu par la suite des effets pervers sur sa psych\u00e9, et aggrav\u00e9 son mal.\r\n\r\nHelga\u00a0d\u00e9cide alors de parler bri\u00e8vement\u00a0du myst\u00e9rieux \"Monsieur R\", l'ami \u00e9pistolaire de Jakob, ainsi que de Grygor et de ses statuettes ensorcel\u00e9es. Malheureusement, le P\u00e8re Knecht ne peut -ou n'ose?- en dire plus pour le moment sur l'amulette, et propose que la Verbena lui confie cet objet pour qu'il l'examine en profondeur, une proposition qui ne semble pas particuli\u00e8rement l'emballer. Le Choriste en profite pour faire remarquer la recrudescence de cas de folie passag\u00e8re et de crimes passionnels ayant eu lieu \u00e0 Vienne et dans les villages alentours\u00a0au cours\u00a0des deux derniers mois (le dernier cas remontait d'ailleurs \u00e0 la veille, ni plus ni moins). Quant au vampire que Jakob aurait rencontr\u00e9, Knecht le d\u00e9crit comme un homme roux au visage balafr\u00e9, un homme qu'Helga et Irena reconnaissent imm\u00e9diatement comme \u00e9tant Lars Kriczek, un \"simple serviteur\" plut\u00f4t qu'un Damn\u00e9 \u00e0 part enti\u00e8re.\r\n\r\n<strong>Vision du Tartare<\/strong>\r\n\r\nPour finir, le doyen des Choristes Viennois leur montre un croquis que Jakob aurait r\u00e9alis\u00e9 peu de temps avant de\u00a0travailler sur\u00a0son ultime sculpture. Il s'agit d'une oeuvre qu'il avait con\u00e7ue dans les jours suivants sa toute derni\u00e8re crise, et ayant pour titre \"Vision du Tartare\". Knecht avait re\u00e7u ce dessin deux semaines avant la mort de Jakob, des mains-m\u00eames de ce dernier ; celui-ci lui avait alors confi\u00e9 qu'il \u00e9tait tourment\u00e9 par une s\u00e9rie de r\u00eaves particuli\u00e8rement terribles et r\u00e9alistes, et qu'il avait essay\u00e9 l\u00e0 de les retranscrire, mais sans rencontrer le succ\u00e8s qu'il esp\u00e8rait (d'ordinaire, il ne montrait d'ailleurs que tr\u00e8s rarement ses croquis \u00e0 quiconque).\r\n\r\nLa sc\u00e8ne r\u00e9v\u00e8le un paysage c\u00f4tier. Au loin se dressent d'\u00e9normes colonnes l\u00e9g\u00e8rement recourb\u00e9es, au nombre de huit, peut-\u00eatre neuf, et qui semblent se fondre dans la brume ;\u00a0au-dessus de celles-ci brille un soleil distordu, l'astre \u00e9trange donnant presque l'impression de se liqu\u00e9fier petit \u00e0 petit. Plus bas, au premier plan, une silhouette \u00e0 genoux l\u00e8ve les bras au ciel dans un geste de supplication horrifi\u00e9e. Enfin, sur le c\u00f4t\u00e9 gauche de la feuille de v\u00e9lin se tiennent quatre silhouettes, \u00e9trangement similaires \u00e0 celles que les deux magiciennes avaient d\u00e9couvertes un peu plus t\u00f4t dans la nef de la cath\u00e9drale... Celles-ci sont \u00e9galement tourn\u00e9es en direction des \u00e9tranges colonnes, comme si ces terribles monticules de pierre humide dissimulaient un indicible secret. Pour Helga et Irena, le doute n'est plus permis ; il existe de toute \u00e9vidence une similitude entre ce d\u00e9cor et les monticules assembl\u00e9s un peu plus t\u00f4t par Jan Peter...\r\n\r\nAlors qu'elle fixe le croquis avec intensit\u00e9, Irena croit voir l'une des silhouettes se tourner vers elle, mais cela ne dure qu'un temps si bref qu'elle croit presque avoir \u00e9t\u00e9 victime de son imagination. Helga, quant \u00e0 elle, ne semble avoir\u00a0rien remarqu\u00e9. Knecht, lui aussi, pense reconna\u00eetre l\u00e0 les quatre Cavaliers de l'Apocalypse, auxquels il manque n\u00e9anmoins leurs attributs \u00e9questres. Cependant, il confesse assez vite le fait qu'il leur manque \u00e0 tous un certain nombre d'\u00e9l\u00e9ments importants. Pour la premi\u00e8re fois, il appara\u00eet clairement que Jakob \u00e9tait un homme bien plus secret qu'on n'aurait pu le croire\u00a0de prime abord, et Knecht avoue craindre pour son \u00e2me, qui selon lui n'a pas trouv\u00e9 le repos. Jan aurait-il \u00e9t\u00e9 la victime du mari d'Helga, et cela par-del\u00e0 la tombe? Chercherait-il \u00e0 achever son oeuvre? Les deux femmes d\u00e9crivent\u00a0ensuite succintement\u00a0au P\u00e8re\u00a0Knecht l'\u00e9trange signe grav\u00e9 sur les monticules de glace, ainsi que la r\u00e9action de Jan au moment de sa destruction, mais sans toutefois oser le dessiner. Au vu du pouvoir mystique dont il semble \u00eatre impr\u00e9gn\u00e9, personne ne pourrait leur reprocher une telle prudence.\r\n\r\n<strong>Requ\u00eate urgente<\/strong>\r\n\r\nLeur conversation est alors interrompue par Quantaestellae, qui vient pr\u00e9venir Helga que Wilhelm la demande de toute urgence.\u00a0Celle-ci s'en va retrouver son cocher qui l'attend effectivement pr\u00e8s de l'entr\u00e9e de la demeure du P\u00e8re Knecht, son visage s\u00e9v\u00e8re encore plus pr\u00e9occup\u00e9 que d'habitude. Il\u00a0informe alors sa ma\u00eetresse qu'une personne est venue le voir de la part des Magist\u00e8res avec un message pour\u00a0elle : Hector d\u00e9sire la voir d'ici dix minutes au <em>Fr\u00f6hliche Leprechaun<\/em>.\u00a0Helga demande \u00e0 Quantastellae de pr\u00e9v\u00e9nir Jan une fois \"son exorcisme\" termin\u00e9, et de lui dire qu'elle a d\u00fb r\u00e9pondre \u00e0 \"une urgence\" ; c'est sur ces paroles que les deux Mages ainsi que Wilhelm prennent la route du restaurant.\r\n\r\n<strong>Au Fr\u00f6hliche Leprechaun<\/strong>\r\n\r\nCelui-ci\u00a0est presque d\u00e9sert lorsqu'elles y p\u00e9n\u00e9trent. Il est alors 14 heures pass\u00e9es de trente minutes. Un serveur se dirige vers Helga\u00a0afin de\u00a0lui donner sa table habituelle, qui est situ\u00e9e dans une alc\u00f4ve, au premier \u00e9tage. A peine install\u00e9es, les deux femmes voient soudainement arriver Jan ; d'une fa\u00e7on ou d'une autre, Quantaestellae a su <em>o\u00f9<\/em> elles se rendaient, et en a inform\u00e9 l'Akashite. Ce dernier a du moins bien meilleure mine \u00e0 pr\u00e9sent, m\u00eame si sa main, pourtant soign\u00e9e la veille, semble \u00eatre \u00e0 nouveau cass\u00e9e... Hector, quant \u00e0 lui,\u00a0s'av\u00e8re \u00eatre\u00a0en retard d'une bonne vingtaine de minutes,\u00a0constat des plus inhabituels pour un homme aussi ponctuel que lui.\r\n\r\nLes trois Mages commencent \u00e0 soup\u00e7onner un pi\u00e8ge, et Jan propose finalement de passer \u00e0 l'action ; plus \u00e9trange encore est le fait que Niklaus, le serveur qui les avait accueillis \u00e0 leur arriv\u00e9e demeure toujours introuvable alors qu'il \u00e9tait\u00a0parti se renseigner au sujet de Malleaux. Jan\u00a0d\u00e9cide d'aller\u00a0faire le guet\u00a0pr\u00e8s de\u00a0l'escalier, et\u00a0ne tarde pas \u00e0 remarquer ledit Niklaus discutant avec une autre personne, elle-m\u00eame\u00a0dissimul\u00e9e dans l'embrasure de la porte d'entr\u00e9e. Helga pendant ce temps, d\u00e9cide d'examiner attentivement le deuxi\u00e8me \u00e9tage, et ressent une subtile vibration\u00a0traverser l'air au moment o\u00f9 elle essaie de suivre Jan en direction du rez-de-chauss\u00e9e. Dehors, un corbeau passe non loin de l\u00e0, son lugubre croassement r\u00e9sonnant dans l'air... et Irena, rest\u00e9e au premier \u00e9tage, entend soudain une voix faible et d\u00e9sincarn\u00e9e lui murmurer l'unique mot de \"Brandenburg\" avant de s'\u00e9teindre...\r\n\r\nJan, une fois de retour, aper\u00e7oit par la fen\u00eatre une silhouette partant du restaurant pour se diriger vers le Stefansdom \u00e0 grands pas \u2014 Grygor, peut-\u00eatre, au vu de ses v\u00eatements sombres et d'aspect monacal ? Les trois\u00a0compagnons \u00e9changent rapidement ce qu'ils ont vu et ressenti avant de s'interrompre, car quelqu'un est en train de gravir rapidement les marches de l'escalier. Jan se dissimule imm\u00e9diatement derri\u00e8re une tenture ; il s'agit en fait de Niklaus, \u00e0 pr\u00e9sent tout sourire et\u00a0portant un plateau de victuailles.\r\n\r\n<strong>Interrogatoire<\/strong>\r\n\r\nEgalement tout sourire, Helga signale au serveur \"un petit probl\u00e8me d'agencement dans le d\u00e9cor du premier \u00e9tage\", et lui demande de s'asseoir \u00e0 sa place afin de \"mieux le voir\". A peine s'est-il\u00a0execut\u00e9 que Jan bondit en avant, lui mettant un couteau sous la gorge avant de\u00a0l'interroger sur l'homme \u00e0 qui il a pr\u00e9c\u00e9demment parl\u00e9. Le serviteur terrifi\u00e9 refuse de r\u00e9pondre directement par crainte d'\u00eatre tu\u00e9, et l'Akashite d\u00e9cide alors de prendre directement l'information dans son esprit. Il y distingue notemment deux noms: \"Ma\u00eetre des Homoncules\", puis \"Mateus\". Egalement impressionn\u00e9 par le regard mena\u00e7ant que lui lance Irena, des reflets de\u00a0lumi\u00e8re ambiante\u00a0dansant dangereusement au plus profond ses yeux couleur carmine, il avoue finalement que l'homme qu'il a rencontr\u00e9 quelques minutes auparavant ne leur voulait aucun mal\u00a0; l'homme d\u00e9sirait seulement s'assurer qu'ils \u00e9taient bien sur les lieux, sans doute afin de garder un oeil sur eux. Il ne lui a pas non plus remis de statuette, ce qui semble \u00eatre plut\u00f4t encourageant. Son interrogatoire \u00e0 pr\u00e9sent termin\u00e9, Helga force\u00a0le serveur\u00a0\u00e0 boire un verre de vin qu'elle a pr\u00e9alablement drogu\u00e9, et\u00a0celui-ci s'effondre sur la banquette, profond\u00e9ment endormi.\r\n\r\n<!--nextpage--><strong>Les Homoncules<\/strong>\r\n\r\nNe sachant encore que faire des noms qu'il a trouv\u00e9 dans l'esprit du jeune Niklaus, Jan les mentionne alors \u00e0 ses deux compagnes. Irena\u00a0ne tarde pas pas \u00e0 leur expliquer\u00a0que le terme d'Homoncule est \u00e9troitement li\u00e9 aux pratiques alchimiques, et m\u00eame \u00e0 l'une des pratiques les plus l\u00e9gendaires de cet Art : cr\u00e9er la vie \u00e0 partir de mati\u00e8re inerte, et cela\u00a0uniquement gr\u00e2ce \u00e0 la puissance magique offerte par la pierre philosophale. Par le pass\u00e9, L'Hermetiste avait d'ailleurs eu l'occasion de s'entretenir avec des Mages pr\u00e9tendant avoir r\u00e9alis\u00e9 une semblable prouesse. Il s'agit\u00a0en tous\u00a0cas d'une sorcellerie tr\u00e8s complexe, dont la cr\u00e9ation de golems, pour certains, ferait \u00e9galement partie.\r\n\r\nLe plus inqui\u00e9tant dans tout cela est que les Mages ne sont pas les seuls \u00e0 employer ce terme : les Tremere le font \u00e9galement de temps \u00e0 autre. Le peu d'informations que poss\u00e8de Irena\u00a0sur\u00a0ce sujet semble cependant le confirmer ; selon elle,\u00a0les Magist\u00e8res\u00a0utiliseraient parfois des cr\u00e9atures ail\u00e9es \u00e0 l'apparence et la force monstrueuses nomm\u00e9es \"Homoncules\", et le rituel utilis\u00e9 lors de leur cr\u00e9ation serait une variante\u00a0thaumaturgique de puissants sortil\u00e8ges Herm\u00e9tistes. Ces cr\u00e9atures ne seraient cr\u00e9\u00e9es qu'en cas de grand danger, et utilis\u00e9es alors comme armes vivantes, dirig\u00e9es\u00a0contre les plus terribles ennemis du Clan.\r\n\r\n<strong>De retour\u00a0sous le\u00a0pont<\/strong>\r\n\r\nSur ces r\u00e9v\u00e9lations peu rassurantes, le groupe se h\u00e2te de quitter le restaurant d\u00e9sormais devenu dangereux et infr\u00e9quentable pour\u00a0prend la route du pont de Brandenburg, qui semble avoir \u00e9t\u00e9 la destination indiqu\u00e9e par la myst\u00e9rieuse voix. Jan reste sur ses gardes durant tout le trajet\u00a0afin de v\u00e9rifier\u00a0si un corbeau suit la berline, et bien vite il est en effet saisi par la certitude que quelqu'un, ou quelque chose, s'est mis \u00e0 leur poursuite. Une fois arriv\u00e9s \u00e0 destination, les trois\u00a0detectives en herbe\u00a0descendent rapidement l'escalier menant sous le pont lui-m\u00eame ; aucune perturbation entropique ne semble troubler la zone en question, mais par mesure de prudence, Helga\u00a0pr\u00e9pare\u00a0un bref rituel afin de demander au Danube d'en interdire l'acc\u00e8s \u00e0 tout esprit potentiellement malfaisant.\r\n\r\nCpendant, une d\u00e9sagr\u00e9able r\u00e9sonance mystique\u00a0impr\u00e8gne encore l'endroit, ce qui n'est gu\u00e8re surprenant \u00e9tant donn\u00e9\u00a0de ce qui s'y est pass\u00e9 r\u00e9cemment. Lorsqu'Helga se rel\u00e8ve, son rituel \u00e0 pr\u00e9sent achev\u00e9, Irena croit d\u00e9celer un mouvement\u00a0pr\u00e8s de\u00a0l'ombre projet\u00e9e par le principal pilier de sout\u00e8nement du pont. Le petit groupe d\u00e9cide d'aller voir de quoi il en retourne, et quelques secondes plus tard,\u00a0une mince silhouette sort soudainement de sa cachette improvis\u00e9e pour s'approcher d'eux\u00a0\u00e0 grands pas : il s'agit d'Hector Malleaux, qui semble particuli\u00e8rement nerveux. Apr\u00e8s de rapides salutations, il confirme que le message enjoignant Helga \u00e0 se rendre au restaurant ne venait pas de lui, mais qu'il est par contre bien responsable de l'appel mental\u00a0lui demandant \u00e0\u00a0elle et ses amis\u00a0de revenir ici. La situation chez les Magist\u00e8res s'est terriblement d\u00e9grad\u00e9e au cours de la nuit pr\u00e9c\u00e9dente ; des tensions d\u00e9j\u00e0 existantes chez ses pairs se sont brutalement aggrav\u00e9es, et le Marquis, son ma\u00eetre, a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 sous s\u00e9questre par mesure de pr\u00e9vention. Une certaine partie de l'Ordre semble vouloir se servir de cette opportunit\u00e9\u00a0afin d'obtenir plus de pouvoir personnel...\r\n\r\n<strong>Nouvelle attaque<\/strong>\r\n\r\nA ce moment pr\u00e9cis, des bruits \u00e9tranges et inqui\u00e8tants\u00a0se font entendre non loin de l\u00e0 ; Mages et Goule d\u00e9cident de quitter les lieux imm\u00e9diatement, mais un \u00e9v\u00e8nement inattendu vient troubler quelque peu leurs plans : en effet, un pseudopode translucide vient de surgir soudainement hors du fleuve dans une violente gerbe d'eau! Helga est\u00a0violemment projet\u00e9e contre le mur, et Hector se retrouve plaqu\u00e9 au sol par ce m\u00eame tentacule, qui semble \u00e0 pr\u00e9sent concentrer toute son attention sur lui. Irena\u00a0court pr\u00eater assistance \u00e0 la Verbena, tandis que Jan d\u00e9cide de venir en aide \u00e0 Malleaux. La\u00a0meilleure solution face \u00e0 un tel adversaire semble \u00eatre la fuite, en partie afin de s'\u00e9loigner du fleuve, et en partie afin d'utiliser l'Incr\u00e9dulit\u00e9 des Dormeurs se trouvant aux alentours\u00a0pour forcer la cr\u00e9ature aquatique \u00e0 faire retraite. Helga, encore sous le choc, n'oppose aucune r\u00e9sistance lorsque l'Herm\u00e9tiste se met \u00e0 l'entra\u00eener vers l'escalier. Jan quant \u00e0 lui\u00a0\u00e9crase d'un coup de pied bien plac\u00e9 le pseudopode aqueux\u00a0qui\u00a0continue de s'acharner sur Hector. Un sifflement suraigu r\u00e9sonne alors dans leurs cr\u00e2nes \u00e0 tous ; Irena en vient presque \u00e0 l\u00e2cher Helga, car la cicatrice sur sa poitrine r\u00e9agit elle aussi \u00e0 ce cri surnaturel, provoquant\u00a0une sensation d'intense br\u00fblure.\r\n\r\nSi les deux femmes parviennent enfin \u00e0 gravir l'escalier sans encombre, Jan et Hector ont quant \u00e0 eux bien moins de chance. Le\u00a0tentacule s'est maintenant divis\u00e9 en deux branches jumelles et frappe \u00e0 nouveau,\u00a0ses formes sinueuses glissant silencieusement\u00a0vers leurs chevilles. Helga tente \u00e0 nouveau d'appeler le Danube afin qu'il vienne \u00e0 leur secours, tandis qu'une onde mystique, peut-\u00eatre de nature entropique, semble cro\u00eetre autour d'Irena au fur et \u00e0 mesure que la cr\u00e9ature gagne en puissance. Comprenant qu'attaquer ne servirait \u00e0 rien, Jan saisit Hector par la taille\u00a0afin de\u00a0sauter litt\u00e9ralement par-dessus la cr\u00e9ature\u00a0et se mettre ensuite \u00e0 l'abri ; malheureusement pour eux, la Goule est rest\u00e9e la cible principale de celle-ci, et\u00a0le second\u00a0pseudopode\u00a0finit par\u00a0s'enrouler autour de son cou, l'entra\u00eenant brutalement en arri\u00e8re. C'est \u00e0 ce moment que Helga se rend compte avec horreur que le Danube\u00a0n'est pas en mesure de\u00a0r\u00e9pondre \u00e0 ses appels et cela pour une raison toute simple :\u00a0la pr\u00e9sence de l'esprit du fleuve\u00a0semble avoir \u00e9t\u00e9\u00a0temporairement bannie\u00a0de la zone entourant le pont...\r\n\r\n<strong>Fuite<\/strong>\r\n\r\nLes coups de Jan ne semblent pas avoir le moindre effet sur la cr\u00e9ature aquatique, et Hector a bien du mal \u00e0 se d\u00e9barrasser du tentacule se resserrant inexorablement autour de son cou. Helga et Irena joignent alors leurs forces dans une tentative d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de contrer toute magye existant dans cette zone, visualisant dans leur esprit une lance de lumi\u00e8re dont l'unique raison d'\u00eatre serait de d\u00e9truire ce monstre \u00e9l\u00e9mentaire. Ces derni\u00e8res\u00a0ne tardent pas \u00e0 se\u00a0liqu\u00e9fier alors\u00a0dans un ultime stridulement, lib\u00e9rant Jan et Hector, et retombant dans l'eau pour y dispara\u00eetre d\u00e9finitivement.\r\n\r\nN'osant s'attarder davantage, les quatre compagnons se pr\u00e9cipitent vers la berline, que Wilhelm avait rapproch\u00e9e du pont lors de l'\u00e9chauffour\u00e9e. Quelques passants s'arr\u00eatent \u00e0 ce moment pr\u00e9cis, les yeux fix\u00e9s sur les flots du Danube, et lorsqu'il se retourne pour jeter un dernier coup d'oeil derri\u00e8re lui, Jan\u00a0voit\u00a0une \u00e9trange \u00e9cume jaun\u00e2tre appara\u00eetre pr\u00e8s de l'ext\u00e9rieur du pont, l\u00e0 o\u00f9 l'ombre de ce dernier vient effleurer les eaux du fleuve. Hector semble en tous cas savoir ce qu'\u00e9tait cette cr\u00e9ature tentaculaire, et promet de tout expliquer, \u00e0 condition toutefois de quitter tr\u00e8s rapidement les lieux.\r\n\r\n<!--nextpage--><strong>Le Ma\u00eetre des Homoncules<\/strong>\r\n\r\nTandis que la berline fait route vers le palais Melvany, Hector r\u00e9v\u00e8le que la personne derri\u00e8re cette attaque est tr\u00e8s certainement le chef du mouvement contestataire qui a fait emprisonner le Marquis : le \"Ma\u00eetre des Homoncules\" lui-m\u00eame. Ce qui va \u00eatre dit \u00e0 ce sujet devra bien entendu rester secret...\r\n\r\nIl existe de nombreux postes d'importance chez les Magist\u00e8res, et le Ma\u00eetre des Homoncules est l'un des plus prestigieux. Ceux qui atteignent cette position comptent parmi les individus les plus dou\u00e9s dans leur Art, au point de pouvoir insuffler, dans une certaine mesure, une partie de leur volont\u00e9 \u00e0 tout ce qu'ils touchent. Hector n'a rencontr\u00e9 que tr\u00e8s peu de fois cette cr\u00e9ature qui n'a \u00e0 pr\u00e9sent plus rien d'humain, selon ses dires ; il s'agit d'un individu d'apparence \u00e2g\u00e9e, vo\u00fbt\u00e9, au regard\u00a0brillant en permanence\u00a0d'une animosit\u00e9 \u00e0 peine dissimul\u00e9e. Ce serait donc cette homme nomm\u00e9 Fyodor qui aurait d\u00e9cid\u00e9 de saisir l'opportunit\u00e9 cr\u00e9e par les r\u00e9cents troubles r\u00e9gnant \u00e0 Vienne\u00a0afin d'organiser\u00a0un coup d'\u00e9tat contre la faction majoritaire au sein de son Clan ; avec son appui, le Marquis\u00a0fut alors \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9, puis accus\u00e9 de faire partie d'une chim\u00e9rique conspiration destin\u00e9e, ironie supr\u00eame,\u00a0\u00e0 renverser l'ordre \u00e9tabli.\u00a0Cette accusation serait fond\u00e9e, pr\u00e9tend-t-il, par un lien existant entre lui et la statuette que l'on aurait retrouv\u00e9 sous le pont de Brandenbourg. Le ma\u00eetre d'Hector est d\u00e9sormais retenu dans l'une des Fondations Tremere situ\u00e9es pr\u00e8s du Grand Palais des Habsbourg.\r\n\r\nDe plus, l'enl\u00e8vement de Francesca semble li\u00e9 \u00e0 tout cela : en effet, quelques heures auparavant, Hector a d\u00e9couvert que Lars avait r\u00e9cemment entretenu des liens \u00e9troits avec le Ma\u00eetre des Homoncules... Tout ceci le trouble profond\u00e9ment, car le tra\u00eetre aurait d\u00fb demeurer sous le contr\u00f4le psychique \u00e9troit du Marquis, et n'aurait pas pu, en temps normal, s'en lib\u00e9rer\u00a0aussi facilement qu'il l'a fait.\r\n\r\nJan ne tarde pas \u00e0 mentionner le nom de Mateus. Hector devient petit \u00e0 petit livide, avant de demander o\u00f9 diable l'Akashite a bien pu\u00a0entendre parler de\u00a0ce nom. L'on apprend alors Mateus \u00e9tait le Sire de Fyodor. Par le pass\u00e9, le Marquis, qui\u00a0a toujours entretenu\u00a0une rivalit\u00e9 passionn\u00e9e avec l'actuel Ma\u00eetre des Homoncules, avait fait discr\u00e9diter Mateus aux yeux de ses condisciples viennois, ce qui provoqua\u00a0indirectement son execution quelques\u00a0ann\u00e9es plus tard... Il s'agit l\u00e0 de l'un des actes politiques\u00a0ayant entra\u00een\u00e9 le plus de remords et d'inqui\u00e8tudes chez Damien de Laplace, mais le mal \u00e9tait fait, et la haine de Fyodor, est\u00a0rapidement devenue\u00a0inextinguible.\r\n\r\n<strong>Grygor et Fyodor?<\/strong>\r\n\r\nHector avoue toutefois ne conna\u00eetre aucun Grygor... ce qui n'exclut pas l'hypoth\u00e8se d'une alliance temporaire entre cet \u00e9trange sorcier et le Ma\u00eetre des Homoncules... La Goule ne sait pas non plus o\u00f9 se trouve Francesca, bien que le Riesenrad pourrait constituer un point de d\u00e9part tout \u00e0 fait plausible. Quoi qu'il en soit, Malleaux semble \u00eatre isol\u00e9, mis au ban par ses ma\u00eetres, et les informations qu'il d\u00e9tient \u00e0 pr\u00e9sent constituent sans doute la principale raison des menaces qui p\u00e8sent sur lui.\r\n\r\nIrena , apr\u00e8s plusieurs minutes de reflexion, semble consid\u00e9rer\u00a0la possibilit\u00e9 d'un lien existant entre Grygor et Fyodor. Grygor aurait certainement pu briser le sortil\u00e8ge de contr\u00f4le psychique unissant Lars au Marquis ; quant\u00a0aux fameux\u00a0rituels fond\u00e9s sur l'utilisation de statuettes enchant\u00e9es, Hector les trouve quant \u00e0 lui \u00e9tonnament similaires \u00e0 ceux utilis\u00e9s par le Ma\u00eetre des Homoncules. Tout comme pour le lien impos\u00e9 par le Marquis\u00a0\u00e0 son ancienne Goule tch\u00e8que, le sang semblait y jouer un r\u00f4le d'importance.\r\n\r\nJan finit par \u00e9mettre l'hypoth\u00e8se que Fyodor ait tout simplement laiss\u00e9 un pi\u00e8ge sous le pont, sachant que Hector viendrait peut-\u00eatre s'y r\u00e9fugier, et qu'en fait, personne ne suivait personne. Quant au corbeau lui-m\u00eame, il s'agit-l\u00e0\u00a0sans doute\u00a0du familier de Grygor... \u00e0 moins qu'il ne soit bien plus que cela..?\r\n\r\n<strong>Plan de bataille<\/strong>\r\n\r\nLe temps presse cependant, et une fois install\u00e9s dans le petit salon du Palais Melvany, Mages et Goule tentent de mettre au point un plan de bataille efficace avec les \u00e9l\u00e9ments qu'ils ont entre les mains. Ils commencent par envisager une diversion, allant m\u00eame jusqu'\u00e0 se demander si la menace qui p\u00e8se sur les liens du sang, de par les actions de Grygor, ne pourrait pas servir \u00e0 impliquer d'autres\u00a0Vampires viennois. Jan propose \u00e9galement d'utiliser ses talents de perception spatiale afin de localiser Francesca, ou au moins de se projeter dans ses pens\u00e9es, et cela malgr\u00e9 le risque de d\u00e9clencher un \u00e9ventuel signal d'alarme mystique. Au vu de la vision qu'il a eue la nuit derni\u00e8re, le Riesenrad et sa grande roue sont en tous cas la cl\u00e9 de tout ceci, il en est persuad\u00e9.\r\n\r\nTous quatre se pr\u00e9parent, qui en fabriquant des bombes au poivre, qui en assemblant un grappin de fortune, qui en mettant au point des charges explosives improvis\u00e9es ; cela donne d'ailleurs l'occasion de constater de visu les pouvoirs surnaturels d'Hector, qui s'av\u00e8re \u00eatre capable de tordre un tisonnier \u00e0 mains nues. Suggestion est faite de passer par les \u00e9go\u00fbts, mais Hector profite de cette occasion pour mettre ses compagnons en garde : il s'agit l\u00e0 du territoire de cr\u00e9atures similaires aux Magist\u00e8res, et qui sont\u00a0toutes aussi dangereuses \u00e0 leur mani\u00e8re. Des pr\u00e9dateurs auxquels il faudrait tout d'abord demander droit de passage. D'un autre c\u00f4t\u00e9, celles-ci n'appr\u00e9cient gu\u00e8re Fyodor, qui aurait abus\u00e9 de leur confiance un si\u00e8cle auparavant, une date qui semble co\u00efncider avec sa relative mise au ban de la soci\u00e9t\u00e9 vampirique. Le Ma\u00eetre des Homoncules est tol\u00e9r\u00e9 par ses pairs, mais sa position sur l'\u00e9chiquier vampirique para\u00eet \u00eatre des plus instables...\r\n\r\n<strong>Tarot<\/strong>\r\n\r\nIl est maintenant plus de 19h, et Jan, qui s'\u00e9tait jusque l\u00e0\u00a0isol\u00e9 afin d'entrer en contact psychique\u00a0avec Francesca, revient\u00a0finalement\u00a0dans le\u00a0petit salon, l'air assez perplexe. Il demande alors \u00e0 Helga si sa gouvernante a des origines gitanes, ce qui surprend profond\u00e8ment la jeune femme,\u00a0puisqu'elle sait que sa servante\u00a0est originaire de Bologne, et qu'elle est de souche purement italienne. Durant son rituel de perception extrasensorielle,\u00a0le mercenaire\u00a0a en effet cru voir une porte, puis Francesca, sous l'aspect d'une diseuse de bonne aventure, lui indiquant une carte de tarot. Celle-ci portait une inscription la d\u00e9crivant comme \u00e9tant <em>\"Le Suppliant\"<\/em>, et l'on pouvait y voir un spectre sortant d'un cercueil ouvert, devant lequel se tenait un homme \u00e0 genoux ; puis, contre toute attente, l'image de l'homme, du 'Suppliant',\u00a0a fini par se tourner\u00a0lentement vers l'Akashite, qui pr\u00e9f\u00e9ra choisir ce moment pour interrompre son sortil\u00e8ge.\u00a0Le visage de cette chose, horriblement br\u00fbl\u00e9 et enlaidi par une m\u00e2choire fa\u00e7onn\u00e9e \u00e0 partir de m\u00e9tal noirci, est rapidement\u00a0identifi\u00e9 par Hector lorsque Jan lui en fait la description. Fyodor lui-m\u00eame semble hanter les songes de Francesca, ce qui n'est certainement pas un signe encourageant. Il s'agit en tout cas d'une carte appartenant \u00e0 un type de\u00a0tarot qu'Irena ne conna\u00eet pas, un jeu qui a sans doute \u00e9t\u00e9 personnalis\u00e9 ; n\u00e9anmoins, Helga pense avoir d\u00e9j\u00e0 vu un\u00a0objet tel que celui-ci\u00a0entre les mains de Jakob et du P\u00e8re Knecht.\r\n\r\nPris d'un doute soudain, les trois Mages vont alors fouiller la chambre de Francesca, mais n'y trouvent rien de particulier, sinon ses \u00e9conomies, dans une bo\u00eete dissimul\u00e9e sous le plancher.\r\n\r\n<strong>Dangereux rituel<\/strong>\r\n\r\nUne fois nantis d'un plan rudimentaire trouv\u00e9 dans la biblioth\u00e8que de Jakob, les trois Mages\u00a0d\u00e9cident de rechercher les\u00a0diff\u00e9rentes entr\u00e9es du parc abritant le Riesenrad, et finissent par inspecter rapidement la topographie\u00a0des terrains\u00a0alentours. Le Prater lui-m\u00eame est situ\u00e9 entre les p\u00e2turages d'un riche exploitant fermier et la propri\u00e9t\u00e9 d'une famille d'importateurs textiles dont la maison, \u00e0 300 m de l\u00e0, est maintenant \u00e0 l'abandon et semble m\u00eame \u00eatre en ruines. Il s'agirait l\u00e0 d'une cachette id\u00e9ale, puisque la b\u00e2tisse est retranch\u00e9e derri\u00e8re une frondaison d'arbres... une position id\u00e9ale pour eux aussi bien que pour leurs adversaires potentiels. Le plan concorde en tout cas avec la vision qu'\u00e0 eu Jan de l'endroit quelques heures plus t\u00f4t ; son instinct le pousse \u00e0 affirmer que si Francesca est bien l\u00e0-bas, il faudrait plut\u00f4t songer \u00e0 la chercher du c\u00f4t\u00e9 de la grande roue.\r\n\r\nEn \u00e9tudiant plus attentivement la zone entourant le Riesenrad sur le plan, nos trois compagnons d'infortune se rendent assez vite compte que les parties les plus importantes, les plus ais\u00e8ment rep\u00e9rables\u00a0du Prater forment en fait une sorte de pentacle, avec Francesca sans doute plac\u00e9e\u00a0en son\u00a0centre. Ils commencent alors \u00e0 y voir l\u00e0 la possible pr\u00e9paration d'un rituel sacrificiel destin\u00e9 \u00e0 ressusciter Mateus. Francesca pourrait \u00eatre l'app\u00e2t, et ses sauveurs \u00eatre en fait le sacrifice. Irena pense d\u00e8s lors \u00e0 d\u00e9truire une partie de ce gigantesque symbole, afin d'emp\u00eacher, ou tout du moins de ralentir l'ex\u00e9cution d'un tel rituel. Interrog\u00e9 sur le sujet, Fr\u00e8re Piotr semble penser sensiblement la m\u00eame chose : d\u00e9truire le point focal s'impose.\r\n\r\n<strong>Mais que fait donc Hector?<\/strong>\r\n\r\nHelga s'en va chercher la longue-vue de Jakob, et voit alors Wilhelm sortir du petit salon, l'air hagard et avec une longue tra\u00een\u00e9e de sang visible sur son cou. Il a \u00e9t\u00e9 apparemment frapp\u00e9 par un objet contondant alors qu'il pr\u00e9parait les sacs pour l'exp\u00e9dition nocturne, et avoue piteusement que le coupable n'est autre qu'Hector, qui s'est empar\u00e9 d'un cheval et n'a laiss\u00e9 pour excuse que ces quelques mots: \"Je suis vraiment navr\u00e9.\" Le Marquis aurait-il rappel\u00e9 son homme-lige, et cela de toute urgence...?\r\n\r\n<strong>L'incendie<\/strong>\r\n\r\nEnfin pr\u00eats \u00e0 partir, les trois\u00a0apprentis sauveteurs\u00a0montent \u00e0 bord de la berline d'Helga. Apr\u00e8s tout juste dix minutes de trajet, Wilhelm arr\u00eate le v\u00e9hicule au sommet de la butte situ\u00e9e au sud de la ville et leur demande de regarder par la fen\u00eatre. De l\u00e0 o\u00f9 ils sont, on peut tr\u00e8s bien voir l'agglom\u00e9ration, et y distinguer \u00e0 pr\u00e9sent plusieurs langues de feu dansant rageusement en son sein. Gr\u00e2ce \u00e0 sa propre longue-vue, Jan distingue plus particuli\u00e8rement un vieux b\u00e2timent d\u00e9j\u00e0 presque enti\u00e8rement d\u00e9vor\u00e9 par les flammes et entour\u00e9 par plusieurs dizaines de personnes\u00a0ainsi que par\u00a0des pompiers ;\u00a0au loin, derri\u00e8re l'incendie,\u00a0se profile la silhouette d'un\u00a0gigantesque b\u00e2timent... L'ancien palais royal... l\u00e0 o\u00f9 le Marquis serait cens\u00e9 \u00eatre retenu prisonnier. Une diversion a bien \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e, mais c'est Fyodor qui a de toute \u00e9vidence pris l'offensive, ce qui expliquerait le d\u00e9part si pr\u00e9cipit\u00e9 d'Hector.\r\n\r\n<!--nextpage--><strong>Pr\u00e8s du parc<\/strong>\r\n\r\nNe pouvant rien faire en ce qui concerne l'incendie, le petit groupe se remet en route pour le parc du Prater ; Wilhelm arr\u00eate ensuite le v\u00e9hicule \u00e0 deux cents m\u00e8tres de la maison rep\u00e9r\u00e9e sur le plan, afin de ne pas attirer l'attention d'\u00e9ventuels gardiens. Une fois descendue, Helga accomplit \u00e0 nouveau son rituel permettant de ne pas laisser de traces dans la neige, et tandis qu'Irena prend soin d'effectuer un examen minutieux des\u00a0mouvements d'\u00e9nergie\u00a0entropique\u00a0autour du\u00a0parc, Jan part en \u00e9claireur vers la demeure laiss\u00e9e \u00e0 l'abandon. Irena n'a h\u00e9las pas le temps de le pr\u00e9venir de ce qu'elle ressent au bout d'\u00e0 peine quelques minutes : une pr\u00e9sence froide, semblant se moquer des trois Mages, ne lui \u00e9voquant rien de moins que le mot de \"<em>Ma\u00eblstrom<\/em>\". Quelque chose\u00a0qui demeure tapie pr\u00e8s de la grande roue, comme assoupie aux abords d'un noeud de puissance magyque, l'utilisant afin de cro\u00eetre et gagner en force, quelque chose qui\u00a0ressemble \u00e9trangement\u00a0\u00e0 un\u00a0puissant Node entropique sur le point de s'\u00e9veiller. Alors qu'elle est sur le point de cesser son rituel de\u00a0perception magyque pour pr\u00e9venir ses amis du danger qui les menace, l'Herm\u00e9tiste d\u00e9couvre alors l'existence d'autres noeuds de puissance mystique \u00e0 l'int\u00e9rieur du parc, et formant vaguement un triangle. A ce moment pr\u00e9cis, un juron retentit, r\u00e9sonnant bien trop fort \u00e0 leur go\u00fbt dans cette nuit hivernale ;\u00a0 la voix est celle de Jan, qui \u00e9tait justement parti dans la direction de l'une de ces zones suspectes.\r\n\r\nIrena pr\u00e9vient sa comparse Verbena que Jan est sans doute en danger, ou le sera tr\u00e8s bient\u00f4t ; ce dernier ne tarde pas \u00e0 remarquer une pr\u00e9sence non loin de lui, presque invisible, attendant tel un chasseur \u00e0 l'aff\u00fbt non loin de l\u00e0,\u00a0dans la propri\u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e. Les deux femmes disent \u00e0 Wilhelm de les attendre deux cent m\u00e8tres en arri\u00e8re et d'\u00e9teindre la lanterne du v\u00e9hicule,\u00a0puis\u00a0se saisissent des sacs contenant leur mat\u00e9riel d'infiltration improvis\u00e9 pour se diriger vers Jan. Alors qu'elle v\u00e9rifie une fois encore la pr\u00e9sence de noeuds entropiques dans les environs, Irena per\u00e7oit une silhouette \u00e0 demi dissimul\u00e9e derri\u00e8re une chemin\u00e9e de la demeure en ruines, une\u00a0cr\u00e9ature d\u00f4t\u00e9e\u00a0d'une forte corpulence, nantie de larges ailes fr\u00e9missantes (*) et dont l'existence m\u00eame semble \u00eatre une insulte aux lois de la R\u00e9alit\u00e9. Effa\u00e7ant son cercle focal <span style=\"font-family: Trebuchet MS;\">\u2014<\/span> sur lequel un flocon de neige vient de tomber, marquant la case de Mars... <span style=\"font-family: Trebuchet MS;\">\u2014<\/span> Irena rejoint rapidement la frondaison d'arbres marquant l'entr\u00e9e de la propri\u00e9t\u00e9, s'y dissimulant avec pr\u00e9cautions avant d'avertir Jan et Helga au sujet de ce qu'elle a per\u00e7u.\r\n\r\n<strong>Infiltration<\/strong>\r\n\r\nComprenant qu'un affrontement ne serait sans doute pas \u00e0 leur avantage, les trois jeunes gens attendent quelques instants derri\u00e8re leur cachette, puis se servent du couvert offert par les broussailles\u00a0afin de\u00a0gagner la for\u00eat situ\u00e9e derri\u00e8re le parc. Ils\u00a0remarquent alors au passage la pr\u00e9sence d'un corbeau non loin de l\u00e0, qui s'envole imm\u00e9diatement vers Vienne... par le chemin-m\u00eame qu'ils ont emprunt\u00e9. Jan, arriv\u00e9 le premier \u00e0 l'or\u00e9e de\u00a0la\u00a0for\u00eat, aide ses compagnes \u00e0 s'y glisser sans se faire remarquer, et depuis l'endroit o\u00f9 il se trouve, l'Akashite voit la cr\u00e9ature qui montait la garde dans la maison prendre son envol elle aussi.\r\n\r\nProfitant l\u00e0 encore du\u00a0rideau d'ombre offert par les\u00a0arbres, les trois\u00a0comp\u00e8res unissent leurs efforts afin de renforcer magyquement les charges explosives qu'ils avaient pr\u00e9par\u00e9 un peu plus t\u00f4t, sachant qu'il devront les placer dans l'heure pour qu'elles remplissent leur office. Au bout d'un quart d'heure d'une progression p\u00e9nible, emplie de tension et de nervosit\u00e9, ils arrivent enfin au mur de briques rouges\u00a0d\u00e9limitant l'arri\u00e8re du Prater ; Jan a t\u00f4t fait de constater la pr\u00e9sence de traces de pas dans la neige,\u00a0ce qui prouverait que cette partie du parc est devenue un chemin de ronde...Communiquant avec le lierre qui a envahi une partie du mur, Helga d\u00e9termine avec peine la pr\u00e9sence de sept points o\u00f9 sa structure semble \u00eatre fragilis\u00e9e, et ses compagnons d\u00e9cident alors de se servir de ces rep\u00e8res afin de placer leurs explosifs.\u00a0Apr\u00e8s un moment d'intense nervosit\u00e9 provoqu\u00e9 par le passage d'un groupe de gardes visiblement assez d\u00e9tendus, et qui semblaient inspecter l'autre c\u00f4t\u00e9 du mur,\u00a0les Mages\u00a0ach\u00e8vent leur oeuvre en laissant Irena amplifier une derni\u00e8re fois le potentiel entropique des charges, dans le but de magnifier leur explosion.\u00a0 Jan, quant \u00e0 lui, d\u00e9cide d'aller placer les derniers pains d'explosifs sur une deuxi\u00e8me extr\u00e9mit\u00e9 du pentacle form\u00e9 par les murs du parc, \u00e0 quelques dizaines de m\u00e8tres de l\u00e0.\r\n\r\n<strong>Boum, quand le Prater fait boum...<\/strong>\r\n\r\nLorsque les deux femmes rejoignent l'Akashite quelques minutes plus tard, celui-ci leur montre une lourde porte de m\u00e9tal qu'il a rep\u00e9r\u00e9e en route : celle-l\u00e0 m\u00eame qu'il avait\u00a0vue pr\u00e9c\u00e9demment\u00a0lors de\u00a0sa seconde vision. Il s'agit apparemment d'une porte de service, qui m\u00e8ne \u00e0 un sentier d\u00e9blay\u00e9 depuis peu. Forc\u00e9s une fois encore de laisser passer deux gardes non loin de la porte, qui semble\u00a0les dissimuler pour le moment, les Mages ont enfin l'occasion d'essayer les cl\u00e9s trouv\u00e9es quelque temps auparavant dans le jardin du Palais Melvany :\u00a0l'une d'elles s'av\u00e8re en effet correspondre \u00e0 la serrure.\r\n\r\nJan fait signe \u00e0 ses amies de se pr\u00e9parer \u00e0 passer par la porte, et\u00a0d\u00e9clenche imm\u00e9diatement apr\u00e8s cela l'explosion des charges. Le r\u00e9sultat est \u00e0 la hauteur de leurs esp\u00e9rances, et malheureusement plus encore, en tout cas du point de vue d'Irena, qui tombe \u00e0 genoux, la poitrine transperc\u00e9e par une \u00e9trange douleur \u00e0 l'endroit m\u00eame o\u00f9 l'amulette avait laiss\u00e9 sa marque sinistre il n'y a pas si longtemps.\u00a0Un second mur explose\u00a0alors \u00e0 cet instant pr\u00e9cis,\u00a0sans\u00a0que\u00a0quiconque sur place puisse expliquer pourquoi\u00a0; de plus, le large pan de pierres qui s'effondre alors vient heurter des mat\u00e9riaux visiblement inflammables. Une langue de feu ne tarde pas \u00e0 jaillir vers le ciel, et en quelques secondes, un incendie se d\u00e9clare, suivi d'une troisi\u00e8me\u00a0d\u00e9flagration,\u00a0provoquant une v\u00e9ritable panique parmi les gardes. Des cris de terreurs, puis un long hurlement de rage, viennent confirmer ce constat. Helga, tout aussi \u00e9tonn\u00e9e que ses compagnons, croit remarquer la pr\u00e9sence d'un autre corbeau les observant depuis la for\u00eat, mais ce dernier dispara\u00eet tout aussi rapidement qu'il lui \u00e9tait apparu.\r\n\r\nSachant qu'il n'auront pas beaucoup de temps pour profiter de cet effet de surprise, Jan et Helga se pr\u00e9cipitent tout de m\u00eame vers\u00a0l'int\u00e9rieur du parc, suivis tant bien que mal par une Irena encore en \u00e9tat de choc. La porte en fer maintenant ouverte donne sur une petite all\u00e9e enneig\u00e9e ; le b\u00e2timent le plus proche se trouve bien \u00e0 75 m de l\u00e0, mais fort heureusement, les gardes que voient passer les trois\u00a0intrus ne semblent pr\u00eater aucune attention \u00e0 leur pr\u00e9sence pour le moment. Jan referme la porte \u00e0 cl\u00e9, ce qui attire h\u00e9las l'attention de la patrouille situ\u00e9e \u00e0 l'ext\u00e9rieur du parc, \u00e0 pr\u00e9sent toute proche. Non loin de l\u00e0 s'\u00e9l\u00e8ve \u00e0 nouveau le cri de rage entendu pr\u00e9c\u00e9demment, pouss\u00e9 par une gorge bestiale, non-humaine, appartenant certainement \u00e0 l'une ou l'autre de ces grandes cr\u00e9atures ail\u00e9es aper\u00e7ues pr\u00e8s du parc. L'Akashite condamne\u00a0cette issue\u00a0\u00e0 la h\u00e2te avec quelques planches trouv\u00e9es non loin de l\u00e0 avant de s'\u00e9loigner, ne voulant pas laisser ses compagnons seuls plus longtemps face \u00e0 un tel danger.\r\n\r\nArriv\u00e9s au b\u00e2timent qu'ils avaient entraper\u00e7u un peu plus t\u00f4t, nos h\u00e9ros remarquent que les portes de celui-ci sont entrouvertes.\u00a0A leur gauche, gisant dans une lourde caisse \u00e0 peine b\u00e2ch\u00e9e, on peut voir un tas de pancartes \u00e0 demi recouvertes de poix, l'une d'entre elles portant la mention \"<em>Madame Zora, voyante extra-lucide<\/em>\" (expliquant sans doute la raison de la pr\u00e9sence d'une Francesca v\u00eatue en gitane dans la vision de Jan). Helga, quant \u00e0 elle, se concentrant autant qu'elle le peut dans une atmosph\u00e8re aussi chaotique, parvient enfin \u00e0 sentir la pr\u00e9sence de sa domestique, qui doit selon elle se trouver sous terre. Tandis qu'Irena, encore quelque peu secou\u00e9e, monte la garde, ses deux amis d\u00e9cident de d\u00e9placer la caisse. Celle-ci dissimulait\u00a0en fait une trappe menant \u00e0 un souterrain, et il est fort heureux qu'elle ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9gag\u00e9e aussi facilement et que la deuxi\u00e8me cl\u00e9 du trousseau de Lars ait p\u00fb l'ouvrir, car l'une des cr\u00e9atures volantes de Fyodor se pr\u00e9cipite alors\u00a0vers les trois Mages en poussant un\u00a0feulement strident. Ceux-ci ont tout juste le temps de se jeter dans l'ouverture ainsi d\u00e9gag\u00e9e et de refermer la trappe sur eux, laissant leur assaillant s'\u00e9craser avec fracas contre le mur de la b\u00e2tisse.\r\n\r\n<strong>Dungeon Crawl<\/strong>\r\n\r\nLe couloir sur lequel donnait la trappe semble \u00eatre en fait un escalier, dont les marches presque enti\u00e8rement invisibles sont faiblement \u00e9clair\u00e9es\u00a0par des lampes-temp\u00eate noires accroch\u00e9es au mur. Un tr\u00e8s l\u00e9ger courant d'air balaye le souterrain, indiquant que celui-ci poss\u00e8de une autre sortie, bien que cela ne soit pas encore la pr\u00e9occupation premi\u00e8re des trois explorateurs... Helga per\u00e7oit toujours, et fort heureusement les battements de coeur tr\u00e8s diffus de Francesca ;\u00a0Irena, qui s'efforce quant \u00e0 elle de pr\u00e9parer mystiquement le groupe \u00e0 une \u00e9ventuelle tentative d'embuscade, constate que la zone toute enti\u00e8re s'av\u00e8re \u00eatre comme imperm\u00e9abilis\u00e9e, rendant l'\u00e9tablissement d'un effet magyque beaucoup plus difficile. Tout ce qu'elle r\u00e9ussit \u00e0 percevoir sont des silhouettes sans forme dansant presque au-del\u00e0 de son champ de vision, ainsi que\u00a0des bribes de conversations incompr\u00e9hensibles, parmi lesquelles revient toujours le m\u00eame mot, dans une psalmodie rauque et angoissante\u00a0: <strong><em>Enneakephalos..<\/em><\/strong>.\r\n\r\nAu bout de 150 marches environ, le long escalier s'interrompt brusquement, r\u00e9v\u00e9lant\u00a0un palier ainsi qu'une pi\u00e8ce \u00e9troite, d'un aspect plut\u00f4t lugubre. Jan fait rapidement signe \u00e0 ses amies de s'arr\u00eater, car des pas r\u00e9sonnent maintenant dans l'escalier, sans qu'il soit toutefois possible de savoir s'ils viennent d'en haut ou d'en bas. Usant des zones d'ombre cr\u00e9\u00e9es par les lanternes afin de rester dissimul\u00e9, Jan, qui s'est avanc\u00e9 avec prudence, distingue les jambes d'un homme\u00a0portant de lourdes bottes de marche, fort semblables \u00e0 celles que portaient les bandits\u00a0enr\u00f4l\u00e9s par\u00a0Lars Kriczek. L'homme porte \u00e9galement une bandouli\u00e8re de cartouches, ainsi qu'un pistolet et deux couteaux \u00e0 la ceinture ; au bruit de ses pas, Jan comprend qu'il est seul. L'Akashite d\u00e9cide alors de faire diversion en lan\u00e7ant un caillou sur une lanterne situ\u00e9e un peu plus loin ; celle-ci tombe, r\u00e9pandant de l'huile enflamm\u00e9e sur le sol. Le garde se pr\u00e9cipite vers la lampe afin d'\u00e9teindre ce d\u00e9but d'incendie \u00e0 l'aide de sa veste, et c'est \u00e0 ce moment que Jan sort sa propre lame de son fourreau et se jette sur lui\u00a0dans un silence impressionant,\u00a0l'assommant d'un coup de pommeau bien plac\u00e9. Toute menace\u00a0\u00e0 pr\u00e9sent\u00a0\u00e9cart\u00e9e, le mercenaire indique aux deux femmes que la voie est libre, et tous trois reprennent leur descente avec prudence.\r\n\r\n<strong>Dans l'antre du dragon<\/strong>\r\n\r\nL'arche sous laquelle\u00a0les trois explorateurs\u00a0passent alors donne sur un autre couloir, un peu plus \u00e9troit, o\u00f9 se trouve une porte en acier au-dessus de laquelle est plac\u00e9 un \u00e9trange symbole : un serpent ail\u00e9, sans doute un dragon, \u00e0 l'image des blasons g\u00e9n\u00e9ralement utilis\u00e9s\u00a0parmi la populace slave en tant que symbole de force et de brutalit\u00e9, mais aussi d'honneur. Jan entrouvre la porte, qui donne sur un couloir identique au pr\u00e9c\u00e9dent bien que plus \u00e9troit, puis sur une autre porte\u00a0arborant le m\u00eame blason. A chaque coin du couloir, de lourds tonnellets cercl\u00e9s de fer ainsi que des sacs de toile\u00a0li\u00e9s ensemble par une longue corde noir\u00e2tre\u00a0alourdissent la pi\u00e8ce\u00a0d'une d\u00e9sagr\u00e9able odeur de nourriture pourrissante. La lente m\u00e9lop\u00e9e\u00a0entendue un peu plus t\u00f4t\u00a0s'\u00e9l\u00e8ve \u00e0 nouveau aux oreilles d'Irena, et lorsqu'elle effleure l'un des tonneaux du bout des doigts <span style=\"font-family: Trebuchet MS;\">\u2014 <\/span>certains semblent d'ailleurs dissimuler grossi\u00e8rement\u00a0une trappe <span style=\"font-family: Trebuchet MS;\">\u2014<\/span> un \u00e9trange et fort d\u00e9agr\u00e9able sifflement ne tarde pas \u00e0 s'insinuer dans son esprit,\u00a0s'\u00e9vanouissant apr\u00e8s quelques secondes, mais laissant derri\u00e8re lui une subtile impression de menace.\r\n\r\nJan entrouvre discr\u00e8tement la porte\u00a0: le son de voix rocailleuses conversant\u00a0dans une langue\u00a0\u00e9trang\u00e8re, probablement d'origine slave\u00a0se fait alors entendre, accompagn\u00e9 de bruits de verres qui s'entrechoquent, comme lors d'un d\u00eener. Le mercenaire allemand intime alors imm\u00e9diatement \u00e0 ses amies de faire retraite. N'ayant d'autre choix que de continuer en passant par la trappe, les trois Mages d\u00e9gagent cette derni\u00e8re avec pr\u00e9caution,\u00a0d\u00e9couvrant litt\u00e9ralement\u00a0une \u00e9chelle m\u00e9tallique qui\u00a0semble descendre jusqu'\u00e0 un couloir inclin\u00e9 et formant un 'U' rudimentaire. Selon Helga, Francesca n'est plus tr\u00e8s loin, cela est quasiment certain. Jan quant \u00e0 lui, et par mesure de prudence, d\u00e9cide de reprendre la t\u00eate de la petite exp\u00e9dition.\r\n\r\nUne fois le tournant pass\u00e9, le couloir s'ouvre sur une petite alc\u00f4ve. Celle-ci abrite des marches descendant vers un autre couloir, ou peut-\u00eatre une grande salle ; au bas de ce court escalier se trouve une nouvelle porte m\u00e9tallique, qui cette fois ne porte aucun symbole. La '<em>salle<\/em>' en question semble faire\u00a0au moins\u00a0une centaine de m\u00e8tres de long, et s'ach\u00e8ve par une longue vol\u00e9e de marches menant \u00e0 une vaste arcade soutenue par neuf piliers, fort semblables \u00e0 ceux qu'Irena et Helga ont pu voir sur l'esquisse que leur avait montr\u00e9 le P\u00e8re Knecht. Ceux-ci dissimulent partiellement\u00a0ce qui\u00a0pourrait \u00eatre une autre alc\u00f4ve, situ\u00e9e un peu plus loin, de l'autre c\u00f4t\u00e9 de la salle. Autour des piliers s'enroulent de longs serpents de marbre, et de cette m\u00eame direction provient un doux et sinistre clapotis. Selon Jan, cette salle doit se trouver \u00e0 peu de choses pr\u00e8s au centre du pentacle sommaire qu'ils avaient d\u00e9fini un peu plus t\u00f4t\u00a0gr\u00e2ce \u00e0\u00a0leur plan du parc. Sur les murs, de chaque c\u00f4t\u00e9 de cette pi\u00e8ce aux allures de cath\u00e9drale chtonnienne, des symboles grav\u00e9s \u00e0 m\u00eame la pierre, aux formes sinueuses et malsaines, s'\u00e9tendent sur une dizaine de m\u00e8tres ;\u00a0les lampes-temp\u00eate accroch\u00e9es\u00a0tout autour d'eux\u00a0ne font rien pour rendre plus agr\u00e9able la vision de cet endroit cauchemardesque, car la lumi\u00e8re qu'elles projettent est d'un vert intense, presque glacial.\r\n\r\nAucune trace vie ne semble pr\u00e9sente en ces lieux, et nulle trace de Francesca n'est\u00a0rep\u00e8rable \u00e0 premi\u00e8re vue, bien qu'elle soit maintenant toute proche. Toutefois, lorsque Jan s'approche de la porte ferm\u00e9e, il lui semble entendre des murmures venant de l'autre c\u00f4t\u00e9 du battant, des mots dont les intonations sont tr\u00e8s similaires \u00e0 celles qu'ils ont entendus\u00a0au cours\u00a0de leur exploration souterraine. Selon Helga, c'est de\u00a0l\u00e0\u00a0que proviennent les battements de coeur de sa domestique, sur lesquels elle n'a cess\u00e9 de se concentrer depuis le d\u00e9but de leur descente...\r\n\r\n<span style=\"font-size: 8pt\">(*) NDI: Vous aurez bien s\u00fbr tous reconnu ici une Gargouille aux ordres des Tremere.<\/span>\r\n\r\n<!--nextpage--><strong>Kreat\u00fcr!<\/strong>\r\n\r\nJan\u00a0chuchote \u00e0 ses compagnons\u00a0que la personne \u00e0 l'int\u00e9rieur de la pi\u00e8ce est probablement seule, et qu'elle se trouve assez loin de la porte ; toutefois, si cet homme semble bien mener une conversation, le mercenaire ne parvient pas \u00e0 d\u00e9terminer avec qui. Peut-\u00eatre avec sa malheureuse captive...? Irena allume alors l'une des lanternes que le petit groupe avaient apport\u00e9es, ne serait-ce que pour \u00eatre capable de mieux surveiller la grande salle et ses sombres recoins. Jan se pr\u00e9pare \u00e0 enfoncer la porte, son couteau \u00e0 la main ; mais lorsqu'il ouvre cette derni\u00e8re \u00e0 la vol\u00e9e,\u00a0pr\u00eat \u00e0\u00a0lancer son arme, celle-ci lui \u00e9chappe des mains sous le coup de la surprise. L'homme\u00a0se tenant\u00a0debout \u00e0 l'int\u00e9rieur de ce qui appara\u00eet \u00eatre une cellule improvis\u00e9e, et qui se tourne lentement vers lui, n'a plus grand-chose d'humain, \u00e0 part des v\u00eatements plus ou moins similaires \u00e0 ceux des bandits que nos trois sauveteurs\u00a0ont rencontr\u00e9s un peu plus t\u00f4t. Son visage est \u00e9maci\u00e9, sa langue pendante, sa peau verte et \u00e9cailleuse, et la lourde masse qu'il tient \u00e0 la main est \u00e0 la mesure de sa haute taille et de sa forte corpulence. Poussant une exclamation de stupeur, l'Akashite parvient tout juste \u00e0 faire un pas en arri\u00e8re et \u00e0 \u00e9viter d'\u00eatre touch\u00e9 par la cr\u00e9ature qui d\u00e9j\u00e0 se pr\u00e9cipite sur lui.\u00a0Alors que\u00a0celle-ci l\u00e8ve \u00e0 nouveau son\u00a0arme afin de\u00a0porter une seconde attaque, Irena, dans un r\u00e9flexe instinctif, lui fracasse sa lanterne sur la nuque, un flot d'huile enflamm\u00e9e se r\u00e9pandant rapidement sur sa chemise.\r\n\r\nCette fois, c'est au tour de la chose - est-ce m\u00eame une Goule? - de pousser un cri ; elle recule de deux pas, secouant la t\u00eate comme pour se d\u00e9barrasser de ce liquide qui lui br\u00fble les chairs. Profitant de cette opportunit\u00e9, Jan lui lance alors le dernier\u00a0des pains de poudre en sa possession, qui explose violemment au moment o\u00f9 il entre en contact avec les flammes. Mais une fois encore, la 'Goule', \u00e0 pr\u00e9sent\u00a0rendue fr\u00e9n\u00e9tique\u00a0par la douleur, se jette sur Jan ; ne sachant trop que faire, Irena se saisit de la pelle emmen\u00e9e dans le cadre de leur exp\u00e9dition\u00a0et\u00a0tente de\u00a0la faire tr\u00e9bucher. La cr\u00e9ature chute lourdement aux pieds de Jan, qui, tirant son pistolet, n'a d'autre choix que de lui loger deux balles dans le dos... ce qui h\u00e9las ne l'arr\u00eate toujours pas : d'un revers de sa large main, la monstruosit\u00e9 \u00e9cailleuse\u00a0le frappe \u00e0 son tour, l'envoyant s'\u00e9craser contre le mur le plus proche.\r\n\r\nCette sc\u00e8ne de cauchemar, qui semble ne pas avoir de fin, laisse nos trois amis fort marris, et cela d'autant plus qu'en d\u00e9pit des dommages inflig\u00e9s par le mercenaire, cette chose qui ne peut plus \u00eatre d\u00e9cemment d\u00e9crite comme un \u00eatre humain, semble plus en proie \u00e0 la col\u00e8re que sous l'emprise de la douleur ;\u00a0elle se montre d'une r\u00e9sistance telle que la\u00a0propre pelle\u00a0d'Helga se brise en mille morceaux lorsque celle-ci\u00a0d\u00e9cide de la frapper au niveau des hanches. La Verbena recule alors pr\u00e9cipitemment, ses traits \u00e9tir\u00e9s dans une grimace d'appr\u00e9hension, car le monstre qu'elle vient juste d'attaquer se tourne lentement vers elle, comme surpris par son geste. Jan profite de cet instant d'inattention pour frapper sauvagement\u00a0son adversaire au niveau des\u00a0reins, d'un coup de pied souple et puissant, presque f\u00e9lin.\u00a0La\u00a0cr\u00e9ature s'effondre une seconde fois, mais continue n\u00e9anmoins de ramper vers\u00a0Helga avec une effrayante d\u00e9termination. Ce n'est qu'apr\u00e8s avoir re\u00e7u une balle dans la nuque, \u00e0 bout portant, que la\u00a0'Goule' s'immobilise enfin, dans un ultime r\u00e2le gargouillant...\r\n\r\n<strong>La prison<\/strong>\r\n\r\nLa cr\u00e9ature ne bougeant plus \u00e0 pr\u00e9sent, les trois Mages, toujours sur leurs gardes, s'emploient \u00e0 v\u00e9rifier ce qui se trouve dans la pi\u00e8ce qu'elle gardait. Sur la gauche, pr\u00e8s de l'entr\u00e9e,\u00a0est creus\u00e9 un puits profond, en face duquel se trouve une lourde porte de fer. Non loin de cette fosse est accroch\u00e9e la\u00a0cl\u00e9 de ce qui appara\u00eet \u00eatre la cellule de Francesca, qu'Helga s'empresse de saisir afin de d\u00e9verrouiller ladite porte. La vision qui l'accueille alors est des plus angoissante : sa gouvernante est allong\u00e9e sur une table\u00a0en m\u00e9tal, son corps d\u00e9nud\u00e9 et inconscient tout juste recouvert d'un drap jaun\u00e2tre et portant les traces de multiples morsures et lac\u00e9rations. R\u00e9veill\u00e9e en douceur par sa ma\u00eetresse, la\u00a0pauvre femme\u00a0fond aussit\u00f4t en larmes, et il n'est h\u00e9las pas difficile d'imaginer les multiples\u00a0s\u00e9vices qu'elle a d\u00fb subir dans cet endroit sordide.\r\n\r\nTandis que la Verbena r\u00e9conforte Francesca du mieux qu'elle le peut et s'emploie \u00e0 soigner ses blessures, Jan et Irena ach\u00e8vent d'examiner la pi\u00e8ce. Le puits est trop profond et\u00a0ses parois trop lisses\u00a0pour que le petit groupe puisse le consid\u00e9rer comme une issue digne de ce nom, et il va bien falloir se r\u00e9soudre \u00e0 s'\u00e9chapper autrement de cet endroit maudit. Alors qu'Irena s'appr\u00eate \u00e0 retourner dans la grande salle afin de s'assurer qu'aucun autre\u00a0garde ne puisse les surprendre, Jan l'arr\u00eate soudain d'un geste vif. Sur le sol, devant eux, le corps de la cr\u00e9ature\u00a0qu'ils viennent de tuer semble agit\u00e9 de l\u00e9gers soubressauts, et c'est\u00a0avec un sifflement\u00a0bruyant qu'elle revient peu \u00e0 peu \u00e0 elle, ses blessures commen\u00e7ant lentement \u00e0 se r\u00e9sorber. Voyant bien qu'il ne leur reste pas grand-chose d'autre \u00e0 faire, Jan se saisit d'une pelle et d\u00e9capite le monstre, ce qu'il r\u00e9ussit \u00e0 faire apr\u00e8s plusieurs tentatives assez... salissantes.\r\n\r\nSous l'action b\u00e9n\u00e9fique des soins que lui apporte sa ma\u00eetresse, Francesca regagne peu \u00e0 peu l'usage de ses sens\u00a0ainsi qu'un peu\u00a0de sa raison. Elle\u00a0r\u00e9v\u00e8le alors qu'elle n'\u00e9tait l\u00e0 que pour servir d'app\u00e2t : c'est bel et bien Helga que veulent ces monstres, et leurs visages \u00e0 peine illumin\u00e9s par la froide lueur des lanternes infernales plac\u00e9es tout autour d'eux, les trois Mages en viennent \u00e0 r\u00e9aliser que tout ceci ressemble fort \u00e0 un traquenard. Comprenant que l'escalier par lequel ils sont venus constitue d\u00e9sormais une voie sans issue, Jan et Irena se dirigent vers le bassin situ\u00e9 \u00e0 l'autre bout de la grande salle cath\u00e9drale, avec le mince espoir d'y trouver peut-\u00eatre quelque chose\u00a0qui leur permettrait de sortir sans encombres de ce pi\u00e8ge souterrain.\r\n\r\n<strong>Au coeur du temple...\r\n<\/strong>\r\n\r\nLes marches qui y m\u00e8nent sont \u00e9trangement grandes et espac\u00e9es. De plus, son architecture est d'inspiration plut\u00f4t classique, presque antique, contrastant quelque peu avec l'aspect lisse et presque neuf des colonnes. Ces derni\u00e8res touchent un gigantesque plafond vo\u00fbt\u00e9, et leur sommet semble former comme un immense vortex.\r\n\r\nLe bassin en lui-m\u00eame se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre assez large, d'environ quatre m\u00e8tres de diam\u00e8tre ; le l\u00e9ger clapotis agitant sa surface indique l'existence d'un courant presque imperceptible, un constat tout \u00e0 fait frappant \u00e9tant donn\u00e9 la position de la structure. L'atmosph\u00e8re qui baigne cet endroit est encore plus oppressante que dans la cellule,\u00a0et cela \u00e0 cause\u00a0des nombreuses lampes entourant cet inqui\u00e9tant sanctuaire. Elles semblent avoir \u00e9t\u00e9\u00a0plac\u00e9es d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment afin que le centre du bassin demeure occult\u00e9 en permanence, \u00e0 l'abri de leur lumi\u00e8re.\r\n\r\nCherchant de son c\u00f4t\u00e9 un hypoth\u00e9tique indice qui pourrait les mener vers une autre sortie, Irena finit par d\u00e9couvrir une grande et imposante statue \u00e0 demi-dissimul\u00e9e derri\u00e8re deux colonnes. Elle repr\u00e9sente une cr\u00e9ature humano\u00efde ressemblant partiellement \u00e0 la Goule que les Mages ont combattue peu de temps auparavant, svelte mais musculeuse, v\u00eatue d'une longue toge \u00e0 la romaine. Son regard est curieusement expressif, son expression pleine d'arrogance ; cette silhouette \u00e0 la peau constell\u00e9e de tr\u00e8s fines \u00e9cailles donne l'impression d'\u00eatre capable de s'animer d'une minute \u00e0 l'autre. Enfin sa t\u00eate elle-m\u00eame n'est pas vraiment humaine : totalement glabre, chauve et lisse,\u00a0d\u00e9pourvue d'oreilles, elle arbore des yeux serpentins aux pupilles fendues et sa bouche aux canines effil\u00e9es laisse entr'apercevoir une langue fourchue. La statue fait pour ainsi dire partie du mur lui-m\u00eame, solidement log\u00e9e dans une alc\u00f4ve \u00e9troite et peu profonde taill\u00e9e avec beaucoup de soin. S'agirait-il l\u00e0 de la repr\u00e9sentation\u00a0d'un chef spirituel ou d'un grand pr\u00eatre...? Le myst\u00e8re semble s'\u00e9paissir.\r\n\r\n<strong>Le bassin<\/strong>\r\n\r\nJan revient ensuite sur ses pas pour aller chercher une lampe, accompagn\u00e9 d'Irena qui garde un oeil attentif sur la trappe les ayant men\u00e9s jusque dans ce grand temple souterrain, tous deux \u00e0 l'aff\u00fbt d'un bruit qui indiquerait l'\u00e9ventuelle arriv\u00e9e de poursuivants. Aucun danger ne vient pour le moment troubler la sombre qui\u00e9tude du temple souterrain ; n\u00e9anmoins l'Herm\u00e9tiste a parfois l'impression d'entendre \u00e0 nouveau ce tr\u00e8s l\u00e9ger sifflement, presque une\u00a0psalmodie \u00e0 pr\u00e9sent. Pendant ce temps, Helga n'est pas en reste, et s'emploie \u00e0 l'ex\u00e9cution d'un rituel qui lui permettrait de transf\u00e9rer une partie de son \u00e9nergie vitale \u00e0 Francesca. Apr\u00e8s tout, sans cela, la gouvernante n'aurait plus assez de forces pour les accompagner dans leur fuite. Une fois la malheureuse habill\u00e9e tant bien que mal avec les restes de l'unique couverture l'ayant couverte jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent, les deux femmes rejoignent alors leurs compagnons, \u00e0 la suite de Jan qui a accroch\u00e9 une lampe au manche de sa pelle afin de pouvoir examiner plus attentivement le contenu du bassin.\r\n\r\nLes trois Mages remarquent alors deux choses. En-dessous de la surface de l'eau \u2014\u00a0qui ne doit pas faire plus de deux m\u00e8tres de profondeur \u2014 apparaissent une vingtaine de formes allong\u00e9es, \u00e0 l'apparence ind\u00e9finissables. Des objets ou des offrandes, peut-\u00eatre...? De plus, tout autour du bassin sont grav\u00e9es de fines lettres, jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent occult\u00e9es par la p\u00e9nombre et par le l\u00e9ger mouvement du courant. Il s'agit d'un message r\u00e9dig\u00e9 en ancien fran\u00e7ais, une langue dont la pr\u00e9sence semble presque d\u00e9plac\u00e9e dans un tel endroit : <em>\"Je suis le d\u00e9but de l'\u00e9ternit\u00e9, la fin de l'espace, la naissance de chaque esp\u00e8ce, la mort de toute race\"<\/em>.\r\n\r\nIl devient rapidement ind\u00e9niable pour L'Akashite qu'une arriv\u00e9e d'eau donne sur ce bassin, mais il faudrait tout de m\u00eame descendre dans celui-ci afin de pouvoir s'en assurer...\r\n\r\n<strong>Pi\u00e9g\u00e9s ?<\/strong>\r\n\r\nQuelque peu ind\u00e9cis quant \u00e0 ce qu'ils devraient faire, les trois Mages d\u00e9cident d'examiner les\u00a0 possibilit\u00e9s qui s'offrent \u00e0 eux. Le fait qu'ils soient encore en vie, alors que l'alerte a depuis longtemps \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e, indique que quelqu'un d\u00e9sirait tr\u00e8s certainement qu'ils arrivent dans cette salle sans p\u00e9rir ; de plus, lorsqu'Irena v\u00e9rifie l'\u00e9tat de la trappe, celle-ci se r\u00e9v\u00e8le avoir \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9e depuis l'ext\u00e9rieur, leur coupant effectivement toute retraite. La prison de Francesca est devenue leur prison \u00e0 tous, peut-\u00eatre afin que les hommes de Fyodor puissent r\u00e9gler tranquillement les probl\u00e8mes caus\u00e9s \u00e0 la surface par l'explosion d'une partie du mur du parc et l'incendie qui s'en est suivi. Cet angoissant constat ne prend toute sa dimension qu'au moment o\u00f9 Jan, qui avait confectionn\u00e9 un grappin de fortune afin d'atteindre l'un des objets reposant dans le bassin, ram\u00e8ne du fond des eaux un os \u2014 celui d'un bras humain, arrach\u00e9 au niveau de l'\u00e9paule...\r\n\r\n<!--nextpage-->\r\n\r\n<strong>Ecrits &amp; \u00e9nigmes<\/strong>\r\n\r\nConscients de l'aspect d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 de leur situation, les quatre prisonniers poursuivent rapidement leurs recherches dans la grande salle afin de trouver une issue. Avec l'aide de Francesca et plusieurs feuilles de papier emprunt\u00e9 \u00e0 Irena, Helga d\u00e9cide de recopier les \u00e9tranges symboles grav\u00e9s sur les murs du temple, dans l'espoir qu'ils pourront leur \u00eatre utiles plus tard. N\u00e9anmoins, il s'agit l\u00e0 d'une langue que l'Herm\u00e9tiste n'a jamais \u00e9tudi\u00e9e, et sur le moment, elle n'est pas m\u00eame certaine de pouvoir en d\u00e9chiffrer ne serait-ce qu'une infime partie. Pendant ce temps, Jan prend finalement son courage \u00e0 deux mains et saute dans le bassin, presque certain qu'il va \u00eatre happ\u00e9 par ses eaux saum\u00e2tres comme par un monstre vorace. Rien de tel n'arrive, bien entendu ; mais le son des os\u00a0 \u00e0 demi-pourris craquant brusquement sous son pied n'est pas pour rassurer qui que ce soit autour de lui. T\u00e2tant le fond du bassin avec prudence, le mercenaire finit par d\u00e9couvrir sans trop de surprises que le fond de celui-ci est fait de m\u00e9tal. Irena quant \u00e0 elle se penche litt\u00e9ralement sur la phrase myst\u00e9rieuse grav\u00e9e sur le pourtour du bassin \u2014 pourquoi avoir choisi du fran\u00e7ais, puisque ce temple se trouve \u00e0 Vienne?\r\n\r\nAu bout de quelques minutes, Jan et Irena finissent par revenir vers la statue, dont le style de sculpture n'est pas sans rappeler celui d'un certain Georg Stanis. Apr\u00e8s un examen minutieux, l'alc\u00f4ve s'av\u00e8re \u00eatre plus profonde que ce que tous deux pensaient au d\u00e9part, et habilement dissimul\u00e9e derri\u00e8re l'homme-serpent les deux explorateurs d\u00e9couvrent un \u00e9troit passage, \u00e0 peine accessible, ainsi qu'un interstice, peut-\u00eatre taill\u00e9e par la main de l'homme. Irena, pourtant la plus mince du groupe, ne parvient \u00e0 se faufiler qu'avec difficult\u00e9 derri\u00e8re la statue, remarquant par l\u00e0 m\u00eame que cette derni\u00e8re poss\u00e8de aussi une paire d'ailes repli\u00e9es dans son dos, ainsi que l'\u00e9bauche d'une queue reptilienne. L'impression de malaise qu'elle avait ressentie pr\u00e8s de l'\u00e9chelle revient alors la hanter, et la jeune femme ne tarde pas \u00e0 avoir la certitude qu'ils ont devant eux un autre noeud entropique. Examinant la fente, Irena y discerne une s\u00e9rie de lettres, grav\u00e9es de haut en bas, et formant un nom qu'elle a elle-m\u00eame entendu il n'y a pas si longtemps: \"<strong>Ennea Kephalos<\/strong>\". Entre chaque lettre, un tr\u00e8s l\u00e9ger espace de s\u00e9paration : celles-ci, plac\u00e9es sur de petites plaques de pierre, semblent correspondre en fait \u00e0 des boutons. La r\u00e9alisation soudaine s'impose alors aux Mages : le message pr\u00e9sent le long du bassin est probablement \u00e0 prendre au pied de la lettre, et \u00e0 pr\u00e9sent qu'elle se doute de ce qu'elle doit chercher, Irena ne tarde pas \u00e0 constater que tous les \"E\" de ce nom grec portent une minuscule encoche verticale, aussi fine qu'un cheveu. Retenant sa respiration, l'Herm\u00e9tiste presse alors les trois boutons, esp\u00e9rant qu'elle n'a pas commis l\u00e0 une erreur fatale.\r\n\r\n<strong>Passage secret<\/strong>\r\n\r\nTrois cliquetis successifs finissent par retentir dans le silence pesant de la grande salle. La statue s'\u00e9branle quelque peu ; sa bouche s'ouvre dans un crissement sonore, et un lourd anneau appara\u00eet \u00e0 la vue d'Helga et de Jan. Le dispositif reste en place m\u00eame apr\u00e8s qu'Irena ait rel\u00e2ch\u00e9 les trois boutons et soit revenue vers ses amis, ce qui semble encourageant. Helga tend alors la main afin de saisir l'anneau et de le tirer ; il se d\u00e9tache lentement de la statue, suivi par une pesante cha\u00eene de fer piquet\u00e9e de rouille. Jan d\u00e9cide de pr\u00eater secours \u00e0 la Verbena, car tirer sur cette derni\u00e8re se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre de plus en plus difficile. Apr\u00e8s un court instant de flottement, un nouveau cliquetis, bien plus bruyant, se fait entendre. Des remous agitent l'eau du bassin, puis le sol se met \u00e0 trembler l\u00e9g\u00e8rement. Et une fois encore, l'\u00e9trange et inqui\u00e9tant murmure, \"<strong>Ennea Kephalos<\/strong>\", se fait entendre dans l'esprit d'Irena. Le contenu du bassin dispara\u00eet, aspir\u00e9 vers le fond de celui-ci, la trappe dissimul\u00e9e en son sein commen\u00e7ant petit \u00e0 petit \u00e0 s'ouvrir. Peu \u00e0 peu, toutes les lanternes du sanctuaire s'\u00e9teignent, tandis qu'une lourde puanteur envahit la pi\u00e8ce. Helga rel\u00e2che l'anneau au bout de quelques secondes, et l\u00e0 encore, le dispositif demeure en place.\r\n\r\nCraignant d'avoir d\u00e9couvert l\u00e0 une fosse \u00e0 sacrifices plut\u00f4t qu'un \u00e9chappatoire, les trois Mages ont recours \u00e0 leur propre lanterne afin d'examiner le puits ainsi ouvert. Ils y distinguent finalement les barreaux d'une \u00e9chelle, solidement fix\u00e9s \u00e0 la paroi du puits, et qui leur permettraient de descendre sans trop de difficult\u00e9s ; n\u00e9anmoins, l'odeur f\u00e9tide qui se d\u00e9gage dudit passage n'augure rien de bon. Sachant n\u00e9anmoins qu'ils n'ont pas d'autre choix \u00e0 leur disposition, Irena demande \u00e0 ce qu'on allume leur deuxi\u00e8me lanterne, et tous les quatre \u2014 Jan le premier, Francesca en dernier \u2014 contournent comme \u00e0 regret ce qui reste du bassin pour finalement s'enfoncer dans ses profondeurs m\u00e9phitiques. Une fois le fond du puits atteint, les pieds de Jan ne tardent pas \u00e0 rencontrer un ruisseau dont le courant glac\u00e9 le fait frissonner de d\u00e9go\u00fbt, et c'est avec de l'eau jusqu'aux mollets que le petit groupe s'emploie \u00e0 explorer cet endroit, avec la pesante impression qu'ils n'ont fait que tomber de Charybde en Scylla.\r\n\r\n<strong>La fosse aux sacrifices<\/strong>\r\n\r\nLe long des murs de la large fosse sont visibles de luisantes plaques de lichen noirs. Au centre de celle-ci se dresse une grande vasque d'environ deux m\u00e8tres de diam\u00e8tre, taill\u00e9e dans de la pierre sombre, et de laquelle partent deux rigoles \u2014 un autel, peut-\u00eatre...? Derri\u00e8re cette m\u00eame vasque, les fuyards parviennent \u00e0 distinguer une \u00e9tendue d'eau assez cons\u00e9quente, mais qui ne doit certainement pas \u00eatre potable ; apparemment, ce curieux lac souterrain viendrait r\u00e9guli\u00e8rement, et pour une raison qui leur \u00e9chappe, d\u00e9poser son contenu verd\u00e2tre l\u00e0 o\u00f9 ils se trouvent \u00e0 pr\u00e9sent. Non loin de l\u00e0, derri\u00e8re eux, on peut vaguement distinguer un tunnel qui ressemble fort \u00e0 un canal d'\u00e9coulement. L'architecture de la salle semble ancien, voire m\u00eame antique ; plus surprenant encore, on ne trouve aux alentours nulle trace des cadavres dont on aurait pu soup\u00e7onner la pr\u00e9sence au vu de ce que contenait le bassin. Une nouvelle certitude s'impose rapidement aux Mages : il s'agit l\u00e0 d'un Node, mais d'un Node corrompu, dont la Quintessence ne doit surtout pas \u00eatre utilis\u00e9e. Peu d\u00e9sireux\u00a0 d'en d\u00e9couvrir vraiment plus sur le lac souterrain et son contenu, le petit groupe se tourne alors en direction de ce qui semble \u00eatre un canal d'\u00e9coulement \u00e0 l'aspect passablement d\u00e9cr\u00e9pit ; tout ceci laisse \u00e0 penser qu'ils se trouvent non loin des \u00e9go\u00fbts de Vienne, et qu'il existe une possibilit\u00e9 pour que ce tunnel puisse les ramener en ville.\r\n\r\nAu bout de quelques secondes cependant, Helga remarque avec horreur que Francesca ne les a pas suivis. Se retournant, les Mages d\u00e9couvrent la gouvernante debout \u00e0 proximit\u00e9 de la vasque, fixant son contenu d'un air terroris\u00e9, un hurlement muet d\u00e9formant son visage devenu maintenant livide. Lorsqu'ils la rejoignent, la raison de son d\u00e9go\u00fbt devient rapidement \u00e9vidente : dans l'eau croupie remplissant la vasque baignent les restes luisant d'organes humains, parmi lesquels on peut reconna\u00eetre un coeur et un poumon. D\u00e9tournant les yeux, ils tirent Francesca de sa contemplation malsaine, juste au moment o\u00f9 un \u00e9trange grondement commence \u00e0 s'\u00e9lever du lac souterrain. Irena sent alors une terrible pr\u00e9monition l'envahir : une onde de pure malfaisance se dirige droit sur eux, mue par une rage et une sauvagerie proprement terrifiante.\u00a0 Ob\u00e9issant \u00e0 un r\u00e9flexe purement instinctif, elle saisit Francesca par le poignet et, sans plus attendre, se met \u00e0 courir en direction du tunnel.\r\n\r\n<strong>Ennea Kephalos!<\/strong>\r\n\r\nUn nouveau grondement rompt le silence, et dans la p\u00e9nombre derri\u00e8re eux s'\u00e9l\u00e8ve depuis les eaux du lac une forme gigantesque, sinueuse, aussi massive que le tronc d'un arbre plusieurs fois centenaire. Le sifflement rageur, assourdissant d'un serpent g\u00e9ant r\u00e9sonne sous la vo\u00fbte de pierre, et dans un craquement macabre, le muret isolant le lac se brise, d\u00e9versant son contenu dans toute la salle. Comprenant qu'il va leur falloir courir tr\u00e8s vite, Irena et Francesca sautent sur le \"trottoir\" du tunnel plut\u00f4t que de se laisser happer par les eaux qui menacent de les emporter. Jan et Helga mettent un peu plus de temps \u00e0 r\u00e9agir, mais se lancent eux aussi en direction de ce qui est de toute \u00e9vidence leur unique espoir de sortie, et par l\u00e0 m\u00eame de survie.\r\n\r\nHerm\u00e9tiste et gouvernante parviennent les premi\u00e8res en bas de la pente ; \u00e0 une trentaine de m\u00e8tres en contrebas se trouve un carrefour, \u00e0 peine visible. Juste au-dessus d'eux elle peuvent distinguer une large arche de pierre polie. Irena remarque alors sur sa droite la pr\u00e9sence d'une manivelle, et faisant soudain le rapprochement, s'emploie \u00e0 la tourner aussi vite qu'elle le peut. Son intuition \u00e9tait belle et bien fond\u00e9e : de la vo\u00fbte commence \u00e0 descendre lentement une lourde grille de m\u00e9tal aux \u00e9pais barreaux. Cependant celle-ci se bloque brutalement au bout de quelques secondes ; fort heureusement, Jan, qui vient de comprendre ce qui est en train de se passer, se pr\u00e9cipite vers le second trottoir afin de saisir une autre manivelle qui vient d'appara\u00eetre dans un crissement sonore. Bien lui en prend, car un peu plus haut dans le tunnel, cherchant \u00e0 se saisir d'une Helga qui vient de tr\u00e9bucher et de s'affaler en plein milieu du canal, se dresse \u00e0 pr\u00e9sent l'immense 'Ennea Kephalos'. La Verbena parvient \u00e0 se relever juste \u00e0 temps, mais \u00e0 pr\u00e9sent les crocs luisants du monstre ne sont plus qu'\u00e0 quelques centim\u00e8tres d'elle.\r\n\r\nAvec l'aide de Francesca, et tout en\u00a0hurlant \u00a0\u00e0 Helga de se h\u00e2ter, Jan et Irena ach\u00e8vent d'enclencher le m\u00e9canisme de la herse, qui commence \u00e0 descendre de plus en plus rapidement. Dans une tentative d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de repousser la cr\u00e9ature, Helga d\u00e9cide de lui lancer sa lanterne afin de le blesser, tout en suppliant un Esprit du Feu de venir \u00e0 son aide. Alors que la lampe fend l'air, son contenu s'embrase dans une explosion aveuglante, et une v\u00e9ritable langue de flammes vient se r\u00e9pandre sur l'horrible t\u00eate reptilienne. La cr\u00e9ature se met \u00e0 frapper violemment les murs afin d'\u00e9teindre le feu qui lui d\u00e9vore les \u00e9cailles, faisant le tunnel tout entier. N\u00e9anmoins cela donne \u00e0 Helga le temps qui lui manquait pour se pr\u00e9cipiter vers la herse, maintenant descendue aux trois-quarts.\r\n\r\nMais \u00e0 peine la Verbena est-elle arriv\u00e9e \u00e0 la hauteur de ses compagnons que celle-ci se bloque \u00e0 nouveau, laissant tout juste assez de place au serpent pour s'y frayer un chemin de force... Helga pr\u00eate alors main-forte \u00e0 Jan afin de d\u00e9bloquer sa manivelle, et dans un craquement sinistre, le m\u00e9canisme se brise, laissant les cha\u00eenes qui retenaient la herse de d\u00e9rouler d'un seul coup. Les pointes terminant les lourds barreaux de m\u00e9tal s'enfoncent violemment dans le sol, mais cela ne semble pas arr\u00eater Ennea Kephalos le moins du monde. Les trois Mages et la gouvernante restent p\u00e9trifi\u00e9s durant quelques instants tandis que monstre gigantesque charge rageusement cette barri\u00e8re de m\u00e9tal, la force du choc faisant voler plusieurs de ses \u00e9cailles ensanglant\u00e9es. Pendant quelques instants, un doute atroce saisit les fuyards... Va-t-elle tenir...?\r\n\r\nPuis, se lib\u00e9rant de leur stupeur horrifi\u00e9e, et tandis qu'Ennea Kephalos vient s'\u00e9craser encore et encore contre la herse, cherchant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 la briser, tous les quatre se pr\u00e9cipitent dans un couloir situ\u00e9 sur leur droite. Ils n'ont aucune id\u00e9e de l'endroit o\u00f9 celui-ci pourrait les mener, mais cela leur importe peu : leur seule pr\u00e9occupation est pour le moment de s'\u00e9loigner de cette cr\u00e9ature de cauchemar,\u00a0 de la perdre dans ces passages trop \u00e9troits pour qu'elle puisse les suivre. Ce n'est que lorsqu'ils sont certains de ne plus entendre leur poursuivant que les Mages prennent enfin le temps de faire une courte pause \u00e0 une seconde intersection, se demandant o\u00f9 ils ont bien pu tomber.\r\n\r\n<!--nextpage-->\r\n\r\n<strong>Errance<\/strong>\r\n\r\nD\u00e9sormais perdus dans les obscurs souterrains s'\u00e9tendant sous la ville de Vienne, le petit groupe se rassemble autour de l'unique lanterne qu'ils poss\u00e8dent encore, cherchant \u00e0 savoir exactement o\u00f9 ils se trouvent. Eux qui pensaient tout d'abord arpenter les \u00e9go\u00fbts se rendent rapidement compte qu'ils sont plut\u00f4t dans des catacombes : autour d'eux l'on peut des reliquaires plac\u00e9s le long des murs, des bras priv\u00e9s de corps tenant encore des lambeaux de bourses \u00e0 demi-pourris, un cr\u00e2ne grima\u00e7ant auquel deux clochettes de cuivre sont rest\u00e9es accroch\u00e9es... D'un autre c\u00f4t\u00e9, le parc du Prater est loin derri\u00e8re eux maintenant, et l'eau dans laquelle ils pataugent, bien que sale, n'empeste plus l'Entropie comme dans le sanctuaire maudit d'Ennea Kephalos.\r\n\r\nVoyant que leur lanterne commence \u00e0 crachoter dangereusement, Jan et Irena improvisent deux torches avec le manche de la pelle et quelques haillons pris sur les ossements. Le petit groupe commence alors \u00e0 marcher vers ce qu'ils pensent \u00eatre la direction de Vienne. Toutefois, apr\u00e8s une centaine de m\u00e8tres \u00e0 peine, ils se heurtent \u00e0 un mur de lourdes briques bloquant enti\u00e8rement le passage. Jan l'inspecte rapidement : sa structure est radicalement diff\u00e9rente de celle des murs qui les entourent, et semble beaucoup plus r\u00e9cente. Cela laisserait \u00e0 penser que quelqu'un a peut-\u00eatre voulu sceller un passage existant. Irena marque le mur d'une croix afin de savoir que ce chemin-l\u00e0 est condamn\u00e9, si d'aventure les quatre compagnons venaient \u00e0 revenir sur leurs pas sans s'en rendre compte. Puis ils reprennent leur route parmi ces canaux \u00e9troits et obscurs, dont les parois sont frapp\u00e9es \u00e7\u00e0 et l\u00e0 d'un chrisme \u00e0 demi-effac\u00e9. Aux cous ou aux poignets de certains des corps sont accroch\u00e9s de petits crucifix faits m\u00e9tal ou de bois, des reliques rudimentaires, souvenirs macabres d'une \u00e9poque r\u00e9volue. Helga en prend un au passage, son visage presque songeur. L'air est lourd de la puanteur douce\u00e2tre de cadavres partiellement momifi\u00e9s, et fort \u00e9trangement, l'endroit semble avoir \u00e9t\u00e9 fr\u00e9quent\u00e9 il n'y a pas si longtemps de cela.\r\n\r\n<strong>Voies sans issue<\/strong>\r\n\r\nA trois reprises, les Mages se retrouvent face \u00e0 l'un de ces passages r\u00e9cemment mur\u00e9s ; il ne fait plus aucun doute \u00e0 pr\u00e9sent que quelqu'un a cherch\u00e9 l\u00e0 \u00e0 interdire tout acc\u00e8s \u00e0 la ville. Jan tente de percevoir mystiquement l'espace qui s'\u00e9tend derri\u00e8re ces murs, tandis qu'Irena se concentre sur les flux d'Entropie ambiants afin de s'assurer qu'aucune menace imminente ne p\u00e8se sur eux. La Fortunus pense alors distinguer \u00e0 l'int\u00e9rieur de son cercle focal, trac\u00e9 h\u00e2tivement \u00e0 la craie, une marque indiquant une poche d'instabilit\u00e9 situ\u00e9e non loin d'eux, peut-\u00eatre une issue.\r\n\r\nCette fois, c'est un demi-kilom\u00e8tre qu'ils parcourent avant de se heurter de nouveau \u00e0 un mur. Jan sugg\u00e8re de faire demi-tour, mais alors qu'elle tend la main pour toucher les briques, Irena r\u00e9alise que c'est bien ici que se trouve l'instabiliti\u00e9 qu'elle avait per\u00e7ue un peu plus t\u00f4t : sur le c\u00f4t\u00e9 droit du mur passe un peu d'air, une tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8re brise qui fait danser la flamme de leurs torches. Plusieurs de ces briques ne sont en fait pas ciment\u00e9es, et Jan parvient assez facilement \u00e0 les desceller de quelques coups secs. De l'autre c\u00f4t\u00e9, les trois Mages et Francesca ne tardent pas \u00e0 apercevoir un corridor identique \u00e0 celui qu'ils viennent de parcourir, \u00e0 peine illumin\u00e9e par une \u00e9trange lueur bleu\u00e2tre \u2014 celle d'une autre torche, peut-\u00eatre. Ils passent alors par cette ouverture improvis\u00e9e, prenant soin de replacer derri\u00e8re eux les briques afin de donner l'illusion que l'entr\u00e9e est rest\u00e9e intacte. Mais au moment o\u00f9 Jan place la derni\u00e8re pierre, il heurte un cr\u00e2ne du coude, l'envoyant se briser sur le sol avec un craquement sinistre. Bient\u00f4t d'autres sons tout aussi inqui\u00e9tants r\u00e9sonnent dans les t\u00e9n\u00e8bres autour d'eux, un doux cliquetis d'innombrables os s'entrechoquant... Tous se rapprochent instinctivement les uns des autres, craignant d'avoir attir\u00e9 l'attention d'esprits vengeurs. Irena est petit \u00e0 petit saisie par l'impression d'\u00eatre entr\u00e9e dans un univers froid et inhumain, mais n\u00e9anmoins anim\u00e9 d'une vie propre, comme si les tunnels autour d'eux n'\u00e9taient en fait que le r\u00e9seau sanguin de quelque g\u00e9ant endormi ; c'est bien la premi\u00e8re fois qu'elle ressent une telle chose.\r\n\r\n<strong>Corridor<\/strong>\r\n\r\nCe nouveau bruit semble rester fort lointain, et ne pas se rapprocher. Scrutant les t\u00e9n\u00e8bres, mais ne distinguant rien de particulier, le petit groupe prend finalement le risque d'avancer. Une bonne centaine de m\u00e8tres plus loin, ils se retrouvent face \u00e0 un embranchement; c'est une fois engag\u00e9s dans le tunnel de gauche qu'ils entendent \u00e0 nouveau cet \u00e9trange bruit d'os cliquetants, bruit qui semble maintenant plus proche. Ne sachant toutefois trop o\u00f9 aller, ils continuent sur leur voie, et le boyau se change peu \u00e0 peu en voie descendante, faite de marches \u00e0 demi \u00e9rod\u00e9es. Jan est certain que cette direction est la bonne, et qu'ils arriveront immanquablement \u00e0 Vienne, m\u00eame des dizaines de m\u00e8tres sous la surface. Toutefois, l'Akashite s'arr\u00eate bient\u00f4t: il vient de percevoir un nouveau son, \u00e0 une cinquantaine de m\u00e8tres de l\u00e0, en provenance d'un nouveau carrefour, et enjoint ses deux compagnes \u00e0 la prudence.\r\n\r\nAu moment o\u00f9 ils parviennent \u00e0 ce croisement, les mages aper\u00e7oivent quelque chose arriver du boyau leur faisant face, progressant \u00e0 un rythme lent et mesur\u00e9. Devant eux danse une lueur bleue, froide, et ils se rendent compte qu'il s'agit de celle d'une lanterne aux vitres teint\u00e9es suspendue \u00e0 la proue d'un fr\u00eale esquif, croisement entre une barge et une gondole, qui semble comme environn\u00e9 d'ombres mouvantes. Debout \u00e0 l'avant se tient une silhouette partiellement vo\u00fbt\u00e9e, encapuchonn\u00e9e, v\u00eatue d'une robe de bure souill\u00e9e d'une sorte de mousse verd\u00e2tre. Ses mains sont longues, osseuses, blanches et parchemin\u00e9es. Entre ses doigts, elle tient une perche lui servant de toute \u00e9vidence \u00e0 manoeuvrer sa barque, et ses dents qui s'entrechoquent r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9v\u00e8lent que c'\u00e9tait cette cr\u00e9ature qui produisait l'\u00e9trange son entendu \u00e0 plusieurs reprises dans les tunnels. Et lorsque l'embarcation se dirige sans h\u00e9siter vers le petit groupe, Irena ne peut s'emp\u00eacher de frissonner, car les ondes fugaces mais nocives d'Entropie qui se d\u00e9gagent de cet \u00eatre lui sont presque tangibles.<strong><\/strong>\r\n\r\n<strong>Schnatter<\/strong>\r\n\r\nLa barque s'arr\u00eate face au groupe. La cr\u00e9ature pose sa rame, puis croise les mains, observant en silence durant quelques instants. Puis elle tend un index griffu, qu'elle pointe sur Helga, avant de prononcer distinctement son nom... La Verbena lui demande le sien en retour; levant sa main gauche de fa\u00e7on h\u00e9sitante, il finit par murmurer qu'il s'appelle <em>Schnatter<\/em> \u2014 un nom fort curieux pour un \u00eatre qui ne l'est pas moins. A sa demande, Helga lui dit \u00e9galement qui sont ses deux compagnons, et c'est alors que Schnatter se met \u00e0 ricaner: \"Perdus? Helga cherche Vienne?\", et qu'il offre de rem\u00e9dier \u00e0 ce probl\u00e8me... en \u00e9change d'un paiement.\r\n\r\nHelga propose de lui offrir de l'argent, mais il rel\u00e8ve brusquement la t\u00eate, r\u00e9v\u00e9lant la peau rugueuse et blanch\u00e2tre de son visage, et ses yeux jaunes, rageurs, d\u00e9fiants. D'un geste vif, il tent \u00e0 nouveau le bras vers elle, et alors qu'elle se tient fi\u00e8re et droite devant lui, sans broncher, vient l\u00e9g\u00e8rement griffer son sein gauche: \"Payer, ou... perdus.\" Les mages comprennent bien vite: s'il s'agit l\u00e0 d'un vampire, comme on pourrait le soup\u00e7onner d'apr\u00e8s ce qu'en avait dit Hector quelques temps plus t\u00f4t, le paiement en question doit de toute \u00e9vidence se faire en sang, et peu lui importe que ce sang vienne d'\u00eatres qui ne sont pas exactement des humains comme les autres. N'ayant pas le loisir de tergiverser ou de se fier \u00e0 un autre choix, tous trois finissent par accepter le march\u00e9, n\u00e9gociant toutefois de pouvoir se partager aussi le paiement de la part de la pauvre Francesca, d\u00e9j\u00e0 trop faible pour perdre encore plus de sang. De la besace sur son \u00e9paule, Schnatter tire alors une fiole d'alchimiste, cercl\u00e9e d'un fin maillage m\u00e9tallique, et c'est dans un silence de plomb que Jan, Helga et Irena s'entaillent chacun l\u00e9g\u00e8rement le poignet afin de verser leur sang dans le r\u00e9cipient. Schnatter tente tout de m\u00eame d'exiger une autre fiole; Helga parvient \u00e0 le convaincre qu'il l'aura, mais seulement lorsqu'ils les aura men\u00e9s \u00e0 bon port, \u00e0 la sortie des \u00e9gouts.\r\n\r\n<strong>Echappatoire<\/strong>\r\n\r\nLa transaction achev\u00e9e, les mages et une Francesca si effray\u00e9e qu'elle ne r\u00e9agit m\u00eame plus montent \u00e0 bord de l'\u00e9troit esquif, peu rassur\u00e9s. Schnatter reprend sa fiole, se saisit \u00e0 nouveau de sa rame, et d'un coup sec propulse l'embarcation sur le canal clapotant. Le trajet se fait l\u00e0 encore dans le silence. Les compagnons d'infortune ont la sensation d'\u00e9voluer dans un monde nouveau, une dimension malfaisante, \u00e0 l'hostilit\u00e9 sourde. Ils devinent plus qu'ils ne voient la pr\u00e9sence d'autres cr\u00e9atures autour d'eux, sans doute des compagnons de Schnatter. Apr\u00e8s un certain temps, un murmure grandissant se fait entendre, et ils p\u00e9n\u00e8trent dans une gigantesque pi\u00e8ce circulaire, de la taille de la place du Stefansdom, orn\u00e9e de grandes vasques enflamm\u00e9es, et du plafond de laquelle tombe une chute d'eau. Apparemment, le vampire qui les m\u00e8ne respecte l\u00e0 sa parole, et les conduit bien droit sur Vienne.\r\n\r\nUn certain temps s'\u00e9coule encore avant qu'il n'arr\u00eate sa barque devant une ouverture artificielle pratiqu\u00e9e dans les \u00e9gouts, laissant entrevoir plus loin un tas de caisses empil\u00e9es. Les trois mages et Francesca descendent, pr\u00eats \u00e0 se plier une seconde fois au paiement n\u00e9cessaire, lorsque Schnatter aper\u00e7oit le crucifix au poignet de Helga, cette m\u00eame croix qu'elle avait ramass\u00e9e plus t\u00f4t lors de l'errance dans les boyaux obscurs. Soudain fascin\u00e9 par cet objet, il lui propose de le lui \u00e9changer contre le reste du prix de la travers\u00e9e, ce que la Verbena accepte, trop heureuse de ne pas avoir \u00e0 sacrifier plus de sang encore, avant de faire signe \u00e0 ses compagnons de vite s'\u00e9loigner avant qu'il ne change d'avis. En partant, sans se retourner, Schnatter lui murmure toutefois ces \u00e9tranges paroles: \"Au revoir, Sombre Reine. Soleil. Sombre Reine. Ne pas abandonner.\" Helga n'a pas l'occasion de lui demander comment il conna\u00eet ce \"titre\" qui est le sien, car rapidement, la barque dispara\u00eet dans les ombres d'un tunnel.\r\n\r\n<strong>Retour au monde des humains<\/strong>\r\n\r\nEncore quelque peu secou\u00e9s par leur aventure de la nuit, les quatre humains pr\u00eatent enfin attention \u00e0 l'endroit o\u00f9 ils se trouvent, et r\u00e9alisent qu'il s'agit l\u00e0 de la cave d'un restaurant, comme l'indiquent les\u00a0jambonneaux et autres saucissons pendus au plafond. Plus loin, une \u00e9chelle, que Jan gravit rapidement afin d'ouvrir la trappe. L'odeur l\u00e9g\u00e8re de bois chauff\u00e9 qui leur parvient alors aux narines ach\u00e8vent de les convaincre que le monde des humains est proche. Jan n'a pas le temps de distinguer plus qu'une table et des chaises: une paire de pieds vient emplir son champ de vision, la trappe lui est arrach\u00e9e des mains, et une lourde silhouette bedonnante, portant un tablier de cuir, se penche vers lui, demandant: \"Mais qu'est-ce que vous faites dans ma cuisine?\" Sans se d\u00e9monter, Jan lui r\u00e9pond calmement que lui aussi aimerait bien le savoir.\r\n\r\nLe cuisinier se montrant bien plus \u00e9tonn\u00e9 qu'hostile, Helga, Irena et Francesca finissent par suivre leur compagnon, et tous se retrouvent dans une cuisine de taille imposante, sous les regards surpris de deux commis. Leurs questions incessantes concernant le pourquoi de la pr\u00e9sence ici de quatre personnes crott\u00e9es en provenance de la cave sont vites interrompues par Helga, qui demande \u00e0 leur acheter quatre petits-d\u00e9jeuners copieux pour le double du prix, ce que le cuisinier s'empresse d'accepter.\r\n\r\nEt c'est donc ainsi, dans la cuisine du <em>Simmerholdt<\/em>, que s'ach\u00e8ve un p\u00e9riple qui ne fait n\u00e9anmoins qu'annoncer plus de tribulations encore...","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Nous retrouvons ici notre groupe de Mages apr\u00e8s leur rencontre explosive avec Lars. Tandis qu&#8217;Irena et Jan reprennent leurs esprits, Helga s&#8217;emploie \u00e0 soigner Hector Malleaux de son mieux,\u00a0et non\u00a0sans mal, car c&#8217;est avec de l&#8217;antimoine que le carreau d&#8217;arbal\u00e8te\u00a0a \u00e9t\u00e9\u00a0impr\u00e9gn\u00e9. 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