Le Mur du Silence
Voici le résumé, ainsi qu’un très court extrait, du Mur du Silence, premier volume prenant place dans le monde d’Eien.
Résumé:
Si Ren et Kittin avaient su qu’en travaillant sur le Projet Heimdall, ils auraient été la proie de leur propre gouvernement, peut-être n’auraient-ils pas accepté ce travail. Quoi qu’ils n’aient pas eu le choix. On n’a jamais le choix, lorsqu’on est sujet du puissant Empire de Varsa, qui domine ciel, terre et mer grâce à ses ornithoptères et la dévotion des Observateurs, la redoutable police d’Etat qui semble toujours être au courant de tout.
Ciel, terre et mer, mais pas le Mur du Silence, cette étrange barrière que nul n’a jamais vue, mais qui depuis des temps immémoriaux sépare le continent de Mornen du reste du monde.
Aux fond d’eux-mêmes, ils rêvaient de franchir enfin le Mur. Prendre la fuite leur en a donné bien malgré eux l’occasion. Le rêve, bien entendu, est bien différent de la réalité. De l’autre côté, des royaumes aux moeurs dépassées, une Eglise surpuissante imposant sa loi, un continent considéré comme une légende, et une caste d’hommes à part, capables d’employer la simple force de leur esprit pour réaliser d’inimaginables prouesses.
Survivre aux Yeux était une chose; survivre à ce nouvel environnement en est une autre.
Et peut-être bien que ce nouveau continent empli de mystères ne sera pas le refuge qu’il semblait être au départ…
Extrait:
Un pas en avant, un autre, vers les deux psychés en émoi ; l’intensité du flot s’accrut, lui arrachant un froncement de sourcils, et il releva ses barrières autant que faire se pouvait, ne se laissant qu’un fil ténu pour se guider. Bientôt, il lui sembla se tenir devant eux, sentant presque peser sur lui le poids de leurs regards aussi bien que de ceux du Gardien et du guérisseur. Un mot, un seul mot de sa part, et leur sort serait scellé. Même ici, loin des murs protecteurs de l’Ecole, loin de toute terre kazarine, la parole d’un Alanquin ferait force de loi parmi ses semblables, et si d’aventure il condamnait les deux étrangers en tant que démons, rien n’empêcherait plus alors Iswann de les exécuter sans autre forme de procès.
Que n’était-il encore un jeune novice, sans autre responsabilité que celle de respecter les voeux de silence et de chasteté ! Ce pouvoir-là, par moments, s’avérait des plus haïssables.
“Qu’est-ce que vous allez faire de nous?” s’enquit une voix qu’il reconnut pour être celle de Ren, plus faible que dans son souvenir ; si elle se voulait ferme, elle trahissait néanmoins la terreur la plus absolue.
Un autre Alanquin aurait châtié le jeune homme pour une telle insolence, pour avoir pris la parole avant lui ; Kheril, lui, se souvint que leurs coutumes étaient différentes, et se contenta de s’accroupir en face de lui sans même relever l’insulte.

